Football Sam et Nenad vont se livrer un match dans le match pour le titre... de meilleur buteur

BRUXELLES Anderlecht-Standard, c'est aussi la rencontre Jestrovic-Bangoura. Dans ce match-là, personne ne lutte pour la... deuxième place. Seul le titre -celui de meilleur buteur- les intéresse, et le maillot doré qui l'accompagne. Quoique...

Nenad Jestrovic: «Moi, je ne voulais pas le porter ce mail- lot. Mais j'ai été obligé par le club. Si tous les joueurs le font, pourquoi pas moi. Mais ça met une pression en plus...»

Sambegou Bangoura: «On n'a pas le choix, c'est une décision de la fédération belge. Je ne vois pas pourquoi... Que tu le portes ou pas, cela ne change rien. Peut-être ça met une pression parce que cela te différencie des autres joueurs.»

Il y a aussi une différence... entre les classements: certains attribuent un but de plus à Jestrovic.

S. B.: «Je n'ai pas vu tous les matches. Peu importe s'il a un but de plus ou même s'il termine meilleur buteur du championnat. Pour moi comme pour lui je suppose, le plus important, c'est le club, le classement. Mais je n'ai pas vu les images de ce but. Lui, il le sait: s'il dit qu'il faut lui attribuer ce but...»

N. J.: «C'est lors de notre premier match à domicile, contre Saint-Trond. Moi je marque, un défenseur tacle et rentre avec la balle.»

S. B.: «Ça, normalement, c'est lui qui a marqué. S'il shoo- te, que le défenseur essaie de sortir le ballon mais qu'il n'y arrive pas, il faut attribuer le but à Jestrovic.»

N. J.: «C'est ce que j'ai dit: il faut me donner ce but.»

S.B.: «Comme sur le but que j'ai marqué contre Westerlo: certains disent que c'est moi, d'autres disent que non. Je sais que je la touche, donc je ne me pose pas la question. Mais j'admets que c'est important de marquer pour un attaquant...»

N. J.: «Il faut voir le règlement à la Fédération. En France, c'est plus clair: dès qu'un autre joueur touche la balle, il donne toujours but contre son camp. Ici, on l'attribue une fois à celui qui shoo- te, une fois à celui qui dévie... Ce n'est pas correct.»

Qui est votre plus grand rival au classement final?

N. J.: «Moi je pense que c'est Sam et Lange. Ils jouent au Standard et à Bruges, deux bonnes équipes qui se créent beaucoup d'occasions. Un des deux va finir à la première place.»

S. B.: « Jestro, tu y penses plus que moi. Ce n'est pas ton premier objectif mais quand mê- me, c'est important. Moi, je ne me dis pas qu'il faut absolument que je marque. Je ne demande pas à tirer les penalties...»

N. J.: «Ce n'est pas pour les buts, c'est parce que je sais bien tirer les penalties» (rires)...

S. B.: «C'est vrai qu'il tire bien les penalties. Et il est souvent dans le rectangle, il les provoque. Cela va se jouer entre lui et Lange. Mais il y en a d'autres qui peuvent encore revenir. Moi, je ne tire jamais les penalties. Je vais apprendre à tirer comme lui (rires). Je l'ai déjà vu à la télé. Il tire souvent du côté gauche du gardien (Jestrovic acqui- esce). Une seule fois, il a tiré en plein milieu, contre Lokeren.»

N. J.: «Oui, c'est parce que Milo me connaît bien. Mais tu sais, si un attaquant dit qu'il ne veut pas terminer meilleur buteur, je crois qu'il ment. Tu comprends. Mais je ne suis pas obsédé. J'aime bien marquer, c'est clair. Mais je sais aussi donner une passe.»

L'année prochaine, il y aura une motivation supplémentaire, avec un prix à la clé, qu'il faudra reverser à une oeuvre caritative.

N. J.: «Je ne sais pas si je jouerai encore en Belgique la saison prochaine (rires)... Mais c'est bien. Moi, je pense que je donnerais cet argent aux orphelins.»

S. B.: «C'est pareil pour moi. Je trouve que c'est une bonne idée d'aider ceux qui en ont besoin. Et surtout les enfants malades, ceux qui ont des problèmes graves, etc. Comme quand on dédicace des maillots et qu'on les met en vente pour aider les gens. C'est important.»

© Les Sports 2005