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"Tout le monde dehors !" La Une du Corriere dello Sport mardi laisse peu de place au doute. Après la débâcle de l'Italie, qui n'ira pas au Mondial, le sélectionneur et la fédération sont les premiers visés, mais le renouvellement sera profond aussi chez les joueurs.

Des cadres à remplacer

Quand des joueurs du calibre de Gianluigi Buffon, Daniele De Rossi et Andrea Barzagli passent la main, l'idée de nouveau cycle est une évidence.

Ils étaient les trois derniers champions du monde 2006 à jouer encore au plus haut niveau et ils pèsent à eux trois près de 400 sélections.

Chiellini est un autre élément de très grande expérience (95 sélections) et il a pour l'instant réservé sa réponse quant à la poursuite de sa carrière internationale.

Avec lui, d'autres trentenaires comme Parolo, Montolivo, Candreva, Eder ou Bonucci pourraient eux aussi se poser la question de leur avenir sous le maillot azzuro. Certains d'entre eux poursuivront au moins jusqu'à l'Euro-2020, mais beaucoup savent déjà qu'ils ne verront plus de Coupe du Monde.

Si la succession de Buffon semble a priori assurée avec le très jeune et très talentueux Donnarumma (18 ans), la situation est bien moins claire dans le champ.

Des joueurs qui doivent s'imposer

La responsabilité du naufrage face à la Suède incombe en grande partie au sélectionneur Gian Piero Ventura mais ses joueurs ne l'ont pas toujours beaucoup aidé.

Ces éliminatoires ont ainsi été un long calvaire pour Marco Verratti, qui à sa collection de matches moyens en a ajouté un cauchemardesque début septembre face à l'Espagne (défaite 3-0).

A 25 ans et avec près de 40 matches de Ligue des Champions avec le Paris SG, l'ancien joueur de Pescara devrait pourtant être depuis longtemps le leader technique de sa sélection.

Il en est loin et un nouveau carton jaune l'a privé du barrage retour à San Siro. Après avoir manqué l'Euro-2016 sur blessure, Verratti ne verra pas non plus le Mondial-2018. Mais le cycle qui s'ouvre doit être le sien.

En défense également, on peut s'étonner qu'aucune jeune pousse n'ait réussi à bousculer un peu plus le trio Barzagli-Bonucci-Chiellini. Les trois sont certes de très grands défenseurs, mais Barzagli a 36 ans et Chiellini 33.

"Je suis sûr que les jeunes vont progresser" veut croire ce dernier. Rugani, qui évolue depuis 2015 à la Juventus, Romagnoli, passé il y a deux ans de l'AS Rome à l'AC Milan, et l'excellent Caldara, qui appartient à la Juve mais joue à l'Atalanta Bergame, représentent l'avenir. Mais ils auraient dû faire plus pour incarner aussi le présent.

Une attaque à régénérer

Les 180 minutes jouées sans marquer face à la Suède l'ont montré, c'est sans doute en attaque que l'Italie a le plus de mal à trouver des talents. Les derniers très grands attaquants italiens -- Totti, Del Piero, Vieiri ou Toni -- ont raccroché et depuis, l'Italie ne trouve pas vraiment de successeur.

Belotti et Immobile sont de bons joueurs mais ils sont arrivés diminués physiquement à ce barrage et leur manque d'expérience à haut niveau (10 matches de C1 pour Immobile, aucun pour Belotti) pose question.

Insigne a lui marqué face au Real Madrid et Manchester City en Ligue des Champions et il est sans doute l'attaquant italien le plus brillant du moment. Inexplicablement, Ventura ne comptait absolument pas sur lui.

L'affaire a donné lieu à une scène incroyable à San Siro, quand De Rossi, milieu défensif, a expliqué furieux à un adjoint de Ventura que ce n'était pas lui qu'il fallait faire entrer mais un joueur capable de "gagner le match", en regardant vers Insigne.

Derrière les attaquants appelés régulièrement, on trouve Zaza, qui se refait une santé à Valence, ou des espoirs comme Bernardeschi, Chiesa ou Berardi. Mais eux aussi doivent encore faire la preuve de leur adéquation au plus haut niveau.

Autant dire que s'il reste performant à Nice, Balotelli a le droit d'espérer un coup de fil du prochain sélectionneur.