Football Jusqu'ici, la Coupe de Belgique n'a encore rien rapporté aux dirigeants louviérois!

BRUXELLES La semaine sera-t-elle - enfin - fructueuse pour Filippo Gaone? Le week-end dernier, le président louviérois a salué avec soulagement les promesses d'investisseurs locaux, soucieux d'assurer la pérennité de la Raal au Tivoli. Certes, les 250.000€ récoltés ne permettront pas au cercle hennuyer de réaliser des folies (d'autant qu'il faut encore boucler la saison en cours), mais dans un budget réduit à 2.500.000€, cela représente 10%. C'est déjà ça...

Ce dimanche, les caisses hennuyères se rempliront encore un peu plus. Enfin, diront les dirigeants louviérois, tant le parcours de la Raal dans cette Coupe fut, jusqu'ici, tout sauf rentable.

6.200€ de prime

«Notre qualification pour la finale s'assimile pour l'instant à une opération blanche», regrette Roland Louf, le manager, qui étaye son raisonnement: «À Tongres, pour notre 1er tour, il n'y avait pas grand monde. À Genk, nous nous sommes qualifiés un mercredi en plein mois de décembre... et il faisait très froid. Contre le Standard, chez nous, rebelote: en milieu de semaine sous un gel cinglant. L'assistance de ces deux matches a pâti des conditions atmosphériques. En plus, il ne faut pas oublier que nos joueurs ont touché des primes pour ces deux exploits. Enfin, il y eut le feuilleton Lommel. Je doute que nous ayons un jour la recette de l'aller. Quant au retour, il était difficile d'attirer du monde en ne sachant pas si le match allait avoir lieu...»

Bref, pour la trésorerie de la Raal, l'apport de la Coupe de Belgique se jouera sur le match de dimanche, et variera selon que le club remporte ou pas le trophée. Le perdant de la finale touchera 75.000€, le vainqueur 125.000€, manne financière émanant des droits télé. À titre de comparaison, en France, le Paris Saint-Germain et Auxerre se disputeront samedi 1,22 million€ pour le perdant, et 1,83 million€ pour le vainqueur. Heureux voisins...

Il faudra ajouter à ces montants le partage des recettes aux guichets, dont le bénéfice net sera équitablement réparti entre les deux finalistes. Si 25.000 personnes meublent les gradins du stade Roi Baudouin, et qu'elles rapportent une moyenne de 10€ à chacun des deux clubs, cela fait 250.000€.

Mais en cas de succès, il faudra déduire de ces chiffres ce que toucheront les joueurs.

La semaine dernière, les Loups ont négocié avec leur direction une prime de victoire qui a été fixée à 6.200€ bruts chacun. Multiplié par quinze joueurs, cela fait monter la facture à 93.000€. Les joueurs recevront une prime de participation si défaite il y a, mais elle ne sera en rien comparable. En clair, donc, sur ces chiffres précis, une défaite (75.000€) est plus rentable pour le club qu'un succès (125.000€ - 93.000€ = 32.000).

La loterie européenne

Mais ce raisonnement est bien trop simpliste, bien sûr. Un succès en finale aura évidemment des répercussions indirectes. Ainsi, il permettra à la Raal de défendre les chances de la Belgique en Coupe de l'Uefa. Et alors, tout dépendra du tirage au sort. À titre de comparaison, l'Excelsior Mouscron, européen l'an dernier malgré sa défaite car son vainqueur, le Club Brugeois, était déjà qualifié pour la Ligue des Champions, n'a guère été gâté: son voyage en Islande, à Reykjavik, a coûté de l'argent; et le Sparta Prague n'était pas l'affiche escomptée lors du premier tour. Si la Raal gagne la Coupe, elle aura la chance d'être exemptée de préliminaires et de destinations exotiques, et pourra dès lors miser sur un affrontement face à un club émargeant d'un championnat relevé, donc lucratif, comme Westerlo, qui hérita du Hertha Berlin il y a deux ans. Ce sera donc une loterie. D'autant qu'il faudra sans doute louer un autre stade...

Enfin, une Coupe de Belgique peut se monnayer chez un sponsor. Encore que dans ce cas précis, et connaissant les difficultés du club à trouver de nouveaux partenaires dans le climat actuel de crise, il ne faut pas s'attendre à des miracles...

© Les Sports 2003