Football

Passé de T 1 au RWDM à T 2 au Sporting, il avait fait quatre changements lors de a victoire avec le RWDM contre Anderlecht

ANDERLECHT Il est sans conteste le plus Molenbeekois des Anderlechtois. Avant de débarquer au Sporting, en 2000 sous l'impulsion de Jean Dockx, Daniel Renders a joué puis entraîné à Molenbeek.

«Je suis Molenbeekois d'origine: j'ai fait toutes mes classes au Daring et au RWDM», raconte l'actuel entraîneur principal de l'équipe réserve anderlechtoise. «Cela se transmettait de père en fils, dans ma famille. Mon père, c'est un vrai de vrai: il débarquerait ici en rouge et noir... C'était un rêve d'enfant d'entraîner un jour le RWDM.»

Et Daniel Renders réalisa ce rêve en reprenant les rênes de l'équipe première à l'aube de la saison 1997-1998.

«Le club était au bord de la faillite: nous n'avions pas de sponsor, l'ancienne tribune était condamnée, nous n'avions aucune grosse pointure au sein du noyau, se souvient-il. Nous étions allés chercher dix joueurs du noyau B: certains n'avaient même jamais joué en équipe réserve... Je n'ai jamais vu une autre équipe qui était à ce point condamnée d'avance par tout le monde.»

Et pourtant. Après une défaite 3-1 au Germinal, qui restait sur une qualification en Coupe d'Europe la saison précédente, le miracle s'est produit: «Lors de la deuxième journée de championnat, nous allions à Anderlecht. Le Sporting disputait son premier match, car son match inaugural avait été remis à l'Antwerp. Les Mauves jouaient leur premier match à domicile et nous nous attendions à être mangés. Mais nous avons gagné 0-2! Une victoire méritée sur le terrain, Anderlecht n'avait pas eu beaucoup d'occasions.»

Et là, coup de théâtre, dont tout le monde se souvient: «À la 87e minute, je fais monter un quatrième garçon en pensant qu'on pouvait en faire trois plus un avec le gardien. Or, Rosez avait été blessé et remplacé. Je me suis renseigné avant de procéder au remplacement mais vous pensez bien que c'était l'euphorie. J'ai donc fait monter Vanderbiest, un Molenbeekois de source, pour qu'il participe à la fête. Et je suis passé du paradis à l'enfer...»

Car, contrairement à la saison précédente, le changement de gardien était à nouveau compris dans le maximum autorisé de trois remplacements.

«C'était l'événement. Les images sont passées sur Eurosport et j'ai été invité au journal télévisé pour expliquer ce changement de trop. Pas au Week-end sportif, au JT! J'étais embêté vis-à-vis de la presse et vis-à-vis d'Anderlecht. J'avais en effet mis les dirigeants dans l'embarras. Cela a duré trois, quatre jours et puis le président a fait un communiqué de presse où il expliquait que, comme son équipe n'avait pas su gagner sur le terrain, c'était injuste de déposer plainte... Un incroyable signe de fair-play!»

Anderlecht n'a pas non plus tenu compte de cette bourde lorsque, trois ans plus tard, il a contacté Daniel Renders pour rejoindre le premier club de la capitale.

«C'est Jean Dockx qui m'a appelé en me demandant si j'étais libre de contrat pour remplacer Manu Ferrera, parti à Charleroi. Il me demandait de faire du scouting, de m'occuper des jeunes, de l'internat, etc. J'étais encore sous contrat mais je n'étais plus payé donc je n'ai pas hésité longtemps. Pour moi, c'était la cerise sur le gâteau. J'avais fait le tour des clubs bruxellois, la boucle était bouclée. Faire partie de la maison mauve, c'est un honneur. Je n'ai jamais été un anti-Anderlecht. Petit, j'allais à l'école à Anderlecht et je venais voir les matches. Entraîner aux côtés de Franky Vercauteren, contre qui j'ai souvent joué en jeunes, c'est un véritable épanouissement.»

Partagé entre les deux clubs par le passé, Daniel Renders ne le sera pas samedi soir: «Je serai pour Anderlecht. Le Brussels, ce n'est pas tout à fait le RWDM. Le cercle bruxellois doit beaucoup à Johan Vermeersch, qui a sauvé le club, le stade, les couleurs. Mais pour moi, il manque ce nom. Daring... Ce n'est plus pareil.»

D'autres nostalgiques acquiesceront.

© Les Sports 2005