Football Le défenseur belge espère bien se refaire un moral à Hambourg avec Emile Mpenza...

HAMBOURG Même s'il a chan- gé d'horizon à plus d'une reprise, Daniel Van Buyten a conservé ce savoureux accent du sud de la France. Mais, même si les intonations sont identiques, l'état d'esprit est bien différent. Daniel Van Buyten n'oubliera pas de sitôt son périple sur la Canebière. «Je ressens une certaine frustration vis-à-vis de l'OM, avoue-t-il d'emblée. J'ai toujours donné le meilleur de moi-même sans en être réellement récompensé. J'y ai été jeté comme un malpropre alors que l'an dernier encore, j'avais inscrit pas moins de dix buts pour le compte des Phocéens. J'avais contribué, à ma manière, à qualifier le club pour la Ligue des Champions. Mais l'arrivée de José Anigo a complètement modifié la donne. J'étais devenu un pestiféré. A l'entraînement, l'entraîneur marseillais ne cessait de lou- er mes mérites et de m'encourager. Dans les coulisses, en revanche, je m'entendais dire par Christophe Bouchet, le président de l'OM, qu'il ne me voulait plus. Je n'ai jamais connu les raisons de ce revirement de situation malgré ma demande d'explications. Ai-je payé, au prix fort, le fait que je sois arrivé à Marseille sous l' ère Tapie ? Il est vrai que José Anigo n'avait fait figure que d'intérimaire lors de son précédent séjour sur le banc de touche au moment où le club était dirigé par Bernard Tapie. C'est peut-être pour cette raison que le club ne voulait plus de moi. Je m'étonne aussi que le même sort ait été réservé à Vedran Runje...»

Mais si Daniel a quitté son ancien partenaire du Standard en étant prêté à Manchester City, c'est pour en retrouver un autre six mois plus tard à Hambourg. «Le club allemand me suit depuis plusieurs mois, avoue Daniel Van Buyten. Les premiers contacts avec Hambourg furent établis peu de temps avant que je ne m'en aille à Manchester. Le club allemand m'avait visionné à plusieurs reprises. Mais, à l'époque, le président du HSV refusait d'envisager un prêt même assorti d'une option d'achat. C'était un transfert à titre définitif ou rien. Je me suis donc rendu à Manchester City. Je m'y suis éclaté. Kevin Keegan est un chic type. Il était proche de ses jou- eurs. Un jour, il m'a affirmé que le club n'avait pas les moyens de payer les 10 millions d'€ réclamés par l'OM mais qu'il avait eu vent de l'intérêt des plus grands clubs anglais à mon égard. Malheureusement, je me suis blessé au plus mauvais moment chez les Blues. Hambourg est revenu à la charge et le discours des Allemands m'a séduit. Mê- me s'ils n'ont pas payé le montant initialement réclamé par l'OM, ils ont consenti de sérieux sacrifices pour que je puisse venir. L'OM aurait été culotté de réclamer la même indemnité de transfert alors que j'étais devenu indésirable.»

Et Daniel Van Buyten n'a pas à regretter son choix puisque dès son arrivée, il étala toute sa classe naturelle au point de s'ériger en véritable patron de la défense. «Mon intégration a été facilitée par l'allemand que je pratique couramment puisque ma mère est originaire de ce pays, révèle-t-il. Les journalistes sont très étonnés de m'entendre répondre à leurs questions dans leur langue natale. Sur le terrain, cela fonctionne plutôt bien même si nous ne sommes pas encore au complet. Pour l'instant, j'évolue dans une défense à trois mais le retour de l'international tchèque Tomas Ujfalusi pourrait modifier la donne puisqu'il évolue au poste d'arrière gauche.»

De toute manière, Daniel Van Buyten s'adaptera aux circonstances. Comme il l'a toujours fait avec sa conscience professionnelle...

© Les Sports 2004