Football

Roger Piantoni est décédé samedi à 86 ans, a annoncé un de ses anciens clubs, Nancy, et le football français perd avec lui un autre de ses héros du Mondial-1958 (3e place des Bleus) après le décès de Raymond Kopa l'an dernier.

"Le club perd un géant mais sa légende demeure, celle du plus fameux des gauchers de l'histoire du Stade de Reims. Merci Monsieur Piantoni", a aussi twitté le club champenois, avec lequel il avait été sacré trois fois champion de France (1958, 1960 et 1962).

Comme un symbole, Piantoni s'est éteint 60 ans après ce fameux Mondial en Suède qui a marqué l'histoire du foot français. Les Bleus, pour le grand public, c'était surtout trois visages: Raymond Kopa, Just Fontaine et Roger Piantoni, ceux qui offrirent à la France du foot ses premiers grands frissons.

Grâce à ce trio, les Bleus, longtemps cantonnés aux seconds rôles, se joignaient pour la première fois au concert des grandes nations du ballon rond, dominé jusqu'alors par l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, l'Autriche et, en Amérique du Sud, l'Uruguay et le Brésil.

Retour sur une épopée. Après avoir battu l'Irlande du Nord (4-0) en quarts de finale, la France hérite du Brésil en demi-finales, le 24 juin 1958 au stade Rasunda de Solna. Les Français, entraînés par Albert Batteux, entament très bien la rencontre mais sont rapidement handicapés par la blessure de Robert Jonquet, victime d'une fracture du péroné après un choc avec Vava à la 26e minute, et que les règlements de l'époque ne permettent pas de remplacer.

Très ému à la mort de Kopa

A dix, la France ne peut dès lors pas lutter contre la Seleçao où un certain Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, 17 ans, réussit le coup du chapeau en seconde période et offre une victoire au Brésil (5-2).

En battant l'Allemagne (6-3) quatre jours plus tard, la France décroche la troisième place et Just Fontaine, auteur de quatre nouveaux buts, établit le record de nombre de buts inscrits par un joueur en phase finale (13).

Il s'agit alors du meilleur résultat des Bleus en Coupe du monde, pour leur cinquième participation après 1930, 1934, 1938 et 1954. Et le début de la reconnaissance pour l'équipe nationale, après 54 ans d'existence.

Parmi les dernière paroles publiques de Piantoni, il y a l'hommage qu'il avait rendu, ému, en mars 2017 à Raymond Kopa, qui venait de décéder: "C'était un vif plaisir de côtoyer un garçon de cette qualité sur le terrain. Entre nous, c'était de l'improvisation, du jeu".

Machine à marquer

Piantoni a salué à ce moment-là la mémoire d'"une des toutes premières gloires internationales françaises". On peut aussi ranger dans cette catégorie ce joueur aux sourcils broussailleux. Piantoni, c'était une machine à marquer: avec les Bleus, c'est 37 sélections et 18 buts.

Toujours au rayon efficacité, il termina deux fois meilleur buteur du championnat de France avec Nancy en 1951 (28 buts) - ce Lorrain était né non loin à Etain, dans la Meuse, et avait débuté à Nancy en 1950 - et Reims en 1961 (28 buts là encore).

A Reims, Piantoni a même soulevé la Coupe de France (1958) et avait disputé une finale de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1959. C'était l'ancêtre de la Ligue des champions, dont la finale se joue cette année à Kiev, le jour où son décès a été annoncé.

Après Reims, il étirera sa carrière de joueur à Nice (jusqu'en 1966), puis deviendra entraîneur de Carpentras (1967-71). Il revenait souvent au club de ses débuts, à Nancy, où une tribune porte son nom. "Roger Piantoni, monument du football français et lorrain n'est plus. Mes sincères condoléances à sa famille et ses proches", a aussi twitté Abdes Ouaddou, ancien joueur emblématique de Nancy.