Football Une nouvelle journée de championnat aura lieu ce week-end, avec en hors d'oeuvre, dès samedi après-midi, le choc entre Anderlecht et le Standard. Egalement au menu: la partie des mal-classés entre le RWDM et La Louvière

Rumeurs, commentaires incendiaires, point de vue sur le match du week-end passé ou du week-end à venir. Joueurs, entraîneurs et présidents de club sont de véritables commères, ils ont toujours quelque chose à dire au cours de la semaine. Sans oublier la rédaction sportive de la DH et de DHNet jamais à cours d'analyse ou de bilan. Cette page est consacrée avant tout à l'actualité des six clubs wallons et bruxellois de la D1 et si l'info l'exige aux autres ténors de la D1 comme le FC Bruges.



Anderlecht Charleroi La Louvière
Standard Mouscron RWDM














ANDERLECHT "Bertrand, toi et moi, des adversaires?"
27/10/01
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Johan Walem met son pote sur la sellette
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ANDERLECHT Dis-moi, Bertrand: as-tu eu besoin de beaucoup de temps pour te réadapter à la vie et au football belges?
Bertrand Crasson: "Humainement, deux à trois mois me furent nécessaires pour retrouver mes repères. Professionnellement, il m'a fallu une demi-année pour me sentir, à nouveau, chez moi, au Sporting. J'ai vécu durant deux ans dans un autre monde. Je ne le regrette pas. Je ne le regretterai jamais même si effectuer ce chemin en sens inverse fut plus ou moins difficile pour diverses raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas."
Pour la première fois, nous serons adversaires: quels sentiments cela t'inspire-t-il?
B.C.: "Depuis notre plus jeune âge, nous avons toujours évolué dans les mêmes équipes. Puis, nos carrières ont pris des orientations différentes. Nos routes se croisent à nouveau. Le contexte est extrêmement spécial: jamais, je n'aurais cru que Johan porterait un jour le maillot du Standard. Je suppose que cela doit faire plaisir à son père, qui est un inconditionnel du club liégeois."
Qui est Bertrand Crasson en tant qu'homme?
B. C.: "Quelqu'un de terriblement attaché à ceux qui lui sont chers, donc à sa famille et à ses amis. L'image que les gens ont de moi ne colle pas à ma personnalité. Certains prétendent que je suis hautain: c'est faux. D'autres répètent volontiers que j'aime me la jouer par des prises de position qui ne collent pas vraiment avec le milieu que je fréquente. Dans mon existence, la culture occupe une place importante. Cela a toujours été le cas. Dès lors, il est normal que je m'y réfère souvent lorsqu'on m'invite à donner mon avis sur telle ou telle question. On ne me changera pas..."
Comment Anderlecht a-t-il digéré le 1-5 de mercredi soir?
B. C.: "On verra ça ce samedi. (Il réfléchit) J'espère que nous allons gagner. Le championnat est prioritaire pour nous. C'est dans cet état d'esprit que nous nous rendons à Sclessin, avec la ferme intention de nous racheter après la débâcle de Moscou."
Au contact de quelle compétition as-tu le plus progressé?
B. C.: "J'ai un... faible pour le Calcio, tactiquement très exigeant mais ô combien enrichissant. D'ailleurs, tu dois être toi aussi de mon avis, Johan..."

Propos recueillis par D. P.















STANDARD "Dis-moi, Johan: quand se fait-on une... bouffe?"
27/10/01
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Bertrand Crasson lance un défi à l'ami........................
SCLESSIN Johan, ton départ d'Udine ne s'est pas déroulé dans des conditions optimales: éprouves-tu du ressentiment envers tes anciens dirigeants?
Johan Walem: "Non! Divers contacts ont même été renoués. Je garde beaucoup d'amis dans le Frioul."
Comme celle que j'ai vécu moi-même à Naples, ton expérience dans le Calcio reste inoubliable pour toi...
J. W.: "Naturellement. Ma première saison à Udine fut réellement exceptionnelle, puisque nous avons terminé le championnat en troisième position. Douze mois plus tard, nous décrochions à nouveau notre qualification en Coupe de l'Uefa alors que nous avions perdu notre meilleur buteur, Oliver Bierhoff, transféré au Milan AC. Puis, je m'en suis allé à Parme. (Il réfléchit). Il manque quelque chose à ce club pour s'installer durablement parmi les ténors de la compétition italienne. Cette équipe de Parme est l'émanation d'une ville où le niveau de vie est le plus élevé du pays. Dès lors, il se peut que ses joueurs soient les victimes d'une certaine forme d'embourgeoisement peu propice à la pratique, durable, du sport de très haut niveau. Mais c'est, évidemment, inconscient..."
Ces quatre années passées dans le Calcio ne t'ont-elles pas saturé de football?
J. W.: "Cette compétition est exigeante. C'est peut-être le plus exigeant de tous les championnats européens. Franchement, je ne m'attendais pas à ce que cela soit aussi dur. Par conséquent, j'ai appris énormément au contact de professionnels aussi compétents qu'intransigeants. Ma vie privée en a toutefois quelque peu souffert. Là, on peut effectivement parler de saturation: il n'est jamais gai de passer d'une mise au vert à l'autre sans pouvoir rentrer chez soi plus d'un jour par semaine."
Est-ce là que se situe la raison principale de ton retour en Belgique?
J. W.: "Le Standard ne laisse pas indifférent. Les Liégeois s'intéressaient à moi. Leur offre me convenait. Nous sommes tombés d'accord. Une autre explication a trait au vide creusé par l'absence, en Italie, de ma petite fille, Ophélie. Sa maman et moi sommes séparés. Ma gamine me manquait. Plus maintenant..."
Dis-moi, Johan: quand se fait-on une bonne bouffe?
J. W.: "Rapidement, c'est promis."

Propos recueillis par D. P.















MOUSCRON "Je ne veux plus trop cogiter"
27/10/01
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Marcin Zewlakow n'oubliera jamais le club waeslandien: grâce à lui, il joue à l'Excel........................
MOUSCRON Ce dimanche après-midi, Marcin Zewlakow sera à nouveau le principal atout de l'Excelsior, engagé dans un match de rachat, face à Beveren. L'international tentera néanmoins de ne pas trop penser à la nature de cet adversaire dominical. Car le club du Freethiel fut la première étape de la carrière belge de l'attaquant polonais. Le véritable tremplin de Marcin.
"C'est là-bas que tout a commencé, en effet, confie l'attaquant mouscronnois. Mon frère jumeau, Michal, et moi, avons porté le maillot waeslandien grâce à deux hommes: notre manager, Wlodek Lubanski, et l'entraîneur beverenois de l'époque, Stany Gzil. Ce dernier avait entendu parler de nous et accepta de nous prendre pour un match de test concluant. Sans Beveren, je ne serais sans doute jamais arrivé à l'Excelsior. Je lui serai donc éternellement reconnaissant. Même si je ne commettrai plus l'erreur de la saison dernière. Au match aller sur la pelouse du Freethiel, pour mon premier retour sur le terrain de mes exploits (NdlR: en 1999/2000, Marcin était blessé) , j'avais trop cogité. Je m'étais mis inutilement la pression. Stressé, j'avais raté mon match et écopé d'un carton rouge à la 42e minute (NdlR: 0-0, score final). Ce ne sera plus le cas ce dimanche. C'est une rencontre comme une autre. C'est un match à ne pas perdre. Tout simplement"
Et puis, en deux ans, le SK a sensiblement changé de visage.
"Je ne connais plus guère que Stijn Vlaminck et Johan Van Rumst, réfléchit Marcin Zewlakow. Ouais, il y a eu beaucoup de mouvements"
Malgré le départ en demi-teinte de l'Excelsior dans ce championnat, Marcin Zewlakow n'a pas grand-chose à se reprocher. Pour preuve, ses six buts déjà inscrits sur les quatorze du club frontalier. Depuis son arrivée dans notre Royaume, l'attaquant polonais a secoué les filets adverses à un rythme identique. Depuis le 10 octobre 1998, date de Beveren - Courtrai, son premier match de D 1 belge, le jumeau a disputé 94 rencontres de championnat et inscrit 43 buts. Soit quasi une moyenne d'un goal tous les deux matches.
"Je ne me focalise pas sur mes performances, préférant de bons résultats d'ensemble, confirme Marcin. Et ce n'est pas à moi de juger mes prestations. Un joueur n'est rien sans l'équipe. Et si nos résultats actuels sont décevants, j'ai aussi ma part de responsabilités, même si je marque. Sans doute ai-je bien progressé depuis mon arrivée en Belgique il y a trois ans. Et puis, mon entente avec Zoran Ban est encore perfectible, même si elle s'améliore. La mise au vert de ce samedi me semble d'ailleurs être une bonne chose. Le moment était peut-être venu de changer quelque chose dans notre préparation, dans notre manière d'aborder psychologiquement nos matches. Nous serons plongés à 100% dans la rencontre plus tôt. C'est un bien"

Contre le Cameroun le 14 novembre

Après Beveren, il y aura l'Antwerp. Et ensuite, la Pologne: "Suite au forfait obligé de la Belgique, nous disputons un match amical le 14 novembre contre le Cameroun à Poznan. Le Mondial sera un événement important dans ma carrière. Petit, j'avais rêvé devant mon petit écran, en 1986, applaudissant les exploits de mon équipe nationale. J'ai aujourd'hui la chance de, peut-être, participer à ce rendez-vous. Mais inutile de déjà évoquer cette phase finale. Je dois d'abord penser à la situation de l'Excelsior. Notre équipe mérite classement plus gratifiant. Je donnerai le meilleur de moi-même pour l'améliorer "

Laurent Denuit















RWDM L'autre choc, celui des mal-en-points
27/10/01
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Le Roumain Marius Mitu disputera, enfin, son premier match face à La Louvière........................
MOLENBEEK Tant de fois annoncés, tant de fois reportés pour raisons administratives, les grands débuts molenbeekois du meneur de jeu roumain Marius Mitu auront finalement lieu ce soir, face à La Louvière, un club qu'il connaît bien pour y avoir séjourné six mois il y a quelques années.
"C'était en 1996, se souvient Marius Mitu. J'étais alors junior au Steaua Bucarest et j'avais été prêté 6 mois aux Hennuyers. Malheureusement, nous ne sommes pas tombés d'accord sur les modalités d'un transfert définitif. Le président Gaone, conscient que je possédais certaines qualités et que je n'étais pas cher, me proposa alors un contrat portant sur cinq années. Mais cela me semblait beaucoup trop long, d'autant que La Louvière était encore en D 2. J'avais envie de jouer en D 1 et je suis alors retourné en Roumanie. C'est pourquoi je ne considère pas le match de ce week-end comme une revanche, mais j'espère malgré tout prouver au président louviérois qu'il aurait mieux fait de se montrer moins intransigeant dans les négociations."
De retour au pays, Marius Mitu n'en a pas moins bourlingué: "Le Steaua m'a alors prêté six mois à Tirgoviste, avant que je ne rejoigne, toujours en première division, Farul Constanta. J'y suis resté deux saisons, puis j'ai été jouer un an au Rocar Bucarest et un an à l'Université de Craiova. Tous ces clubs m'ont offert la chance d'accumuler de l'expérience au plus haut niveau roumain, mais je rêvais toujours de l'étranger."
Son retour en Belgique n'était pourtant pas prémédité, et s'est quelque peu opéré par hasard: "A La Louvière, j'avais fait la connaissance de monsieur Mora, secrétaire du club à cette époque. Tout de suite, je me suis parfaitement entendu avec lui et sa famille, si bien que, depuis, je suis toujours venu passer mes vacances en Belgique. Sachant que j'étais en fin de contrat, il m'a proposé d'aller faire un test à l'US Centre, afin de garder la condition et de pouvoir m'entraîner."
Sans surprise, les dirigeants de ce modeste club de promotion lui ont alors proposé un contrat en bonne et due forme
"Je n'ai pas dit non, mais j'ai demandé un temps de réflexion avant d'accepter car mon désir était de jouer plus haut, c'est-à-dire au minimum en division 2. Comme j'avais connu Freddy Smets à La Louvière et que je savais qu'il était devenu, entre-temps, manager sportif au RWDM, je l'ai contacté dans l'espoir de venir passer un test au stade Machtens. Patrick Thairet s'est alors montré favorable à mon engagement et j'ai signé mon contrat. Malheureusement, des retards administratifs m'ont bloqué pendant presque deux mois sur la touche. C'est dire si je suis impatient à l'idée d'enfin pouvoir prouver que l'on a eu raison de me faire confiance. En jouant au RWDM je tiens aussi à prouver que l'on peut réussir à l'étranger sans manager, chose que l'on estime impensable en Roumanie. A présent, je ne veux plus entendre parler de ce genre de personnes. J'ai une fois eu un manager, Johan Becali, mais il n'a jamais rien fait pour moi. Alors je préfère veiller seul à mes intérêts personnels et trouver moi-même un employeur qui me convienne."
Marius Mitu compte aussi sur le RWDM pour se faire un nom dans notre championnat, et ainsi attirer l'attention de Gheorghe Hagi, sélectionneur de l'équipe nationale roumaine: "A 25 ans, je n'ai encore jamais défendu les couleurs de mon pays et cela me manque. C'est pourquoi je compte sur Molenbeek pour franchir une étape de plus dans ma carrière. L'équipe nationale me fait rêver, tout comme j'aspire à défendre un jour les couleurs d'un grand club en Belgique ou à l'étranger. Pourquoi pas Anderlecht? Mais pour l'instant, je préfère ne rien envisager. Le plus important est que je gagne ma place et que le RWDM se sauve!"

Vincent Schmidt















CHARLEROI "Que le spectacle commence!"
27/10/01
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Tony Herreman, qui va retrouver Moumouni Dagano sur son chemin, exhorte les Zèbres à l'exaltation
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CHARLEROI Les Carolos savent exactement ce qui les attend ce soir au Mambourg mais ils se disent prêts à faire face... et même mieux si l'occasion se présente.
Voici donc l'impressionnant Racing Genk qui écrase tout, ou presque, sur son passage grâce à une extraordinaire force offensive. Faut-il rappeler qu'à eux deux, Moumouni Dagano et Wesley Sonck ont déjà inscrit vingt buts (une moyenne d'un goal par match chacun), soit le double de tous les Zèbres réunis?
Mais l'expérimenté Tony Herreman en a vu d'autres: "Je connais bien Moumouni Dagano pour avoir été son équipier l'an passé au GBA. Il était déjà très fort mais n'exploitait pas toutes les occasions, comme c'est le cas aujourd'hui. Il concrétise des situations qu'il n'exploitait pas auparavant parce qu'il est beaucoup plus libéré depuis qu'il évolue carrément en pointe. Puissant et doté d'un étonnant feeling, il est bien dans sa tête et dans sa peau. Mais la force offensive de la séduisante équipe limbourgeoise se retrouve à tous les niveaux de jeu. Avec Josip Skoko en qualité de pourvoyeur, Moumouni Dagano et Wesley Sonck, qu'il faut bien sûr associer à son équipier burkinabé dans les fonctions d'artilleurs, tout est forcément plus facile."
Bigre, comment donc les Carolos vont-ils s'y prendre pour enrayer cette belle et implacable mécanique?
"Nous ne devons pas avoir peur, prévient le défenseur flandrien du Mambourg. Au contraire, il faut que Charleroi soit de nouveau craint par ses visiteurs, comme il en a construit une légende. Il importera de prendre conscience que les Limbourgeois concrétisent leurs possibilités de but pour ainsi dire à cent pour cent. Il s'agira dès lors de ne pas leur laisser la moindre ouverture en jouant groupés et surtout, en restant concentrés au maximum pendant les nonante minutes du match. A cet effet nous aurons retenu les leçons des erreurs précédentes. Nous devrons nous en servir. Pour en revenir à Dagano et Sonck, ils peuvent traverser une soirée moins faste mais il nous appartient d'y contribuer."
Reste à savoir si les Carolos pourront ensuite menacer leurs adversaires: "On dit qu'Anderlecht n'est plus ce qu'il était mais, menés à la marque, nous avons fait douter les champions dans leur antre du Parc Astrid. Nous restons même sur l'impression que nous aurions pu gagner là-bas. C'est une référence qui indique que nous sommes capables de rivaliser avec les meilleurs. D'une part, le football résolument offensif fourni par les Genkois nous autorisera des ouvertures; d'autre part, nous ne pourrons pas manquer une seule opportunité. Parce qu'il n'y aura pas beaucoup..."
On revient forcément au problème de concentration optimale: "Nous avons une bonne équipe mais, contrairement à celles d'un plus haut niveau, nous sommes forts à la condition qu'un seul maillon de la chaîne ne faillisse pas."
Tony Herreman préconise également une entrée en matière plus convaincante de la part des Hennuyers: "Poussés par l'envie, nous devrons entrer directement dans le vif du sujet. A priori, ce match est attractif, ouvert, excitant, donc doit nous exalter... tout de suite. Ce ne sera pas le moment de nous poser des questions mais de nous faire plaisir. Que le spectacle commence, et si la victoire est au bout, ce ne sera que plus agréable."
En tout cas, ce n'est certainement pas le doute qui contrariera le bouillant défenseur flandrien. Et comme il n'a pas son pareil pour transmettre par la voix à ses équipiers tout ce qu'il ressent dans son for intérieur, on devrait voir galoper les Zèbres !

Jean-François Prévost















LA LOUVIERE Pas ravi, Jacobs
27/10/01
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Le coach louviérois entama sa carrière au RWDM contre la Raal!........................
TIVOLI Ariel Jabobs, vous revenez pour la première fois ce samedi au stade Machtens dans la peau d'un adversaire. Animé d'un sentiment de revanche?
"Non. Je ne suis pas genre à cultiver de la rancoeur. Mon limogeage du RWDM reste une grosse déception. C'est évident: je n'ai pas encore compris. Mais il fait partie de mon passé."
Vous souvenez-vous de vos débuts bruxellois?
"Parfaitement: c'était contre La Louvière au stade Machtens (NdlR: le 16 janvier 1999). Nous fûmes battus 1-2. À l'époque, ce résultat m'avait meurtri. Ce soir, je signerais des deux mains pour une telle issue (rires)."
Vous aviez pris un risque en quittant le confort de l'Union belge pour prendre la succession de Guy Vandersmissen au RWDM en D 2
"Je ne m'épanouissais plus à la fédération. Le travail sur le terrain me manquait. La gestion quotidienne d'un groupe aussi. Mon passé de joueur-entraîneur à Diegem, en D 3, restait ancré dans mes pensées. Je voulais coacher un club. Le RWDM m'en offrait l'opportunité. Je n'ai guère eu le temps de la réflexion: j'ai sauté dans le train. Quitter une situation établie oblige toujours à des choix déchirants, mais impose aussi de nouveaux défis. Je n'ai jamais regretté ce choix. Malgré des moments euh disons délicats."
À commencer par vos débuts, sanctionnés d'1 point sur 21
"Exact. Quand j'ai repris le groupe, il occupait la troisième place, mais avait aligné des victoires acquises difficilement. Après sept matches peu fructueux, nous avons redressé la barre (NdlR: avec un premier succès, contre Dessel, le 13 mars), pour finalement terminer septièmes."
Après une campagne 1999/2000 frustrante, où le RWDM échoua à un point des playoffs, vint la saison dernière et votre limogeage à quatre journées de la fin alors que le club était en position de qualifié!
"À l'entame de ce championnat, on nous pointait pourtant parmi les candidats à la D 3. Au vu du peu de renforts de poids acquis seuls 400.000FB avaient été dépensés pour le recrutement! et avec des problèmes financiers jugés insurmontables, le pire nous était prédit. Des débuts laborieux et une élimination en Coupe semblaient donner raison aux oiseaux de mauvais augure. Mais nous nous sommes bien redressés. Grâce, aussi, à des renforts en cours de campagne (NdlR: Kolotilko, Kargbo, Kpaka), notre premier tour fut impeccable. Ensuite, malgré un passage à vide au second, nous étions en route vers le tour final. Il me restait quatre matches à diriger pour assurer la qualification"
Mais on vous a viré
"Aujourd'hui encore, je cherche les raisons de ce limogeage. Avec tous les problèmes rencontrés en cours de saison, nous devions être heureux d'être là où nous étions. Je le répète: cela reste une grosse déception. Quand j'ai débarqué au stade Machtens, on m'avait demandé de tabler sur le moyen et long terme. Pour ce faire, j'espérais que le noyau resterait intact. Ces paramètres n'ont jamais existé et n'existent toujours pas. On ne m'a pas laissé le temps de travailler en profondeur."
Avez-vous vécu la victoire du RWDM au tour final comme un vol?
"Un tel succès n'est jamais le mérite d'un seul homme. Ce fut la victoire d'un groupe. J'en fis partie. Je savais que le RWDM était le mieux armé pour gagner ce tour final: Mons était trop peu expérimenté, Geel pas prêt et Turnhout offensivement trop court. Beaucoup de supporters et de joueurs m'ont envoyé des messages de sympathie, la montée acquise."
Vous êtes en procès: le RWDM vous doit plus d'un an de salaire.
"Et je ne suis pas le seul J'ai été naïf. Je connaissais les problèmes financiers, mais, pour moi, les joueurs étaient plus importants. En juin, pour me faire patienter, la direction bruxelloise m'a signé une reconnaissance de dettes. J'ai attendu la suite. J'attends toujours Je me pose des questions quand je constate le nombre de transferts réalisés par le RWDM cette saison. Ce qui était impossible financièrement la saison dernière, l'est visiblement aujourd'hui"

Laurent Denuit