Diables Rouges Malgré les blessures, le duo belge reste le gros atout des Spurs.

Vingt-deux buts encaissés en 32 journées, 15 clean-sheets, 0,69 but encaissé par match. Pas la peine de chercher, Tottenham dispose de la meilleure défense d’Angleterre, malgré de multiples chamboulements (voir par ailleurs). Statistiquement, en tout cas.

Mais ces chiffres reflètent également une réalité : que les Spurs utilisent un système à 4 ou à 3, ce sont eux qui maîtrisent le mieux ce secteur en Premier League.

Comme la saison passée, le duo Toby Alderweireld - Jan Vertonghen impressionne à la fois par sa complémentarité et son efficacité.

Le secret des deux Diables ? Comme dans un couple : la communication. "On se parle beaucoup de l’attaquant qu’on va devoir affronter, de comment on va jouer", déclarait Alderweireld au Times en octobre dernier. "On se fait confiance, on n’est pas égoïste, c’est un partenariat."

Une autre clé de la réussite des deux Diables se situe dans leur passé, quand les deux gamins débutaient leur carrière pro avec trois poils au menton à Amsterdam.

Des années qui leur ont permis de se connaître, de s’apprécier et surtout de bénéficier d’une éducation footballistique proche de celle prônée par Mauricio Pochettino. "À Tottenham, on essaye d’exercer un gros pressing, de jouer très haut, comme on le faisait à l’Ajax", ajoutait Toby. "On n’est pas trop lent et on sait tous les deux manier le ballon. On a appris le football à l’académie ajacide, donc, on a été éduqué de la même façon. Cela aide."

Cette philosophie se reflète dans les stats affichées par les deux joueurs. Avec 1,4 tacle par rencontre pour Alderweireld et 1,3 pour Vertonghen, les deux Diables Rouges sont très loin de figurer parmi les éléments les plus prolifiques du championnat en la matière. Pas question donc de se jeter comme des bourrins dans les pieds adverses.

Au contraire, ils se caractérisent par un football intelligent, joueur, fait de sorties propres et de construction.

D’où ces longs ballons, devenus la marque de fabrique de Toby (6,8 longues balles par match, meilleur défenseur en la matière, Jan est à 4,8).

Preuve de leur importance dans l’effectif, Pochettino n’avait pas hésité à les remplacer après une légère alerte contre Stoke City. On comprend l’Argentin, quand on sait que Tottenham, qui prend 74 % des points depuis le début de la saison, a vu son ratio s’effondrer à 42 % (5 points sur 12) lors de l’absence de Vertonghen en début d’année, et à 50 % (9 points sur 18) quand Alderweireld s’était fait mal à la cheville fin 2016.

Comme une preuve par l’absurde que s’il veut éviter la même mésaventure que l’an dernier et remporter son premier titre de champion depuis 56 ans, Tottenham ne peut pas prendre le risque de perdre sa principale base de lancement.

Mais il existe un autre danger de voir cette belle machinerie exploser : un transfert.

Et l’Inter, qui possède à la fois l’argent et l’ambition de retrouver les sommets de 2010 serait sur la piste de l’Anversois, qui a pourtant clamé son amour de son club actuel dans le London Evening Standard : "Quand j’ai signé, c’était pour un certain nombre d’années et je suis très satisfait de la façon dont les choses se déroulent", dit celui qui joue sa 2e saison sous le maillot des Spurs. Pas de stress non plus pour Pochettino, qui parvient à garder la main sur l’entièreté de son groupe malgré la pression d’une fin de saison où tout est possible. À commencer par un doublé Cup-championnat, encore inespéré il y a quelques semaines. Dans les deux cas, l’adversaire porte un nom : Chelsea. Premier round ce samedi, à Wembley.