Diables Rouges Bruel a parié gros sur les Bleus en finale. Il y croit dur comme fer !

Au coup d’envoi du premier match de la France, contre le Honduras, Patrick Bruel sera… assis à une table de poker, à Las Vegas. Il a fait et refait le calcul, décalage horaire et tout le toutim et il n’y a pas à pinailler. "Je vais jouer avec la tête levée… Ça va pas me plaire, ça", sourit-il, résigné.

Comment vous êtes-vous engagé à faire ce tournoi alors que vous saviez qu’on serait en pleine Coupe du Monde ?

"Je ne pouvais pas prévoir que j’allais finir quatrième à Los Angeles, troisième à Monaco et que, du coup, les bookmakers commenceraient à se dire qu’il y avait peut-être un coup à jouer… Je vais faire les deux, c’est mon plaisir !"

La Coupe du Monde dure jusqu’à mi-juillet…

"… et le championnat du monde aussi : la finale, c’est le 13 !"

Donc, vous faites toute la Coupe du Monde à Vegas ?

"Ça dépend. Du parcours de la France."

C’est quoi, le plan B, si vous êtes éliminé du tournoi ?

"Ben je vais à Rio ! Ah ben oui. Cela dit, Vegas, il y a une épreuve par jour. Je vais le faire au feeling, à l’évolution des Français. À un moment donné, je ne vais plus tenir. Vous imaginez, si on joue la Belgique."

Mais vous êtes obligé d’être pour la France, tout de même !

"Bien sûr, je suis pour la France, je ne vais pas vous mentir. Par contre, dans tous les autres matches, je serai pour la Belgique. Vraiment. D’abord, parce que je préfère rencontrer la Belgique que l’Allemagne…"

Parce que vous trouvez notre équipe plus sympa ou parce qu’on est moins forts que les Allemands ?

"Moins forts ? Enfin non, vous êtes peut-être plus forts, mais je n’aime pas jouer l’Allemagne, ça ne nous a jamais porté bonheur. Je préfère encore jouer le Brésil. Et puis, le système de jeu des Belges s’adapte mieux aux Français."

Vous en pensez quoi, de l’équipe belge ?

"C’est une équipe très forte. C’est la plus belle que vous ayez jamais eue, et vous n’avez jamais eu un stratège comme ça à la tête des Diables. Mais vous n’avez pas un tableau facile !"

Vous avez suivi le départ des Bleus ?

"Oui, enfin, j’ai suivi… Ça devient un peu ridicule : on les voit avant, dans l’avion, c’est tout juste si on ne les voit pas dans les toilettes. Mais ça, c’est le problème des chaînes info en continu… Bien sûr qu’on en fait trop, mais bon, une fois tous les quatre ans…"

Vous avez l’impression que la France recommence à y croire ?

"Moi, je n’ai jamais eu de passage à vide, ça fait deux ans et demi que je dis que la France va gagner la Coupe du Monde. J’ai pris un pari, très gros… J’ai parié très cher, avant France-Ukraine, sur le fait que la France allait remporter la Coupe du Monde, parce que Didier Deschamps n’a jamais rien raté."

Et vous allez gagner contre qui ?

"Ça dépend des tableaux et c’est compliqué ! Il y a de grosses équipes de notre côté : Allemagne, France, Brésil…"

Les fortes têtes qui ne descendent pas du bus, qui mettent une mauvaise ambiance, c’est fini, tout ça ?

"C’étaient quatre ou cinq éléments, dans un contexte compliqué, avec des relations très tendues avec l’entraîneur. On sortait d’une finale de Coupe du Monde ratée à cause d’un geste malheureux. Mais c’est un mauvais épisode, qui est passé. Aujourd’hui, on est en train de former un vrai groupe."

Vous allez chanter dans le stade de Lille, précisément là où la France a mis huit goals à la Jamaïque…

"C’est intéressant que ce stade puisse porter bonheur ! Tant mieux. Je pense qu’il était important, psychologiquement, pour les Français, de montrer qu’ils étaient capables de marquer beaucoup de but. Évidemment, le choix de l’équipe en face, ce n’était pas pour se faire du mal… Là où Didier Deschamps est définitivement un stratège, c’est qu’il a pensé qu’il fallait qu’ils partent avec le moral bien gonflé."

Quand vous allez vous retrouver dans ce stade…

"… on aura déjà gagné la Coupe du Monde, contre la Belgique, en finale ! (rires)"

… vous n’aurez pas une furieuse envie de chausser les crampons ?

"Jouer au foot, ça me démange toujours. On joue derrière le camion, avec l’équipe, avant les concerts."

Vous n’avez jamais regretté une carrière de joueur de foot ?

"Non ! Ça se serait arrêté à trente ans et vu le parcours que j’ai fait, ce serait indécent de dire que j’en aurais préféré un autre. Non, la seule fois où ça m’a fait quelque chose, c’est quand Fernandez a marqué contre le Brésil, en 1986, le but de la qualification pour les demi-finales. On a le même âge, on a joué l’un en face de l’autre, on était copains. J’ai dit à ma mère qu’elle m’avait gâché ma carrière !" (rires)