Diables Rouges Une centaine de journalistes et 26 caméras : le centre d’entraînement des Diables est devenu the place to be en Russie.

"Ah, c’est ici que vous êtes, vous !"

À lire avec un fort accent parisien. C’est, littéralement, un bus de Français qui a débarqué au centre d’entraînement des Diables à Dedovsk dimanche après-midi. Et impossible de ne pas le remarquer :

"Aldèrvéreulde, vous le prononcez comment, vous ?

- Et Eden, il est où Eden ? Ah pourquoi il s’entraîne pas, Eden ?

- Tiens, y a Vertonjenne qui s’entraîne à part. Ah, c’est pas lui. C’est Aldèrevéreulde alors ?"

On a même vu un journaliste télé français sortir… sa brosse à cheveux en pleine conférence de presse de Thomas Vermaelen. Vingt minutes majoritairement en néerlandais, cela a rapidement ennuyé certains de nos confrères.

Il fallait de toute manière être polyglotte pour tout comprendre dimanche à Dedovsk. Des Espagnols, des Colombiens, des Allemands, des Anglais, des Russes, des Néerlandais et même des Brésiliens qui doivent couvrir le tournoi jusqu’à la fin. Et pour commencer leur boulot sans la Seleçao, ils sont directement venus chez leur bourreau.

Bref, il y avait un monde fou dans le centre d’entraînement. Avant même la fin du quart d’heure ouvert à la presse de l’entraînement, il n’y avait déjà plus de brownie au chocolat dans le frigo. Et il ne fallait pas traîner pour trouver un poste de travail. Pareil dans la salle de conférence de presse où il ne restait plus un siège vide.

Deux photographes, à l’affût du meilleur angle, ont même dû se résoudre à se coucher l’un sur l’autre, histoire d’être aux premières loges face au pupitre. La scène n’a duré que quelques secondes, les deux hommes se rendant bien compte du ridicule de la situation.

Les Diables appartiennent à la planète entière. Heureusement, l’organisation divise les conférences de presse en deux parties. Une première uniquement pour les journalistes belges qui peuvent poser leurs questions. Puis une seconde pour la presse étrangère. Une partie où les Belges parient : à quand la question sur Thierry Henry ? À quand la question sur la "golden generation of a so small country" ? Banco, les deux thèmes sont tombés dimanche. Sous le regard amusé de certains, désabusé des autres.

Il faudra s’y faire : les Diables sont tendance à mort en Russie. Tout le monde veut les voir et les entendre. Même si on est privé de brownie, on ne va pas s’en plaindre. Le temps où notre équipe nationale n’intéressait personne et s’entraînait devant trois pelés et deux tondus est révolu. Aujourd’hui, on se recoiffe devant nos stars.