Diables Rouges

Partis à 19h mercredi, les 49 Belges sont revenus vendredi soir en Belgique.

Angleterre-Belgique, en plus d'avoir été sur papier une belle affiche, se disputait surtout dans le stade le plus proche de la Belgique. Enfin, tout de même à plus de 1500 km dans l'enclave russe frontalière de la Pologne.

La majorité des supporters noir-jaune-rouge avaient décidé de faire escale à Gdansk et de parcourir les 160 km restant en car polonais. Le parking centralisant les cars à Kaliningrad était d'ailleurs rempli de car immatriculés en Pologne. A quelques exceptions près. Parce qu'on retrouvait quelques autocars venus directement de Belgique. Comme celui organisé par les Red Chick, club de supporters de la région liégeoise.

A bord du véhicule, 49 supporters belges (dont une seule femme) issus de huit clubs de supporters : Braine-le-Comte, Binche, Bastogne, Liège, les cantons de l'Est… « On avait failli l'annuler », se souvient Michael Ziant, des Red Chick qui avait déjà organisé il y a cinq ans un déplacement en car en Ecosse. « Il fallait qu'on puisse rentrer dans nos frais et les supporters n'avaient pas forcément l'assurance d'avoir leur place en début d'année. On avait même envisagé de juste prendre un minibus et puis finalement, en deux semaines, cela s'est rempli tout seul. »

Au prix de 175 la place dans le car pour un budget total de 7000 euros, le trajet semblait en effet plus abordable financièrement que l'option via les airs. Il fallait alors faire preuve de patience parce que depuis Ster-Francorchamps, jusque Kaliningrad, il y avait quatre pays traversés et surtout plus de 20 heures de route pour l'aller. A effectuer à nouveau pour le retour.


Départ de Belgique mercredi à 19h30

Ce long périple a commencé mercredi 19h30, lorsque le car a pris le départ de Ster-Francorchamp. Soleil, vareuses des Diables Rouges, enthousiasme, ferveur et impatience étaient bien présents à la salle l'Aurore, lieu de rendez-vous pour la majorité du groupe.

Avant de s'installer dans le car, il a surtout fallu embarquer la nourriture (250 sandwichs, 150 boulettes) et les boissons (des centaines de canettes de soda et 50 casiers de bière) permettant au groupe de tenir durant le trajet.

Parti vers 19h30, le car a rapidement franchi la première frontière. C'est d'ailleurs en Allemagne que le groupe a fait le premier arrêt ravitaillement après trois heures de route. Au menu : les sandwichs et les boulettes prévus par Michael et Clément, les organisateurs.

A peine le temps de manger et de se dégourdir les jambes qu'il était déjà temps de reprendre la route de nuit. Certains lisent un magazine ou un livre. D'autres jouent sur leur smartphone. Dans le fond du car, c'est la belote qui a rythmé la première partie du voyage pour les Bloody Devils. Régulièrement, des chants résonnaient dans le car avant que le premier film, les Démineurs, n'accompagnent les supporters dans un sommeil difficilement confortable dans le car.

Jeudi midi: la frontière russo-polonaise en toute décontraction

La Pologne a alors fait la connaissance des supporters belges. Ou en tout cas les aires d'autoroutes. Les arrêts sanitaires ou nourritures ont rythmé la première partie de jeudi jusqu'à la frontière russe, tant redoutée avec les avertissements que chacun avait pu lire et entendre au fur et à mesure que le voyage se précisait. « On nous a dit qu'un car belge était resté bloqué trois heures ! », confie Clément.

Arrivés toujours avec le soleil et la chaleur à la douane, les supporters belges ont d'abord fait un arrêt du côté polonais. Accueilli par des agents de douanes en uniformes et un maître chien, c'est en toute décontraction que le passage vers la Russie s'est déroulé. Ravis de voir débarquer des supporters enjoués, les agents locaux n'ont pas hésité à prendre des selfies avec les supporters ou à réclamer des chants bien typiquement belges, le temps de vérifier les passeports de chacun.

Le passage vers la partie russe s'est également passé de manière douce. Certes, les Russes n'ont pas réclamé de chants de supporters belges mais l'attitude sérieuse tout de même affichée tranchait pourtant avec ce que les supporters auraient pu redouter. Au bout d'une heure et demie de contrôle des Fan ID (précieux sésame pour éviter le visa et obligatoire pour pouvoir rentrer au pays et dans le stade) et des passeports, le car belge reprit alors sa route vers Kaliningrad à une heure de la frontière.

Kaliningrad : neuf heures sur place

Après 20 heures de route, c'était la délivrance pour la cinquantaine de supporters belges : le parking du stade de Kaliningrad. Toujours sous le soleil et la chaleur, les Belges se sont alors rués sur les shuttle mis gratuitement à disposition des supporters. Direction le centre pour la plupart pour retrouver les autres Belges présents sur place qui ont rougi le point de rendez-vous. Sorte de curiosité, il n'était pas rare de voir des Russes réclamer des selfies avec les Belges, tous aux couleurs des Diables rouges.

Arrivés au stade une heure avant le coup d'envoi, certains se sont rués sur le Fan Shop officiel, d'autres sur les animations organisées sur le site pour ensuite prendre place dans l'Arena Baltika pour assister à la victoire des Belges sur l'Angleterre.

Le coup de sifflet final entendu vers 21h50, les supporters ont alors petit à petit vidé l'arène russe pour retrouver chacun son car ou l'hôtel ou l'aéroport local directement. Le départ pour notre retour n'était prévu qu'à 1 h du matin histoire de laisser à Abdellatif, le seul de nos deux chauffeurs à pouvoir rouler en Russie (le deuxième étant resté à Gdansk), d'avoir ses neuf heures de repos obligatoires.

En attendant, on a refait le match, on a évoqué le retour, on a offert des bières aux supporters anglais encore présents sur le parking.

Finalement, c'est sur le gong que les derniers sont arrivés au point de rendez-vous. « A minuit, il n'y avait déjà plus de navettes. Alors, les officiels ont dû en appeler une qui a mis vingt minutes pour arriver. C'était chaud », confie l'un d'eux.

C'est de nuit donc que le passage à la frontière avec la Pologne s'est déroulé. Toujours dans la bonne humeur de la part des agents de douanes. Comme quelques heures auparavant : passeport et FAN ID étaient scrutés à la loupe.


Vendredi 22h30 : arrivée à Ster-Francorchamps

Pologne, Allemagne… le trajet du retour a ressemblé au voyage aller avec plusieurs arrêts histoire de prendre l'air, de se dégourdir les jambes ou de se ravitailler. Le Missionnaire avec Bigard, La Grosse caisse avec Bourvil, la Case départ avec Eboué et Américan Pie ont égayé le voyage retour entre une belotte, un Trivial Poursuite spécial Diables Rouges. Le tout toujours dans la bonne humeur malgré la fatigue qui commençait à s'installer.

Avant le soulagement de voir le car franchir la frontière belge et d'arriver à Ster-Francorchamps vers 22h30 après avoir laissé quelques supporters descendre quelques kilomètres plus tôt alors que d'autres avaient encore près de deux heures en voiture pour boucler la boucle.

Arrivés au point de départ, à la salle l'Aurore, les supporters ont alors pu se partager les boissons non consommées et certains ont commencé à évoquer le prochain déplacement : Ecosse, Islande, Suisse, les idées de voyages ne manqueront pas pour les supporters. « On est soulagé que tout s'est bien déroulé, même à la frontière. On a vraiment connu aucun incident. On est content », se félicite Michaël.