Diables Rouges

Dries Mertens fait le point sur sa carrière, l'évolution des Diables, Nainggolan et son avenir.

Sur la saison de Naples:  "Avec 91 points, tu es toujours champion"

Naples a réalisé une saison exceptionnelle. Record, même. Les Napolitains, menés par un Dries Mertens qui totalise 18 buts en Serie A, ont engrangé 91 points. "Avec un tel total, tu es toujours champion", souffle l’attaquant. "Mais pas cette saison. C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas être déçu. Logiquement, le titre n’échappe pas à une équipe avec autant de points."

Mertens veut que cette année soit celle de l’apprentissage. "Nous sommes encore un jeune groupe. Cette saison n’est pas perdue. Elle doit nous aider à réaliser que nous devons bien concentrer notre énergie, ne pas en perdre dans d’autres matches. Nous avons trop joué sur l’euphorie et en cinq minutes, un match peut basculer. Il ne faut pas dénigrer ce que nous avons réussi. La Juventus a été tout bonnement exceptionnelle."

Personnellement, il a été extrêmement costaud avec des buts, des assists et un statut d’incontournable en pointe de l’attaque. "Je suis content de ma saison. Après, comme nous n’avons pas été champions, je me demandais ce que j’aurais pu faire de mieux. Mais l’année a été belle en général."

Sur sa forme: "Ça m’irritait mais je comprends mes remplacements"

En mars, Dries Mertens confiait que le repos était le secret de son retour au premier plan. Il a, à nouveau, pu jouir d’une semaine de break avant de reprendre le chemin de l’entraînement. "Je me sens bien. Je suis impatient."

Sa fin de saison n’a pas été simple. Un seul but en dix matches et un temps de jeu limité, ça dénote par rapport au reste de son exercice. "Je n’étais pas fatigué en fin de saison. J’ai beaucoup discuté avec le coach à ce sujet-là et il m’a expliqué qu’il trouvait que Milik méritait de jouer après ses deux saisons difficiles à cause de blessures. Il voulait qu’il soit prêt pour la Coupe du Monde. Et j’espère qu’il jouera un beau tournoi. Je comprends ce que Sarri a fait mais sur le moment, c’était irritant. Je n’étais pas moins en forme."

La fatigue ne lui fait pas peur. Il a pourtant joué près de 4.000 minutes en club depuis le début de saison. "C’est un avantage. J’ai vraiment emmagasiné beaucoup de confiance. Ce n’est pas parce que j’ai 31 ans que je suis vieux, hein. (rires) Je me sens jeune. J’ai commencé sur le tard et je n’ai pas l’impression d’être sur la fin. Je ne me dis d’ailleurs pas que c’est la dernière chance pour cette génération."

Sur son avenir "J’ai déjà eu Ancelotti au téléphone"

Naples a terminé la saison sur un feuilleton. Pas celui d’un titre perdu sur le fil, mais celui d’un changement de coach mal défini. "J’en sais encore trop peu, grimace Mertens. En une fois, Carlo Ancelotti est là alors que Maurizio Sarri n’est pas encore officiellement parti. Ce sera bientôt plus clair. Je ne vais pas trop suivre ce qui se passe en dehors de l’équipe nationale. J’espère toutefois que Sarri trouvera rapidement un nouveau club."

Suivra-t-il le coach qui a fait de lui le joueur qu’il est devenu ? La porte reste ouverte. Mertens possède une clause de départ fixée à 28 millions d’euros. "Il sait ce que je vaux en tant que joueur. Ce montant n’est pas si élevé que ça. OK, c’est beaucoup pour un joueur de 31 ans, mais si l’entraîneur te connaît, ça change tout."

Les Napolitains et le président Di Laurentiis ne sont pas prêts à lâcher le morceau. La déclaration de Dries Mertens en fait état. "Le club m’a appelé pour me dire qu’ils aimeraient que je reste. Je suis bien ici mais on verra ce qui se passe."

Il a d’ailleurs eu son futur coach au téléphone. "Ancelotti m’a rapidement appelé. Il m’a semblé très sympathique. On verra pour le football, je ne m’occupe pas de ça pour le moment. On n’a pas encore parlé de position sur le terrain."

Il pourrait devoir gérer l’intérêt de clubs étrangers durant le Mondial. Si certains décident de se couper de tout cela, Mertens a choisi de rester à l’écoute. "Je ne suis pas déstabilisé par cela. Cela fait partie de notre vie de footballeur. Il faut être assez pro pour faire la part des choses. Meunier, Kabasele et Basthuayi ont signé durant l’Euro 2016 ? Ce n’est pas ça qui nous a éliminés…"

Sur le dossier Radja Nainggolan:  "Le coach a eu des c******* et a posé un choix"

Pour Mertens, l’absence de Radja Nainggolan a été un coup. Les deux hommes sont amis. Ils ont d’ailleurs été en contact pour discuter depuis la décision de Roberto Martinez de ne pas sélectionner le Romain et son choix de faire une croix sur l’équipe nationale.

"J’étais surpris qu’il ne soit pas dans le groupe car il a fait la qualif avec nous. Je suis très déçu car c’est un pote à moi. Il ne m’avait rien dit sur sa retraite. Je peux vous dire qu’il est déçu de ne pas être là."

Il n’en veut pas pour autant à Roberto Martinez. Au contraire. Mertens a envoyé un message fort aux critiques et aux supporters. "On doit continuer. Ne pas prendre Radja, c’est un choix du coach. On le respecte. Il faut tourner cette page. Le coach a eu les couilles de poser un choix, de prendre un risque. À nous d’être derrière lui. Et le public aussi. Il y a toujours quelque chose qui fait débat. Moi, je vois les choses positivement et je veux qu’on soit tous ensemble et que les supporters soient derrière nous."


Sur ses ambitions pour la Russie "Reina m’a expliqué comment l’Espagne a gagné en 2010"

"Comment utiliser notre expérience en grand tournoi ?" Dries Mertens marque un blanc. Ce n’est pas qu’il n’a pas d’idée. Non, il cherche ses mots avant de développer une théorie pleine de bon sens.

"Nous devons avoir encore plus envie de gagner, encore plus faim. Nous avons été complètement déçus après le pays de Galles. Cette douleur doit nous donner de l’envie. Dans un tournoi, tu es tellement occupé que tu ne te dis pas à chaque fois que ce match pourrait être le dernier. Nous nous rendons désormais compte qu’après les poules, tout peut rapidement se terminer."

La différence entre l’attitude des Diables au Brésil et ceux qui iront en Russie est grande. "En 2014, on était surtout contents d’être là. Après les États-Unis, tout était bon. L’Argentine n’était pas meilleure que nous. Et pourtant on est rentrés à la maison."

L’expérience et le talent sont désormais là et Mertens a envie de réaliser quelque chose de grand. "Je me dis que c’est le moment. J’ai demandé à Pepe Reina (NdlR : son équipier à Naples, champion du monde et double champion d’Europe) comment nous, une équipe avec peu d’expérience, pouvons gagner la Coupe du monde. Il m’a dit qu’ils n’avaient pas plus d’expérience que nous à l’époque. Ils ont eu un peu de chance et ont gagné l’Euro et la Coupe du monde. Ensuite, ils ont utilisé cette expérience en 2012. Il faut avoir envie et un peu de chance. Nous n’avons encore rien gagné, nous n’avons jamais battu un géant du football. Mais il ne faut pas les craindre, il faut jouer le coup à fond."