Diables Rouges Eden Hazard est plein d’ambitions avant d’entamer les choses sérieuses.

"Vincent a dit que je mange beaucoup quand je suis en forme ? Bah, je mange toujours beaucoup." Eden Hazard commence sa conférence de presse sur une punchline et un clin d’œil.

Deux moves qu’il maîtrise presque autant que ses dribbles chaloupés. Face à l’Egypte, on a revu le joueur qui fait se lever Stamford Bridge tous les quinze jours et qui avait explosé la Hongrie à lui seul il y a deux ans en France.

C’est cet Eden Hazard que la Belgique veut revoir dans quelques jours en Russie. Au point d’entendre certains évoquer une "Hazard-dépendance".

Il rassure directement : le tournoi des Belges ne dépendra pas seulement de sa forme du moment. "L’équipe ne dépend pas de moi. OK, je suis dans une bonne forme et dans toute équipe, il y a un joueur qui est davantage mis en avant que les autres. Nous sommes toutefois vingt-trois à pouvoir être alignés et si je ne marque pas ou ne donne pas d’assists, un autre le fera. Nous avons des solutions de tous les côtés."

Le coach a dit que c’était dans l’attitude que les Diables pouvaient encore progresser…

"On peut progresser dans beaucoup de domaines. Nous devons nous rendre compte que l’équipe d’en face a peur de nous. On doit la mettre directement sous pression et marquer rapidement."

Vous avez été séché d’entrée de jeu face à l’Égypte. C’est aussi ça qu’il faudra faire : ne pas hésiter à mettre le pied…

"Les coups font partie du foot. Celui contre l’Égypte… je ne sais pas si c’était méchant mais ce n’est pas bien (rires) . J’espère qu’on protégera les joueurs à la Coupe du Monde. Et si par moment nos milieux ou nos défenseurs peuvent mettre une semelle, c’est bien (rires). "

Sentez-vous la pression monter sur cette génération ?

"On sait qu’on a une bonne génération. On veut gagner des titres mais ce n’est pas simple."

Est-ce le moment de briller ?

"Je pense, oui. Notre génération est au sommet de sa forme. Nous avons tous ou presque vécu une grosse saison en club. C’est maintenant que ça se passe. Il ne faut plus repousser l’échéance."

Le sentiment est-il le même qu’il y a deux ans ?

"Oui, c’est assez similaire. Après, nous avons deux ans de plus qu’à l’ Euro et quatre de plus qu’au Mondial. Nous sommes bien dans notre processus de préparation pour être prêts face au Panama."

Avec l’absence de Vincent Kompany, devez-vous endosser davantage de responsabilités ?

"En dehors du terrain, Vincent parle toujours beaucoup. Sur le terrain, je porte le brassard et me comporte en leader. Pas en parlant mais en étant costaud quand il le faut, en prenant mes responsabilités dans des matches plus difficiles et en marquant des buts. D’autres prennent la parole. Nous avons un groupe de leaders."

Dans le cercle, vous êtes le seul à parler ?

"À l’ Euro , j’ai parlé à chaque match. Vincent et Romelu l’ont également fait par la suite. Si d’autres veulent s’y mettre, qu’ils le fassent. Après, on dit tous la même chose : qu’il faut gagner le match (rires) ."

"On doit se lâcher offensivement"

Eden Hazard et Roberto Martinez ne sont pas d’accord sur un point. Roberto Martinez veut gagner face au Costa Rica. Eden Hazard, pas spécialement.

"Nous devons oublier le résultat, ne pas se focaliser là-dessus. Nous avons montré de bonnes choses lors des deux amicaux, notamment en défense (NdlR : deux clean sheets ) . Offensivement, nous devons davantage nous lâcher. On doit plus combiner, créer plus d’occasions. On peut perdre tant qu’on a pas bien joué."

"La Tunisie peut être la surprise du Mondial"

Roberto Martinez a jeté un œil plus qu’attentif au match entre l’Espagne et la Tunisie (1-0, voir p.11). "Cela confirme que la Tunisie est une très bonne équipe. Ils auraient mérité de gagner, ils ont eux deux ou trois belles occasions en début de match. Ils ont obligé l’Espagne à changer de système à la mi-temps. Tactiquement, ils savent ce qu’ils font avec un 4-3-3 où il y a beaucoup de mouvements au milieu, de projections vers l’avant, deux joueurs qui ont pris le rôle des blessés. Il y a beaucoup de profondeur et c’est très fort techniquement", observe le sélectionneur pour qui la performance des Aigles de Carthage "n’était ni une surprise ni un accident, simplement une confirmation que la Tunisie peut être une surprise du Mondial".