Diables Rouges

Eden Hazard se réjouit de confirmer, devant un stade Roi Baudouin en pâmoison, le succès arraché à Skopje

“J’ai hésité. Finalement, j’ai choisi de ne pas aller courir : je n’ai pas voulu prendre de risque sur la neige glissante. Un moment d’inattention et on se tord une cheville…”

Eden Hazard sourit. Il sait que son auditoire n’est pas dupe : il n’a jamais envisagé d’aller s’exposer.

Eden, avez-vous disputé à Skopje votre match le plus accompli comme Diable Rouge ?

“Non. Je le classe parmi les bons mais j’en ai déjà livré d’autres, plus probants encore. Je suis toutefois satisfait de ne pas avoir déçu car je sais qu’on attend beaucoup de moi. Je constate que, depuis quelque temps, je suis vraiment engagé dans une bonne passe.”

Qu’avez-vous retenu du match aller ?

“Nos adversaires alignent deux ou trois bons éléments qui peuvent faire la différence. Nous avons commis quelques erreurs qui auraient pu se révéler préjudiciables si Thibaut Courtois n’avait pas sorti le grand jeu au bon moment. Après ces violentes secousses initiales, nous avons repris le contrôle du match et développé quelques bonnes séquences. Mais on peut faire mieux encore. Je constate que nous encaissons très peu de buts en général. C’est la preuve que nous sommes solides défensivement. L’équipe belge grandit. Il y a quelques années, les Diables passaient la majeure partie du match à courir derrière le ballon. Aujourd’hui, on observe plutôt le phénomène inverse.”

Courtois est-il le meilleur gardien avec qui vous avez joué jusqu’à présent ?

“Thibaut est déjà très fort, c’est sûr. Mais il est très jeune : il peut forcément encore progresser et se forger alors, dans un plus grand club que l’Atletico Madrid, un fameux palmarès, approchant celui de Peter Cech avec qui je joue à Chelsea. Avouez que mon gardien de club n’est pas mal non plus ! Je m’en voudrais d’oublier Mikaël Landreau, avec qui j’ai évolué à Lille. Je n’oublie ni Simon Mignolet, ni Jean-François Gillet, brillants eux aussi : la Belgique a retrouvé des grands gardiens.”

Mertens est votre concurrent : comment vivez-vous cette rivalité ?

“Il n’y a pas de rivalité entre Mertens, De Bruyne et moi : nous laissons au coach le soin d’opérer ses choix. Les prestations qu’eux et moi nous livrons dans nos clubs respectifs nous autorisent à postuler une place de titulaire. S’asseoir sur le banc n’est pas facile. Je le sais d’autant mieux que j’y ai pris place à plusieurs reprises, moi aussi. Mais la roue tourne parfois. Dries aura sa chance, d’autant plus que, chaque fois qu’il monte au jeu, il forge la différence.”

La qualité de la Croatie vous inquiète-t-elle ?

“Non. Ses joueurs sont forts individuellement mais les Diables le sont tout autant. La qualification se jouera à Zagreb. Nous ne sommes pas pressés d’aller en Croatie. Nous avons d’abord envie de retrouver notre public. C’est un régal d’évoluer dans notre stade Roi Baudouin rempli à ras bord et de savourer l’ambiance qu’y créent nos supporters. Et merci mille fois à ceux qui viennent nous soutenir en déplacement !”



© La Dernière Heure 2013