Hazard: “Lampard et Terry, ce sont mes potes”

Benoît Delhauteur (envoyé spécial en Angleterre) Publié le - Mis à jour le

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Diables Rouges

Difficile de faire plus british comme décor. Le rendez-vous avec Eden est pris au Woodlands Park Hotel, situé à une trentaine de kilomètres du centre de Londres mais à quelques encablures du centre d’entraînements des Blues . La quiétude du countryside tranche avec l’agitation de la ville. NIVEA Men – l’un des sponsors personnels d’Hazard qui a organisé l’interview – a réservé la suite royale de l’hôtel. Un choix logique pour le nouveau prince de Premier League .

Accompagné d’un employé de Chelsea responsable des droits d’image, le Diable débarque à l’heure, avec sa décontraction habituelle. Souriant et bavard, comme on l’a presque toujours connu face aux médias. L’interview, c’est un exercice qu’il maîtrise désormais à la perfection. Sans pour autant mettre un masque ou ranger sa franchise. Pendant l’heure que nous avons passée avec lui, Eden a été, comme à son habitude, cool, direct, franc et drôle. Une vraie star, sans les airs de divas…


Eden, vous êtes ici à Chelsea depuis presque deux saisons. Comment décririez-vous l’atmosphère d’un match à Stamford Bridge ?

“C’est particulier. Cette ambiance et ce stade nous réussissent en tout cas très bien. La preuve : Jose Mourinho n’y a jamais perdu ! Cela nous met beaucoup de pression : on ne veut pas connaître cette première défaite du coach chez nous. On essaie donc de prendre notre plaisir et de ravir nos fans, qui sont exigeants. Très exigeants, même. C’est normal : on se doit de remporter tous nos matches. Les supporters chantent très souvent ma chanson et ça me fait chaque fois plaisir. Ça me booste. Je la connais par cœur : Samuel Eto’o me la chante tous les jours…”

C’est vrai qu’Eto’o a aussi joué un rôle dans votre progression, en vous répétant que vous devez devenir un grand joueur ?

“Oui. Tous les jours, il me dit que je dois faire partie des meilleurs joueurs du monde. À chaque match, il me répète que je dois faire la différence. Il me dit : 'tu ne peux pas sortir du stade sans avoir marqué un but'. À force de l’entendre, ça rentre dans ma tête. Avant, je me disais que j’allais juste jouer au foot. Si on gagnait et que je ne marquais pas, tant pis. Désormais, je me dis que le foot, c’est aussi ça : toujours marquer, toujours montrer des choses.”

Vous en montrez tellement cette saison que vous êtes souvent cité comme candidat au titre de meilleur joueur de Premier League , tout comme Agüero et Suarez. Ce trophée est-il un objectif ?

“Pas du tout. Ce serait une reconnaissance, mais mes objectifs, c’est de gagner des trophées avec mon club. Si je remporte des titres avec Chelsea, c’est que j’aurai été bon. Alors, les récompenses individuelles suivront. Jamais je ne me dirai, avant une saison : 'il faut que je devienne le meilleur joueur du championnat.' Ce sera plutôt : il faut que je sois champion !”

Qu’est-ce qui arrivera en premier lieu : les Diables qui gagnent un titre ou Eden Hazard Ballon d’Or ?

“Je préfère gagner un grand tournoi avec l’équipe nationale, quitte à ne jamais gagner le Ballon d’Or. Il existe plein de grands joueurs qui ne l’ont jamais remporté… J’espère quand même que les deux événements se produiront et pourquoi pas la même année ? Si on gagne une Coupe du Monde, j’aurai peut-être plus de chances de prendre le Ballon d’Or dans la foulée.”


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Vous avez les ambitions d’un joueur de classe mondiale… et le statut qui va avec. Vous parvenez encore à vous promener normalement dans la rue ?

“Oui. J’aime aller dans les nombreux parcs de la ville avec mes enfants. Les gens ne sont pas là à dire : ' oh! c’est Eden Hazard, le joueur de foot.' J’arrive à être très tranquille, c’est super.”

Devez-vous tout de même prendre vos précautions par rapport à la presse anglaise, très invasive dans la vie privée ?

“À partir du moment où je suis un gars sans problème, ça va. Je ne fais pas de folies, j’aime rester chez moi. J’essaie tout de même de ne pas trop exposer mes proches. Je ne critique pas ceux qui le font et ça ne gêne pas, mais ce n’est pas mon truc. Ma femme et mes enfants sont à moi, tout le monde n’a pas besoin de savoir. J’essaie de les protéger. Je ne sais pas quelle vie ils auront, je ne sais pas si ce sera dur pour eux de porter le nom de Hazard. J’espère que non et que je serai un bon père de famille, et un bon papy.”

Une autre particularité de l’Angleterre, c’est son jeu assez dur. À votre arrivée en Premier League , avez-vous dû un peu vous muscler ?

“Pas spécialement. Que je prenne de la masse ou pas, un mauvais coup, ça fait mal ! J’ai appris à encaisser, à recevoir les coups. Pour l’instant, je n’ai jamais été blessé et j’espère que ça va continuer comme ça. Le foot anglais ne va pas m’obliger à aller à la salle de muscu tous les jours. Je suis comme je suis. J’essaie juste de jouer mon jeu.”

À vos débuts chez les Blues , qui vous a le plus aidé à vous intégrer dans le groupe ?

“Romelu (Lukaku) et Kevin (De Bruyne) étaient encore là. Il y avait aussi Michael Essien, Florent Malouda. Il y avait beaucoup de francophones et dans les premières semaines, ils m’ont bien aidé. Puis ils sont tous partis et m’ont laissé seul… Mais Demba Ba est arrivé en janvier. Je me suis très vite adapté.”

Ça fait quoi de jouer avec une icône comme Frank Lampard ?

“Quand j’ai débarqué, je n’avais que 21 ans. J’avais fait de belles choses en France, mais la Premier League, c’était un monde complètement nouveau pour moi. Dire bonjour le matin et serrer la main de joueurs comme Lampard ou Terry, ça a de quoi impressionner. Par après, on se rend compte que ce sont des gars super sympas et très simples. Après un mois, l’appréhension disparaît. Je dis bonjour à Frank et à John comme à des potes.”

Qui est votr e meilleur pote à Chelsea et, plus généralement, en Premier League ?

“Ici, c’est Demba Ba. Et depuis l’arrivée de Samuel Eto’o, on est souvent à trois. Je m’entends aussi très bien avec César Azpilicueta, qui a joué à Marseille. Mais je n’ai pas de soucis avec mes autres équipiers, malgré la barrière de la langue. En dehors du club, c’est de Christian (Benteke) dont je suis le plus proche. Je le connais depuis dix ans, on a eu la chance d’évoluer ensemble dans les sélections nationales de jeunes. Je peux en dire autant de Marouane. Quand je suis arrivé chez les Diables, il était déjà là depuis un petit temps et il m’a bien aidé.”

Vous vous voyez en Angleterre ?

“Avec Marouane, c’est compliqué, car il habite loin, là-bas dans le Nord. Christian est à Birmingham, il lui est arrivé de temps en temps de venir chez moi. On parle, on déconne, on raconte ce qu’on fait de notre vie…”

Vous aurez bien assez de temps pour le faire en juin au Brésil. À l’approche de ce Mondial, allez-vous un peu jouer avec le frein à main en club ?

“Malheureusement pour la Belgique, je ne peux pas me retenir. On a deux trophées à aller chercher avec Chelsea et je veux tout faire pour en gagner au moins un. Après, les stages de pré-Coupe du Monde serviront à se préparer pour les uns et à se reposer pour les autres. Mais rassurez-vous : on sera en forme au Brésil.”

(une interview de Benoît Delhauteur, envoyé spécial en Angleterre)

Découvrez l'interview complète d'Eden Hazard dans le supplément Red de la DH de ce mardi

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