Diables Rouges Adnan Januzaj a acquis une maturité qui fait de lui un vrai postulant pour les 23.

Quatre ans plus tard, il va peut-être refaire le coup. Surprise du Mondial 2014 sous Marc Wilmots, Adnan Januzaj pourrait bien rendosser ce costume, quatre années plus tard, sous Roberto Martinez.

"J’ai fait une bonne saison en Espagne et j’ai terminé assez fort donc je suis simplement content d’être ici pour exprimer mes qualités", sourit l’ailier de la Real Sociedad, pas tout à fait surpris d’être sélectionné. "Je me sens beaucoup plus fort qu’il y a quatre ans. J’ai gagné en maturité au fil des années et c’était important."

Mais pas seulement en maturité. En conférence de presse, au moment d’annoncer la sélection de Januzaj, Roberto Martinez avait parlé de "changement d’attitude" dans le chef du Belge. Un changement qui se matérialise sous certaines formes. "Surtout dans le positionnement et dans le travail défensif", assure le joueur de 23 ans, qui pourrait déjà vivre son deuxième Mondial. "Quand vous jouez contre le Real et le Barça , il faut savoir défendre. Évoluer en Liga m’a également permis d’avoir un volume de jeu plus conséquent."

Un atout forcément intéressant lorsqu’on sait que la doublure de Yannick Carrasco sur le flanc gauche n’est pas encore connue. Et elle pourrait s’appeler Januzaj. "J’ai déjà évolué sur tout le flanc, avec un vrai rôle défensif, à trois ou quatre reprises cette saison. À Villarreal par exemple. Ces expériences étaient positives, je me suis bien senti."

Ce rôle de médian latéral, il l’a déjà testé à l’entraînement, lors du rassemblement de novembre dernier, lorsqu’il avait été repris, sans toutefois jouer un des deux amicaux (face au Mexique et au Japon). Ce qui l’avait "un peu déçu", avoue-t-il, tout en le confortant dans l’idée que sa polyvalence pouvait être précieuse pour les Diables.

"Je peux jouer un peu partout" , résume Januzaj. "J’ai déjà joué sur le flanc gauche, le flanc droit, comme numéro 10… Mais il est clair que mes qualités sont plus fortes dans les 30 derniers mètres."

Et lui confèrent également une bonne tête de joker, capable de changer le cours du match en quelques minutes. Bref, le genre de profil qui fait du bien dans une liste de 23.

Mais ne comptez pas sur lui pour stresser à l’approche de l’annonce de la sélection définitive. "Moi, je ne stresse jamais. Je suis quelqu’un de relax. Je connais mes qualités. À 18 ans, j’ai joué dans le plus grand club du monde, Manchester United, donc je sais gérer la pression. Je l’ai également fait en Allemagne puis en Espagne. J’ai assez d’expérience pour faire la différence."

Et il peut surfer sur sa forme du moment. "Quand tu vas au Mondial, tu dois prendre ceux qui finissent fort, ils sont dans une phase de progression", termine Januzaj qui sait se vendre.

Et à qui il reste quelques jours pour convaincre Roberto Martinez de l’emmener en Russie….

"Je n'ai jamais décliné une sélection"

L’épisode date de novembre 2015. Alors en prêt à Dortmund, Januzaj est sélectionné avec les U21 belges mais ne se présente pas au rassemblement, provoquant un mini-scandale. "Je tiens à préciser que je n’ai jamais décliné une sélection, assure le Belge. J’étais dans une période où je devais me concentrer sur mon club car je jouais peu. Je voulais m’entraîner et faire mes preuves. Les gens ont dit pas mal de mauvaises choses, mais j’ai tenté de rester concentré sur moi-même. Avec le recul, je me dis que cela a payé."