Diables Rouges

Kompany explique pourquoi la Premier League est le plus beau championnat du monde…

MANCHESTER a, en très peu de temps, bouleversé la hiérarchie du foot anglais. Aujourd’hui, plus personne ne parle du Big Four (United, Arsenal, Liverpool et Chelsea), qui dominait l’île…

“Je pense que la fin du Big Four est une superbe chose pour le football anglais. C’est vrai que cela a provoqué une commotion. C’était comme une seconde nature pour certains clubs de jouer la Ligue des Champions en plus du championnat. Puis, d’autres formations sont arrivées et ont pris de la place. Comme Tottenham, qui a atteint l’an dernier les quarts de finale de C1. Puis, nous sommes entrés dans la partie. Nous devons encore acquérir des automatismes, mais, avec le temps, on marquera aussi notre empreinte sur le football européen. Mais cette saison, le championnat a été tellement éprouvant pour nous... La lutte avec United a duré jusqu’à la dernière minute. Forcément, ça coûte de l’énergie et nos résultats européens en ont pâti. Mais la priorité était bel et bien la Premier League...”

Hormis Chelsea, qui est allé au bout de l’exploit en C1, les résultats des clubs anglais n’ont pas été brillants. Est-là le signe d’une forme de déclin ?

“Non, il faut relativiser.. Il y a deux ans, trois des quatre clubs en demi-finale de Ligue des Champions étaient anglais, puis Fulham disputait la finale de l’Europa League. Le championnat anglais ne cesse de se renforcer. Aujourd’hui, il y a des joueurs du top non pas dans quatre, mais dans dix équipes de Premier League, voire plus…”

Pour vous, le foot anglais reste donc la référence…

“C’est clair que le football espagnol a fait preuve d’énormément de qualités lors des dernières années. Les résultats en attestent. Mais dans le football anglais, il y a plus que ça. Il y a l’intensité, la passion, l’engagement et une manière de jouer qui est attractive pour le public. C’est ce qui fait la différence. Si les gens affirment que c’est le championnat le plus relevé au monde, ce n’est pas parce que les clubs anglais sont supérieurs au Real Madrid ou à Barcelone, mais parce qu’ici, la concurrence est plus féroce.”

C’était votre quatrième saison en Premier League. Avez-vous constaté une hausse de niveau ?

“J’ai surtout constaté une évolution du niveau de mon équipe ! Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, il y a un nombre incroyable de matches au sommet. J’ajoute à cela des clubs comme Everton ou Aston Villa qui ont aussi de très beaux effectifs. Je ne me souvient pas avoir quitté un match en Premier League en me disant : ‘ça va, c’était plutôt relax.’ On a toujours bossé pour gagner, on a pris des coups et ça a fait mal.”

De plus en plus de vos compatriotes réussissent en Angleterre. Qu’est-ce qui attire les joueurs belges ?

“Je pense que c’est plutôt le championnat anglais qui est attiré par le marché belge. Il y a eu un effet boule de neige. Un premier est venu, il a réussi. Puis un deuxième, un troisième… Aujourd’hui, les Belges ont une vraie reconnaissance en Angleterre. Ils sont réputés pour faire de bonnes prestations. C’est semblable à ce qui s’est produit dans le passé aux Pays-Bas, où quelques pionniers avaient lancé tout un mouvement. Ce n’est pas une surprise pour moi : la Belgique a du talent.”

Avez-vous joué un rôle dans l’évolution de ces Belges expatriés en Angleterre ?

“Non, si ce n’est que j’étais le premier. Après moi, Marouane (Fellaini) a très bien réussi, puis Thomas (Vermaelen). Ils ne le doivent qu’à eux-mêmes. Ce n’est pas un secret : nous avons une très belle génération. D’autres percent aussi dans les championnats allemand et portugais. J’espère que tous ces joueurs pourront utiliser en équipe nationale cette expérience accumulée à l’étranger.”

Le dernier en date à traverser la Manche, c’est Eden Hazard…

“Et je suis sûr d’une chose : il va faire un carton en Premier League ! “

Kevin De Bruyne a lui aussi été acheté par Chelsea. Un bon choix ?

“Le plus important, c’est de réaliser quel est le bon moment pour plier bagage et prendre de l’expérience ailleurs. À 20 ans, j’avais estimé qu’il fallait que je parte pour progresser. Kevin en est probablement arrivé au même stade. Il a atteint un plafond à Genk, avec lequel il a déjà joué la Ligue des Champions. Il n’aura aucun regret à avoir. Chelsea est un club du sommet qui saura l’évaluer à sa juste valeur et l’intégrer au bon moment.”

Romelu Lukaku, qui a fait le même choix un an plus tôt, a connu une saison très compliquée…

“Mais ceux qui disent qu’il a perdu un an sont aveugles ! Romelu avait fait tout ce qu’il devait faire à Anderlecht. Il est alors parti dans un club qui est dans son cœur et qui a un plan pour lui. Le fait d’avoir pu s’entraîner avec des défenseurs et des attaquants du top européen lui a appris beaucoup de choses. Après, pour la saison à venir, ce sera à lui de faire un choix. S’il ne peut pas jouer avec Chelsea, ce ne serait pas du tout une catastrophe d’être prêté. Ce serait même honorable. Il n’a fait aucun mauvais choix...”



© La Dernière Heure 2012