Diables Rouges

L'édito est signé Benoît Delhauteur.

Que se serait-il passé si Eden Hazard avait inscrit l’une de ses deux frappes en début de rencontre ? On ne le saura jamais. La Belgique ne sera pas championne du monde. Comme toute élimination, c’est dur à avaler. C’est d’autant plus frustrant que les Diables n’ont pas été battus par une équipe largement supérieure. Elle a juste perdu face à un adversaire bien plus cynique. Maintenant, on comprend exactement ce que la France a ressenti en finale de l’Euro face au Portugal. Dans le football moderne – et encore davantage dans ce Mondial – les intentions ne sont pas aussi bien payées que l’organisation.

Et à Saint-Pétersbourg, les Diables ont été un peu moins bien organisés que d’habitude. L’air de rien, l’absence de Thomas Meunier a amené moins d’équilibre. Dans une demi-finale, cela compte, comme chaque détail.

Après cette défaite, il y a de quoi être frustré. 11 millions de Belges le sont, à raison. Mais cet échec, aussi douloureux soit-il, ne doit surtout pas faire oublier la formidable campagne des Diables en Russie. Leur tournoi est réussi, il n’y a aucun doute là-dessus. Les Belges peuvent être fiers.

Cette équipe nous a offert tant d’émotions. La remontada face au Japon, la joie au coup de sifflet final contre le Brésil… Nous n’oublierons jamais ces moments-là. Jamais.

Nous avons vécu ce tournoi tellement intensément que nous sommes presque déjà nostalgiques de ne plus voir les Diables en course pour le trophée. On a déjà hâte de les retrouver en Nations League et à l’Euro 2020. Avec qui ? Ces questions se poseront plus tard. D’abord, les Diables ont une troisième place à décrocher.