La réponse d’Eden Hazard à Georges Leekens

Jonathan Lange Publié le - Mis à jour le

Exclusif
Diables Rouges

Le joueur sort de son silence concernant sa situation en sélection

LILLE Muet ou presque depuis Belgique - Turquie, Eden Hazard a fini par sortir de son silence.

Cinq jours après l’annonce de sa suspension pour les trois prochaines rencontres des Diables Rouges, TB Soccer INT, la société qui gère ses intérêts, a tenu à répondre à Georges Leekens par un communiqué retranscrit dans son intégralité ci dessous.

Dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, la publication de ce communiqué est l’occasion pour le clan Hazard de donner sa version des choses et surtout de prendre position dans le débat qu’a suscité la décision prise par le sélectionneur.

Il ne s’agit pas d’une critique sur les “choix” de Leekens “qui sont et doivent rester souverains” comme on peut lire en préambule, mais par contre, la communication de Long Couteau est très clairement remise en cause.

Du côté du joueur, si l’on reconnaît l’erreur commise après le match nul contre la Turquie, le timing et le caractère même de la suspension pour trois matches sont pointés du doigt.

Et si Eden Hazard n’a aucune envie de mettre un terme à sa carrière chez les Diables, il brandit toutefois la menace d’une retraite internationale prématurée. Reste à espérer que cette menace ne se concrétise pas. Pour Eden Hazard, pour Georges Leekens et surtout pour notre équipe nationale.




Le communiqué de TB Soccer INT :

L’annonce de la suspension d’Eden Hazard pour les trois prochains matches des Diables Rouges provoque moult débats en Belgique, nous contraignant par là même à réagir.

Nous ne contestons pas la non-sélection. Les choix d’un entraîneur sont et doivent rester souverains. Qu’il s’agisse d’un entraîneur de provinciales, d’un grand entraîneur habitué au succès et au parcours exemplaire, ou du sélectionneur fédéral.

Cependant cette perpétuelle mise en cause publique depuis plusieurs longs mois du professionnalisme d’Eden Hazard n’est plus acceptable et doit maintenant cesser.

Le sélectionneur dit, nous le citons “dans le monde du travail, dans une famille, dans une vie de groupe entre sportif, il y a des règles à respecter”.

Dès lors, nous posons la question suivante : dans quel travail, dans quelle famille ou dans quel sport a-t-on vu un patron, un père ou un responsable sportif s’en prendre publiquement, et de manière répétée à l’un des siens ?

L’adhésion productive a un projet quel qu’il soit, se gagne par le respect envers chacun des membres, par l’équité et la pédagogie, non par l’autorité et le dénigrement systématique.

Eden Hazard est un jeune homme normal, parfaitement éduqué, un père de famille sérieux, un joueur professionnel n’alimentant jamais les chroniques faits divers.

Le public, qui ne s’y trompe pas, aime sa personnalité et sa simplicité. Il fait l’unanimité absolue auprès des entraîneurs les plus rigoureux comme Van Gaal, Puel ou Ancelotti qui l’ont ardemment désiré dans un passé proche, tout comme Arsène Wenger, Mancini ou Leonardo qui ont souhaité le recruter cet été.

France Football lui a remis l’Étoile d’or récompensant le joueur le plus régulier de Ligue 1, un championnat très exigeant sur le plan physique et athlétique, preuve qu’il ne triche pas.

Surtout, la quasi-totalité des joueurs de Première Division l’a désigné meilleur joueur de la saison, certes pour ses qualités sportives mais également pour sa personnalité et son comportement sur le terrain.

La concurrence ? Lucho, Ayew, Gervinho, Gourcuff, Gameiro ou Nene…

Eden a été lancé à l’âge de 16 ans en Première Division française par Claude Puel dont tout le monde connaît la rigueur absolue et l’investissement total qu’il réclame à ses joueurs.

Surtout Eden entame sa 4e saison avec Rudi Garcia, désigné meilleur entraîneur de France et dont les compétences ne sont plus à démontrer.

De surcroît, au Losc, Eden côtoie quotidiennement des professionnels expérimentés comme Florent Balmont ou Mickaël Landreau qui sauraient recadrer tout élément ne respectant pas les règles de vie du groupe.

Saison après saison, Eden s’améliore. Sa carrière n’est que patience et progression. Les trophées individuels, le classement final de son équipe et toutes ses statistiques personnelles le démontrent. Le nombre de matches joués, le nombre de buts, le nombre de passes décisives et surtout, le concernant, le nombre d’avant dernière passe. Lui qui, sans tirer le moindre penalty et très peu de coups francs, fut à l’origine de 89 % des buts du Losc lors de la saison écoulée.

Malgré son statut en club et la valeur que lui attribuent les plus grands experts mondiaux du football, Eden a toujours été humble en arrivant en sélection.

Dans le jeu comme en dehors, il privilégie le collectif, gardant ses états d’âmes de remplaçant de luxe pour lui-même afin de protéger le groupe, s’efforçant juste d’être décisif à chacune de ses entrées.

Surtout, précision importante, ne commentant jamais les choix du sélectionneur.

Rappelons d’ailleurs le temps de jeu d’Eden Hazard lors des 5 matchs de qualifications ayant précédé le fameux Belgique Turquie.

Turquie – Belgique : 9 minutes

Kazakhastan – Belgique : en tribune

Belgique – Autriche : 10 minutes et une entrée décisive

Autriche – Belgique : 0 minute

Belgique – Azerbaïdjan : 26 minutes et une passe décisive.

Ce fameux 3 juin 2011, frustré comme tout joueur de haut niveau de sortir à l’heure de jeu, au moment précis où il prenait l’ascendant sur la défense turque, après avoir été à l’origine du but belge, Eden a pris sa douche puis est allé se ressourcer 10 minutes auprès des siens, à 10 mètres du stade, avant de revenir aux vestiaires saluer ses coéquipiers et l’ensemble des membres de la délégation.

Il n’a donc quitté l’enceinte du stade qu’une heure trente après la rencontre.

Il n’est donc pas directement rentré chez lui comme certains l’ont laissé entendre…

S’il n’est pas revenu sur le banc, c’était pour ne pas provoquer de réaction du public.

Toutefois et très clairement, le fait ne pas rester dans le vestiaire fut une erreur qu’il reconnut aussitôt. Ce n’était rien de plus que l’expression d’une frustration passagère.

Cela aurait pu être réglé par des excuses auprès du groupe, une amende ou une action auprès d’une équipe de jeunes. Une autre voie a été choisie…

Eden Hazard aime beaucoup trop son pays et le maillot national qu’il porte depuis l’âge de 15 ans pour y renoncer.

Il souhaite apporter sa contribution afin d’aider cette belle génération belge à se qualifier pour les prochaines coupes du monde et y briller avec les Fellaini, Vermaelen, Kompany et autres.

Toutefois, son entourage personnel souffre de la situation et des récurrentes attaques infondées et publiques sur son investissement, son attitude et son professionnalisme.

Si cela devait perdurer, comme tout individu responsable, il serait alors contraint de prendre toutes les décisions utiles pour préserver le bien être des siens et la tranquillité de ses partenaires Diables Rouges qui ont des échéances importantes.

Enfin concernant la suspension de trois matches infligée à Eden Hazard, une sanction que le sélectionneur national qualifié de “légère”, rappelons toutefois à titre de comparaison, que 2 internationaux français de tout premier plan ont reçu une suspension de 3 et 5 matchs pour avoir fomenté une grève en pleine Coupe du Monde.

Nonobstant les réserves que nous avons sur son bien fondé pédagogique et les commentaires l’ayant accompagné, nous laissons le soin à chacun d’apprécier l’équité de la sanction.

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© La Dernière Heure 2011
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