Diables Rouges

Le sélectionneur Roberto Martinez a accordé un long entretien au Soir et à Sud Presse lors du jour de congé offert aux Diables Rouges le lendemain de leur démonstration (3-0) contre l'Egypte. Le Catalan n'a pas révélé de grands secrets, mais est revenu sur sa prolongation de contrat un peu inattendue, qui n'a "rien à voir avec Preud'Homme".

"C'est l'Union Belge qui est venue à moi, pas le contraire", assure-t-il. "Je n'étais d'ailleurs pas dans une position permettant de lancer une quelconque négociation. Elle m'a demandé si j'étais intéressé et après quelques jours de réflexion j'ai dit oui. Parce que la création de la Ligue des Nations va nous permettre de rester mobilisés pour une compétition à enjeu, et que je n'ai pas envie d'arrêter ma relation avec les joueurs...

Au départ, pourtant, Martinez ne se voyait pas remplir les fonctions de sélectionneur belge au délà des qualifications et du Mondial russe. "C'est de toute façon là que je vais être jugé", anticipe-t-il. "Le résultat de la Belgique à la Coupe du Monde va en définitive décider de la suite de ma carrière. Mais c'est vrai qu'à l'origine, après sept ans de Premier League, j'ai choisi un travail moins quotidien et que dans ma tête, c'était pour deux ans. En plongeant au coeur du football belge j'ai commencé à m'intéresser aux jeunes, et à envisager l'éventualité de préparer l'avenir. Est alors arrivée la proposition de travailler durant deux tournois avec cette génération, et j'ai senti que rester était bon pour le football belge...

Le contrat a été prolongé mais sans revalorisation salariale. "Mes exigences en matière d'infrastructures coûtent cher, et je préfère que l'argent de la fédération serve à constamment améliorer nos conditions de travail, plutôt qu'à gonfler mon salaire. De toute façon, si je faisais ce job pour l'argent, je serais resté en Premier League...", résume-t-il. 

Martinez n'a par ailleurs jamais déploré le moindre conflit "communautaire" en équipe nationale. "Quand ils sont ensemble, les gars sont avant tout des footballeurs", observe-t-il à ce propos. "Peut-être est-ce parce que je suis neutre et que la communication se fait en anglais, mais je n'ai jamais senti une différence." Enfin il ne prétend pas gagner la Coupe du monde, mais promet, nuance, qu'il "va essayer". 

"Une seule des 32 équipes qui ne sera ni l'Italie, ni les Pays-Bas, mais peut-être la Belgique, va gagner", rappelle-t-il. "L'objectif sera de jouer le mieux possible. Et si une équipe est meilleure que la nôtre mais que nous avons tout mis en oeuvre, nous devrons tous accepter la défaite..."