Diables Rouges Belgique 4 Bosnie 1

BRUXELLES En ravissant, enfin, leurs supporters reconnaissants, en inscrivant pour la première fois quatre buts sous l' ère Anthuenis, les Diables ont attisé, samedi soir, un vent d'optimisme, bien agréable, dans la maison Belgique.

Certes, la Bosnie loin de son enfer manque singulièrement d'arguments. «Surtout lorsque trois ou quatre de nos éléments, les plus aptes à calmer le jeu l'ont... énervé», déplorait le coach Blaz Sliskovic en incriminant, Beslija et Spahic.

Mais les Diables ont, eux, dévoilé d'intéressants atouts. Emile Mpenza d'abord, plus incisif que jamais, impliqué concrètement dans les quatre buts d'une équipe nationale sûre d'elle, enthousiaste, conquérante, résolue à gagner coûte que coûte. Buffel ensuite, omniprésent sur le plan offensif dans un rôle libre qui lui sied à merveille. Simons ensuite, discipliné, intelligent et inspiré dans sa fonction de régulateur dans une ligne médiane où il a souvent couvert à bon escient un Vanderhaeghe moins prompt que lui à trouver ses marques. Van Buyten et Kompany ensuite, rassurés par l'autorité confirmée de Proto, qui ont constitué un duo qui semble pouvoir voyager.

Ces promesses doivent être confirmées, bien sûr. Mais, samedi soir, ces Diables-là ont démontré qu'ils pouvaient réellement revenir dans la course à la qualification.

Ils n'auraient pourtant pas pu entamer la rencontre de la dernière chance de manière plus calamiteuse. Coupable de base, Vanderhaeghe avait délivré, dans l'axe, une passe latérale aveugle. Beslija avait intercepté le ballon et centré. De la tête, Van Der Heyden l'avait renvoyé dans les pieds de Bajramovic, dont le premier envoi avait rebondi sur le montant en dépit d'une jolie détente de Proto. A la réception, Bajramovic n'avait laissé aucune chance au gardien belge (0-1).

Les Diables n'avaient déjà plus rien à perdre. Ils se ruèrent alors, rageurs comme ils n'étaient plus apparus depuis longtemps, dans une offensive parfois débridée, souvent précipitée mais qui fit vite perdre pied aux Bosniaques. «Bien plus agressifs que nous, les Belges ont remporté tous les duels: ce n'est pas normal», regrettait Blaz Sliskovic.

Par de nombreuses manoeuvres dilatoires, les Bosniaques s'étaient pourtant efforcés de briser l'élan des Diables loin de leur rectangle. Ils ne les ont même pas indisposés.

Au quart d'heure déjà Doll avait propulsé, le long de la ligne de touche, un Pieroni inspiré. La rampe de lancement était idéale. L'Auxerrois s'y était précipité et avait centré en un temps pour Mpenza, idéalement placé à la réception (1-1).

Stimulés, les Diables resserrèrent encore leur étreinte. A la 37e, lancé en profondeur, Mpenza s'engouffra dans le rectangle. Il aurait dû marquer. Son ballon ripa sur les montants et rentra dans le jeu. Emile se racheta quelques minutes plus tard en pesant, dans le rectangle, sur Papac qui tergiversa à l'instant de dégager son camp. Daerden le sanctionna sans pitié (2-1).

Puis Simons engagea à son tour Mpenza sur une voie royale. Irrésistible, le buteur retrouvé des Diables canonna en foulée, victorieusement (3-1).

La victoire, cette fois, était entérinée. Exploitant une déviation de la tête subtile d'un Mpenza non encore rassasié, Buffel l' enjoliva encore, d'un maître envoi dans l'axe, à un quart d'heure de la fin (4-1).

Les Diables avaient bien mérité l'ovation de leur public.

BELGIQUE: Proto; Doll, Van Buyten, Kompany, Van Der Heyden, Vanderhaeghe, Simons, Daerden, Buffel (90e Bisconti), Mpenza (90e + 2 Clement), Pieroni (87e Vandenbergh).

BOSNIE: Hasagic, Spahic, Bajic, Milenkovic, Papac (57e Halilovic), Grlic (73e Juric), Barbarez, Beslija, Bajramovic, Baljic (57e Misimovic), Bolic.

ARBITRE: M. Hrinak (Slq)

AVERTISSEMENTS: Spahic, Beslija, Buffel.

LES BUTS: 1re Bajramovic (0-1), 15e Mpenza (1-1); 44e Daerden (2-1); 54e Mpenza (3-1); 76e Buffel (4-1).

© Les Sports 2005