Diables Rouges Le défenseur belge s'est exprimé sur The Player's Tribune et raconte son parcours chaotique.

A 26 ans, le défenseur du Paris Saint-Germain s'envolera mercredi vers la Russie pour jouer sa première Coupe du monde. Mais tout n'a pas toujours été si facile pour Thomas Meunier.

Avant d'être Thomas Meunier le footballeur, il était Thomas Meunier le facteur. Tout juste trois ans avant de faire ses débuts en tant que Diable rouge, le défenseur distribuait le courrier dans sa région, en Gaume. Tous les matins, Thomas Meunier se levait à 5h du matin, déposait le courrier, rentrait chez lui épuisé. Quelques mois plus tard, Thomas a pris un travail d'assemblage de pièces automobiles dans l'usine Saint-Gobain Autover. "Ce n'était pas non plus il y a longtemps", explique-t-il. "C'était en 2010. Et maintenant, huit ans plus tard, je me prépare à aller défendre mes couleurs à la Coupe du monde."

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Si la vie de Thomas Meunier a tout l'air d'un rêve éveillé aujourd'hui, l'athlète a connu des hauts et des bas. Le tournant dans sa vie: la séparation de ses parents. Le Diable rouge explique que sa mère s'est battue pour qu'il y ait toujours quelque chose dans le frigo. "Elle travaillait comme infirmière entre 6h et 14h tous les jours et allait ensuite faire le nettoyage chez des particuliers pour mettre des sous de côté."

A l'âge de 13 ans, Thomas a obtenu une place dans l'Académie du Standard de Liège. Mais deux ans plus tard, c'est le choc. Le club veut s'en séparer. "Peut-être que cela va sembler drôle, mais pour moi, ce n'était pas un désastre. Ce n'était pas comme si le football était ma seule joie dans la vie. Alors j'ai pensé: 'C'est fini, j'ai fini, je vais aller à l'école maintenant, faire des choses normales, aller au cinéma, profiter de la vie'", a relativisé Thomas. Son rêve de devenir footballeur professionnel tombait donc aux oubliettes.

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Mais il était hors de question pour sa maman qu'il abandonne son rêve de gosse. Elle a téléphoné à l'entraîneur de Virton, club de troisième division, situé dans la province du Luxembourg, qui a aussi vu passer Renaud Emond. "J'ai joué un match d'essai avec l'équipe des jeunes de Virton. Nous avons gagné 15-3 et j'ai marqué 10 buts. L'entraîneur est venu me voir après le match et m'a demandé : 'Quel numéro veux-tu?'" Cette arrivée à Virton a été comme un vent de fraîcheur pour Thomas Meunier : "Je jouais pour le plaisir, pour la passion, pour l'amour du football".

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De plus grand clubs ont tout doucement commencé à s'intéresser au jeune joueur, alors âgé de 19 ans. "Je n'oublierai jamais quand mon agent m'a appelé et m'a dit: 'Le Club Brugge te veut.'" La vie de Thomas Meunier a changé lorsqu'il a signé son contrat avec le club, désormais 15 fois champions de Belgique.

La suite, tout le monde la connait: sélection avec l'équipe nationale pour l'Euro 2016 et transfert au Paris Saint-Germain. L'ascension suprême. Mais peut-être pas encore. "Qu'est-ce que je fais ici? Regarde où je suis", demande-t-il souvent à sa compagne, Déborah, mère de ses deux enfants. "La seule réponse que j'ai trouvée, c'est que c'est le destin."

© Instagram Deborah Panzokou