Diables Rouges

Des concerts de sifflets à un match des Diables, c’était arrivé sous l’ère Wilmots. Mais le public ne visait alors qu’un joueur. Romelu Lukaku eut parfois droit à ces coups de sifflets. Pas autant que Steven Defour en 2014, quand il était revenu à Sclessin en Diable juste après avoir signé avec Anderlecht.

Mais pour se rappeler d’un match où les supporters sifflent à ce point les Diables dans leur ensemble, il faut remonter à… 2006. Pour le premier match des qualifications de l’Euro 2008, l’équipe de René Vandereycken avait signé un partage scandaleux (0-0) face au Kazakhstan…

"Ces sifflets nous ont un peu surpris. Je peux comprendre les supporters mais moi, je ne sifflerais jamais ma propre équipe", avance Vertonghen.

Mais le public du stade Roi Baudouin l’a fait. C’est là le signe d’une évidente cassure entre les Diables et une bonne partie de leurs supporters, survenue le 1er juillet dernier à Lille. Au lieu de les rapprocher, ce match contre l’Espagne a encore creusé le fossé…

Il n’y avait que 31.446 spectateurs contre l’Espagne. Combien y en aura-t-il face à la Bosnie le 7 octobre ? Cela dépendra de mardi.


Alderweireld : "Le public a raison, mais pas entièrement"

Les critiques dont ils ont fait l'objet dans la presse, après leur défaite contre l'Espagne, 0-2, jeudi soir en match amical au Stade Roi Baudouin, mais aussi les sifflets du public pendant le match et surtout à leur rentrée au vestiaire, ont passablement gâché les retrouvailles des Diables Rouges.

"C'est dommage mais cela fait partie du job", admet toutefois Toby Alderweireld, relativement blindé avec ses 62 capes. "Il faut comprendre les gens, déjà très déçus de l'élimination contre le Pays de Galles en quart de finale de l'Euro, qui s'étaient déplacés pour assister au renouveau incarné par Roberto Martinez. Or ils n'ont rien vu du tout, ou plutôt une démonstration de la Roja qui faisait quasiment tout ce qu'elle voulait. Ces sifflets sont donc logiques. Mais les gens doivent aussi comprendre que sans leur soutien on n'y arrivera pas ou beaucoup plus difficilement. Et aussi que ce n'est pas une question de mentalité comme je l'ai lui et entendu un peu partout. Les Espagnols monopolisaient le ballon comme aucune autre équipe ne sait le faire aussi bien. Du coup on n'arrivait jamais à l'intercepter et on arrivait toujours en retard. Ce n'est pas normal, bien sûr, mais cela a aussi donné la fausse impression qu'on ne se livrait pas à fond. Or tout le monde a donné tout ce qu'il avait".

"C'est donc au niveau du jeu qu'il faut pointer les manquements", poursuit Toby Alderweireld. "On avait au départ l'intention d'imposer le nôtre, mais c'est l'Espagne qui a dicté sa loi. Elle nous a montré le niveau à viser pour espérer atteindre nos objectifs, et on va maintenant travailler dans cette optique. Le nouvel entraîneur a besoin d'un peu de temps. Il sait où on en est et où il veut nous mener. On ne peut cependant pas tout changer en une semaine et il va falloir s'adapter. Mais en attendant on ne peut plus perdre autant de ballons et de duels que jeudi. C'est élémentaire. On a en effet absolument besoin d'un bon résultat à Chypre. Il faut rester positif et s'efforcer de réaliser ce que l'entraîneur demande. On me dit que je dois davantage jouer un rôle de leader mais ce n'est pas facile car je suis déjà très occupé par ma propre prestation. Je suis cependant toujours prêt à aider ou conseiller les autres. Peut-être qu'on ne s'engueule pas assez, mais ce n'est pas facile non plus. Même pour Vincent (Kompany, ndlr) quand il est là. Enfin j'espère que mardi à Chyptre, on effectuera un premier petit pas dans la bonne direction. Et surtout qu'on gagnera car il nous faut ces 3 points", conclut Toby Alderweireld.