Diables Rouges Le défenseur est de nouveau blessé. Ce qui pose problème à City mais aussi aux Diables.

Plus que jamais, ce lundi, le ciel de Manchester a été baigné d’une teinte bleue. De la couleur des maillots des joueurs de City victorieux d’un derby qui a assis leur pouvoir sur la ville, mais aussi sur tout un pays. À l’horizon, un nuage apparaît. Un rien menaçant.

Pour la 38e fois depuis son arrivée en Angleterre, Vincent Kompany s’est blessé. Le Diable n’est pas ressorti des vestiaires à la mi-temps et le ton de Guardiola au moment d’évoquer cette nouvelle péripétie a oscillé entre le pessimisme et l’abattement.

"Kompany est blessé. Vincent est comme cela. Nous ne pouvons pas compter sur lui sur de longues périodes", a soupiré le Catalan qui, depuis son arrivée la saison dernière, a dirigé City à 80 reprises dont 22, seulement, avec son défenseur. Les chiffres dessinent une réalité cruelle. Mais, au final, vu le flou qui entoure cette nouvelle blessure, ils résument assez fidèlement la situation du Diable qui charrie son lot d’interrogations. En creux se dessine une question majeure : celle de son avenir.

Son année 2017 apparaît presque aussi noire que 2016. L’an passé, Kompany avait pris part à 15 rencontres. Son compteur en affiche pour l’instant 19, dont trois avec la sélection. Mais la différence se situe cette fois dans le caractère des blessures.

Le 28 janvier, après une absence de plus de deux mois suite à un choc malencontreux avec son coéquipier Claudio Bravo, son come-back ne dure qu’un match. Derrière, un nouveau souci, a priori sans gravité, au mollet. La sémantique de Pep Guardiola prend alors tout sens. "Il a ressenti quelque chose à la jambe pendant un entraînement, mais je ne pense pas que cela soit grave."

Sauf que cela a débouché sur une absence de plus de deux mois. Même phrasé, autre contexte et acteur différent : Roberto Martinez, après la rencontre contre Gibraltar au tout début du mois de septembre, pose un diagnostic rassurant au premier abord.

"Ce n’est pas trop grave", affirme-t-il en prélude d’une éclipse qui a duré jusqu’au 18 novembre… Le passif de Kompany est tel qu’avec lui, les jours deviennent des semaines. Et qu’un flou enveloppe chacun de ses pépins. Pour preuve, la nature de ses blessures ne filtre plus. Encore moins que la durée de ses absences.

Son problème réside désormais dans la récurrence de ses fameuses absences : le théorème qui veut qu’il existe un City avec lui et un City sans lui est révolu, vu le degré de performances cette saison de Nicolas Otamendi et John Stones. L’Anglais s’est blessé et sera absent jusqu’à la fin du mois de décembre, ce qui ne laisse à Pep Guardiola que trois défenseurs de métier : Otamendi, Eliaquim Mangala et le jeune Tosin Adarabioyo qui, lors du derby, ne figurait même pas dans le groupe.

Quand Kompany est sorti, Guardiola a préféré innover en replaçant Fernandinho en défense central, ce qui, au passage, en dit long sur le crédit qu’il semble porter à Mangala.

Mais, puisque le bricolage a ses limites, le besoin de recruter un défenseur central en janvier apparaît de plus en plus prégnant vu la fragilité de Kompany qui a fait de la Russie son dernier grand objectif en sélection.

Là-aussi, les Diables ont appris la vie sans lui. Au niveau du leadership, Eden Hazard s’est imposé en tant que capitaine. Sur le terrain, Toby Alderweireld s’est imposé comme le patron de la défense de Roberto Martinez. Si Kompany lui-même assurait encore sur Sky "être plus fort que n’importe qui mentalement", il avait précisé dans la foulée "ne pouvoir rien promettre concernant sa santé". Ce qui s’est malheureusement une nouvelle fois vérifié.

© IPM
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