Anderlecht Le dilemme : Anderlecht peut gagner 1 million en se qualifiant mais peut en perdre 20, vu son programme chargé.

21 degrés, ciel ensoleillé, petite brise du sud-est. La météo à Nicosie en ce début mars nous fait plus penser aux vacances qu’au football. Quel contraste avec la neige de Saint-Pétersbourg, il y a deux semaines.

Seulement, les 20 Anderlechtois ne sont pas au paradis du soleil pour prendre quelques jours de congé. L’enjeu : les quarts de finale en Ligue Europa. Voilà exactement 20 ans (en 1997, contre l’Inter Milan) qu’Anderlecht n’a plus atteint ce stade en Coupe d’Europe. "Et si on affronte Gand ou Genk au tour suivant, on peut même rêver d’une demi-finale", lâchait quelqu’un de la délégation.

Pourtant, les sentiments sont mitigés au sein de la direction. Éliminer l’Apoel est une question de prestige, mais pas une question de gros sous. La prime de l’Uefa pour la qualification s’élève à 1 million d’euros. Une chouette somme pour un club comme Westerlo, 2,2% du budget d’un club comme Anderlecht. Et surtout : deux matches supplémentaires en avril alourdiraient considérablement le calendrier des playoffs.

En effet, les quarts se jouent le 13 et 20 avril. C’est entre la journée 2 et 3 et entre la 3 et 4 des playoffs. En avril 2015, le Club Bruges s’était fait éliminer par le Dnipropetrosvk après un 0-0 à l’aller et un 1-0 au retour. Ces deux matches lui avaient coûté le titre. Le Club et les autres clubs belges juraient que cela ne leur arriverait (plus) jamais.

Le titre et la qualification directe pour la Ligue des Champions sont donc en danger à Nicosie. Anderlecht peut remporter 1 million mais peut en perdre 20.

En effet, malgré les efforts de - par exemple - Michael Verschueren dans l’ECA (European Club Association), la différence entre les primes Uefa en Ligue des Champions et en Ligue Europa sont énormes..

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Le parcours de Bruges et d’Anderlecht cette saison-ci en est la meilleure illustration. Anderlecht a dû se qualifier via un tour préliminaire, a obtenu 11 points en poules et s’est qualifié pour les 1/16e finale. En primes, le RSCA a empoché 6,29 millions d’euros (voir tableau). Malgré son 0 sur 18, Bruges a gagné 12,7 millions. Et aussi bien les recettes de match que l’argent télé sont également beaucoup plus élevés en C1 qu’en Ligue Europa.

René Weiler a donc reçu un message clair de sa direction. Il ne se fera pas taper sur les doigts s’il est éliminé. Par contre, le titre est une obligation. Le Suisse va donc titulariser la même équipe qu’en Russie, même si l’adversaire de dimanche n’est que Waasland-Beveren. La cataloguer d’équipe B serait peu respectueux envers un Stanciu, Deschacht ou Ruben. Mais il est clair que le onze de ce soir n’est pas l’équipe préférée de Weiler.

Et les joueurs ? Que ce soit on the record (comme Dendoncker et Spajic, lire ailleurs dans ces pages) ou off the record : ils veulent tous gagner. Les scouts de grands clubs ne sont pas intéressés par leur prestation contre Waasland-Beveren. La Coupe d’Europe - même la Ligue Europa - est une vitrine beaucoup plus intéressante...

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Teo titulaire ? Weiler lui a parlé…

Weiler et Dendoncker confirment que le groupe veut se qualifier : "Mais ce sera dur !"

René Weiler ne va pas titulariser son meilleur onze, mais Lukasz Teodorczyk pourrait quand même figurer au coup d’envoi. Au début de l’entraînement, René Weiler l’a pris à part ; les deux hommes ont parlé pendant une minute.

Un peu avant cela, à la conférence de presse de l’UEFA, le Suisse n’avait pas voulu donner d’indices par rapport à son équipe. "Ce sera un mélange. Je n’ai pas d’équipe pour le championnat belge et une autre pour la Coupe d’Europe. Seulement, dans mon noyau actuel, je dispose de plus de joueurs qui peuvent figurer dans le onze de base."

Aussi bien Weiler que Leander Dendoncker, désigné à ce même point de presse, le confirmaient : le groupe veut se qualifier. Weiler : "On a deux objectifs : le titre et arriver le plus loin possible en Coupe d’Europe. Physiquement, on n’a pas encore eu de problèmes. On aura encore du temps pour préparer les playoffs."

Et Dendoncker : "Tout le monde veut se qualifier. On est en train de réaliser un beau parcours, surtout en éliminant une grande équipe comme le Zenit. Je connais moins l’Apoel - c’est une bonne équipe - mais on ne veut pas que notre aventure s’arrête ici."

Weiler sait que ce ne sera pas une promenade de santé dans ce stade comble. "L’Apoel est une bonne équipe qui est forte sur phases arrêtées et qui a de bonnes individualités. L’équipe domine le championnat chypriote et a envie de se montrer à l’Europe. La défense est très expérimentée : je crois qu’ils ont tous plus de 30 ans. C’est difficile de gagner ici. Il faudra être très bon pour se qualifier."