Anderlecht Le trio Coucke - Devroe - Vanhaezebrouck met le Club sous pression en lui laissant le rôle de grand favori pour le Topper et le titre.

Le président, le directeur sportif et l’entraîneur d’Anderlecht ont pris la parole à la veille du match de l’année contre Bruges. Leur stratégie était bien définie avant leur conférence de presse : énerver le leader tout en lui laissant le rôle de favori.

Marc Coucke était le premier à enfiler le costume d’underdog. "Le Club Bruges est la meilleure équipe de la saison. Bruges est favori. mais nous nous focalisons sur la seconde place. Un point serait excellent. Mais bon, on ne sait jamais. Nos joueurs ont de plus en plus confiance. Tout le monde sera nerveux, et ce sera un match passionnant. Personne n’aurait cru cela, il y a deux mois."

Luc Devroe faisait sa première apparition devant les médias depuis son arrivée à Anderlecht. Dans un français très correct, il augmentait encore un peu le statut de favori de Bruges. "Il nous faudrait un 12 sur 12 pour espérer être champion . Mais cette saison, nous n’avons jamais gagné quatre fois de suite. Cela dit : une fois suffirait…"

Un argument pour motiver les troupes est le 5-0 du mois de décembre. "Il faut effacer cette honte, prétend Devroe. L’incertitude, suite à la revente du club, n’est plus une excuse. Depuis quelques semaines, l’ambiance dans le groupe est meilleure."

La conclusion de Devroe : "On doit y croire, mais être champion est quasiment mission impossible depuis le mois de décembre. Le premier objectif est la seconde place, qui nous qualifierait pour le dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions et - en cas d’élimination - pour les poules de la Ligue Europa."

Et si par miracle c’est 0-1 à la 93e, Luc ? "Là, on y croirait à nouveau à fond."

Le dernier mot est pour Hein Vanhaezebrouck, spécialiste de la déstabilisation d’un adversaire via les médias. D’abord, il a jeté de la poudre aux yeux de Bruges. "Ce sera très difficile. À domicile, Bruges est très fort. Il gagne plus du double de points dans son propre stade. Et le public met la pression sur tout : sur l’adversaire, sur l’arbitre, sur le 4e arbitre…"

Puis, il a - à son tour - tenté de faire douter Bruges. "Tout est possible dans le football. Sinon, l’AS Rome n’aurait pas joué la demi-finale de la Ligue des Champions. Je ne veux donc voir aucun joueur qui n’y croit pas. On va se donner à fond. Le 5-0 de décembre ? Je ne m’en souviens plus. Je me rappelle surtout le 1-0 du mois passé. Nous étions beaucoup plus forts. Nous avons énormément progressé, comparé au mois de décembre. Et si on gagne, la pression sera énorme sur Bruges, qui aurait encore deux matches à l’extérieur. Cela pourrait encore être un sprint final intéressant…"

Bien essayé, Hein. Voilà ce qu’Ivan Leko doit se dire en lisant son journal ce matin. Mais si ces paroles allait vraiment perturber ses joueurs ? On en doute…