Anderlecht

Quand il débarque en conférence de presse, Patrick Valcke, le responsable des relations médias du RC Lens, fait remarquer à l’assemblée que Pablo Chavarria ne rechigne pas à s’exprimer en français.

"Mais c’est encore un peu difficile. Je suis timide", justifie dans un sourire l’Argentin. "Parler à tout le monde, c’est moins simple que de parler en tête à tête."

En tête à tête justement pour la DH qu’il avoue lire encore, l’attaquant s’est ensuite plus livré, prenant le temps de revenir sur sa belle saison actuelle à Lens, mais aussi sur ses années belges avec un mot-clef : confiance.

Pablo, vous avez inscrit neuf buts en vingt-deux matches. Vous n’aviez jamais marqué autant depuis le début de votre carrière, comment l’expliquez-vous ?

"C’est la confiance avant tout. Comme beaucoup de Sud-Américains, je marche à la confiance. Le coach m’en donne beaucoup, le staff aussi. C’est pour cela que je suis content et que j’arrive à marquer. Je savais que j’en étais capable, que j’avais le niveau pour le faire. À Eupen, je suis resté cinq mois et j’ai marqué sept buts en quatorze matches. C’est donc d’abord une question de confiance."

Votre style et vos performances ont fait de vous le chouchou des supporters. Vous sembliez fait pour vous entendre…

"Oui, ils sont tout le temps derrière nous. À chaque match, ils sont 30.000 à domicile, cela donne de la confiance. C’est un plaisir. Le public d’ici me rappelle avec son côté passionné celui qu’on trouve en Argentine."

De Belgique, les gens ont parfois du mal à percevoir le fait que vous avez rallié un club en Ligue 2 certes, mais qui voit grand.

"Oui. Je connais bien l’histoire du club. C’est pour cela que j’ai choisi de venir ici. Le coach m’a parlé, le président également. Ils m’ont montré qu’ils avaient confiance en moi. La Gantoise avait fait une proposition, Courtrai était intéressé jusqu’au bout, mais c’était compliqué en termes de contrat. Et Lens était plus intéressé, c’est pour cela que j’ai choisi de venir."

Vous parlez de confiance, vous ne semblez jamais en avoir bénéficié à Anderlecht…

"Jamais. J’ai fait six mois seulement là-bas. C’était compliqué en venant directement d’Argentine. Je n’ai pas eu d’opportunités de jouer. J’ai joué trois matches puis après, je rentrais en jeu dix ou quinze minutes. Tu ne peux pas être à 100 % dans ces cas-là."

Vous éprouvez des regrets ?

"Non, pour moi, c’est fini. C’est Lens maintenant qui profite de mes services. Mais, si c’était à refaire, je resignerais à Anderlecht. Sur le moment, c’était le meilleur choix. Je suis content d’être passé par là car je me suis adapté à l’Europe et cela m’a fait du bien. J’ai appris des choses et je ne regrette pas d’être passé par Anderlecht."

Cet été, vous y étiez revenu de vos prêts à Courtrai avec une idée : vous y imposer…

"Oui. Je crois que j’étais à 100 %. Même mes coéquipiers m’ont dit que j’avais fait une très bonne préparation. Mais après, le coach et les dirigeants en ont décidé autrement. J’aurais mérité ma chance. Je pense que j’avais les qualités pour jouer à Anderlecht."