Anderlecht

Jean Fernandez, le coach d’Auxerre, vient d’éliminer le club russe

AUXERRE 22 matches, 16 victoires, 5 petits nuls et une seule et unique petite défaite.

Avec ses incroyables statistiques, le Zénith Saint-Pétersbourg a des allures de machine de guerre. Un petit grain de sable est venu enrayer la belle mécanique russe. Un petit grain de sable qui a bouté les hommes de Luciano Spaletti hors de la Ligue des Champions. Après avoir perdu le match aller 1-0 au stade Petrovskyi, Auxerre s’est imposé 2-0 sur ses terres, s’offrant ainsi le droit de participer à la phase de groupes de la C1 . “Un exploit” , au dire de l’entraîneur auxerrois, Jean Fernandez. Le technicien s’est replongé pour nous dans cette double confrontation et décrypte le Zénith. Forcément instructif pour les Anderlechtois.

Un bloc solide

Quand on lui parle du Zénith, le premier mot qui vient à la bouche de Jean Fernandez claque comme une évidence : “solide”.

Une solidité importée d’Italie par Luciano Spaletti. “C’est un bloc solide. Ils défendent bien, avec beaucoup de rigueur qu’a amenée Monsieur Spaletti. Ils évoluent en 4-3-3 avec des jou-eurs qui se replient en perte de balle. Seul Kerzhakov reste devant. À part lui, tout le monde travaille à la récupération.”

De brillantes individualités…

Que ce soit en défense, au milieu ou en attaque, le Zénith peut compter sur des individualités capables de faire la différence.

“Derrière, c’est costaud dans l’axe avec Bruno Alves. Les latéraux Anyukov et Hubocan aiment bien monter, ce sont des bons joueurs. Shirokov est très fort dans l’entrejeu. Et devant, ils sont capables de faire la différence avec des individualités. Devant, Lazovic, l’ancien du PSV, est costaud. Kerzhakov prend bien les espaces et va très vite. Mais le danger numéro 1 que nous avions identifié, c’est Danny.”

…contrées par un collectif

La victoire auxerroise, c’est un peu celle du collectif où aucune tête ne dépasse face à une équipe de stars. Jean Fernandez ne s’en cache pas. “Oui, c’est le collectif qui a primé. Chez nous, les joueurs n’ont pas de qualités au-dessus de la moyenne à part Jelen qui est capable de marquer 15 buts par saison. Le Zénith, ce sont de grands joueurs, mais qui sont peut-être un peu moins collectifs que nous .”

La preuve par l’exemple : pour contrer les deux latéraux Anyukov et Hubocan, Fernandez leur a collé dans les pattes les très rapides Contout et Oliech qui se sont sacrifiés pour le collectif. Choix payants, les deux défenseurs ont souffert le martyre.

La clé défensive : un bloc compact et très bas

Pour museler Danny et les autres attaquants russes très à l’aise dans la profondeur comme Kerzhakov, Auxerre a misé sur un de ses points forts “défendre bas et ne pas laisser beaucoup d’espace dans notre dos” , comme l’explique Fernandez.

“Le bloc était positionné bas et nous a permis de jouer le contre. Le Zénith est une équipe avec de bon joueur de ballon, mais il faut les priver d’espace. Surtout Danny. Ils sont un peu tributaires de lui. Si on lui laisse de l’espace et qu’il se retourne, cela devient très compliqué.”

La clef offensive : les phases arrêtées

Auxerre a marqué deux buts sur ses deux premiers corners. Sur le premier, Cédric Hengbart a pris le meilleur sur Fernando Meira au point de penalty. Sur le second, la déviation au point de penalty de Coulibaly a trouvé Jelen au second piquet qui a trouvé la faille acrobatiquement.

Voir les Auxerrois marquer sur phases arrêtées, tout sauf un hasard. “Le Zénith laisse systématiquement trois attaquants devant lors des corners défensifs. Ce qui nous a obligés à laisser quatre défenseurs. Cela limite la couverture des espaces et ils ne placent aucun joueur au premier, ni au deuxième piquet. Hengbart marque d’une tête le premier but au premier piquet, le deuxième but de Jelen vient au deuxième piquet.”

Est-ce le talon d’Achille des Russes ? “Je ne sais pas. Le Zénith encaisse vraiment très peu de buts. On avait analysé ça, ils avaient encaissé en championnat deux buts sur penalties et très, très peu dans le jeu. Ils ont été déficients dans ce secteur-là contre nous.”

Quels conseils pour les Sporting ?

“C’est compliqué pour moi de donner des conseils à Anderlecht qui est une très bonne équipe. Je connais Ariël Jacobs de réputation, c’est un très bon entraîneur. Je pense que le Zénith est très fort défensivement et ne laisse pas beaucoup de possibilité à l’adversaire de marquer des buts. Il faut savoir saisir les opportunités qui se présentent. Voilà, il faut être costaud défensivement et saisir les opportunités. Et bonne réussite à Anderlecht.”



© La Dernière Heure 2010