Anderlecht Lors de son arrivée à Anderlecht, Sven Kums nous avait donné une interview qui se révèle sous un tout autre jour aujourd’hui.

Mercredi matin, l’ambiance semblait tendue à l’aéroport de Munich. Avec son visage qui laisse rarement transparaître ses émotions, Sven Kums s’est assis tranquillement près de Matz Sels en attendant l’avion. Roger Vanden Stock est venu lui parler quelques minutes, cela ressemblait à des mots de réconfort.

Juste avant, c’était un mot d’excuses qui avait été posté sur le site officiel du RSCA. "Dans le feu de l’action, j’ai dû laisser tomber mes équipiers et les fans. Je voudrais m’en excuser. L’équipe a très bien joué et on doit continuer comme ça", disait Kums. Cela s’est limité à ça mais l’ancien Gantois aurait sans doute voulu en dire beaucoup plus. Sur son positionnement, sur sa relation avec René Weiler, sur l’attitude de la direction… Mais ce n’est pas demain la veille qu’il pourra s’exprimer réellement dans une interview. En tout cas pas dans une interview accordée officiellement par Anderlecht.

Il y a deux mois , Kums avait pu parler quand tout allait bien. C’était lors du stage en Autriche. Les thèmes abordés n’étaient pourtant pas fort différents de ce qu’on aimerait lui demander maintenant. Et ses réponses prennent aujourd’hui une tout autre valeur quand on connaît sa situation.

Ironie du sort, il avait même évoqué le poste de défenseur central. "En Réserve, à Anderlecht, je jouais en défense car il y avait embouteillage de bons joueurs au milieu." Il en avait rigolé confortablement assis dans le lobby du bel hôtel où résidaient les Anderlechtois à Saalfelden.

Mais si ce souvenir relève surtout de l’anecdote, les autres sujets abordés étaient très sérieux. À cette époque déjà, on se demandait si le Soulier d’Or 2015 pourrait se fondre dans la philosophie de jeu particulière de Weiler, si différente de ce que Vanhaezebrouck lui demandait à Gand. "À Udinese, je ne me suis pas plu car Delneri exigeait un jeu direct, pas du tout comme Hein. Je sais qu’Anderlecht jouait aussi de manière directe la saison dernière mais ça ne me fait pas peur. Je trouve qu’Anderlecht doit être dominant et j’espère que ce sera le cas cette année."

Kums ne connaissait alors Weiler que depuis quelques jours. Il ignorait alors que le Suisse était du genre à mourir avec ses idées. Là aussi, on avait évoqué la personnalité de Weiler lors de l’interview. "Je l’ai appelé avant de signer. On s’est parlé et j’espère qu’il changera de style de jeu cette saison. Mais je n’ai pas opté pour Anderlecht pour le coach mais pour le club."

Cet été, Kums pouvait aussi signer à Gand où il aurait retrouvé son mentor mais l’idée de revenir dans son club formateur par la grande porte et de disputer la Ligue des Champions avec le maillot mauve et blanc sur les épaules le séduisait. Bien plus que celle d’un retour à Gand où "il était impossible de faire mieux" que ce qu’il avait vécu avec Vanhaezebrouck. Tiendrait-il encore le même discours après le clash de Munich ? On se permet de fortement en douter…