Anderlecht

Les Mauves sont redescendus les pieds sur terre après avoir été surclassés par Malaga à domicile

BRUXELLES Après le nul décroché à Milan, Anderlecht espérait bien poursuivre sur sa lancée face à Malaga. Un club qui a connu bien des soucis à l'inter-saison. Sauf que les tracas liés aux caprices de son puissant mécène semblent être oubliés. Troisièmes de la Liga derrière l'Atletico Madrid et l'intouchable Barça, les bleus et blancs détruisent tout sur leur passage. Le Betis Séville, qui s'est pris 4 buts dans la vue ce week-end, pourra le confirmer. Qu'à cela ne tienne, Anderlecht avait lui aussi rendu une belle copie contre Lokeren. Certes, le niveau est loin d'être le même...

L'hymne de la Ligue des Champions, qui n'avait plus retenti au stade Constant Vanden Stock depuis des années allait-il donner des ailes aux Sportingmen ? Malheureusement, il n'en fut rien... Dès les premières minutes, Malaga impose son rythme. Et démontre que les géants de Castille et de Catalogne n'ont pas le monopole du beau jeu en Espagne. Anderlecht tente de répondre via son buteur maison Dieumerci Mbokani. Pas de chance, le Congolais tire la tête des mauvais jours. Jamais dans le coup, il manque plusieurs occasions. Au quart d'heure, il est alerté par Deschacht mais est beaucoup trop statique pour reprendre le ballon. Symptomatique du jeu anderlechtois. Si les idées sont là, la vitesse fait défaut.

Plus vite, plus haut, plus fort

La rapidité d'exécution, voila une chose que les hommes de Pellegrini ont parfaitement acquise. Après 20 minutes de jeu, Joaquin exploite un flanc droit mauve bien faiblard pour alerter Proto via Monréal. Celui-ci sort un bon match et sauve son équipe à plusieurs reprises, notamment sur une frappe d'Isco à la 29e.

A la 27e, Mbokani rate l'immanquable sur une passe de Kouyaté. Pas de regrets, Dieumerci était en position de hors-jeu. Mais le manque de clairvoyance de l'attaquant bruxellois n'augure rien de bon. D'autant plus que personne n'est capable de montrer le bout de son nez devant Caballero. Le public anderlechtois doit se contenter d'une frappe trop enlevée de Kanu à la demi-heure. Un peu maigre pour un retour dans le grand bal européen...

Sept minutes plus tard, énorme alerte pour Silvio Proto. Suite à une combinaison en triangle sur coup franc, Malaga est à deux doigts d'ouvrir le score. Ces deux doigts, ils appartiennent à Proto. Le portier bruxellois repousse la frappe de Javier Saviola grâce à un invraisemblable réflexe. Ouf, les Mauves arriveront à garder le marquoir à 0 avant de rentrer aux vestiaires. Un miracle tant les Andalous ont dominé les débats. Et pourtant ! A quelques secondes de la mi-temps, Eliseu explose la lucarne de Proto d'une frappe surpuissante. Déjà auteur d'un beau tir après 15 minutes, il plonge le stade dans le chaos grâce à une véritable patate. Le miracle est terminé pour Anderlecht, le festival peut débuter pour Malaga.

Le Sporting mangé à la sauce anda-loose

En deuxième période, le même schéma reprend. Anderlecht tente, mais n'y arrive décidément pas. Pire, à la 57e, Kouyaté, replacé en défense centrale à la mi-temps par van den Brom, concède un pénalty. Joaquin bat Proto d'une frappe limpide et pleine de sang-froid. C'est 0-2, et on a le sentiment que ce n'est pas fini. En effet, 10 minutes plus tard, Eliseu s'offre un doublé. De nouveau prise de vitesse, la défense anderlechtoise laisse filer le Portugais, qui met le 3e but d'une pichenette lumineuse. La force de frappe, la fluidité, l'expérience, le Sporting est dépassé par des adversaires nettement supérieurs. Les Mauves sont au bord de l'implosion quand ils prennent 3 cartes jaunes en 6 minutes. Kouyaté, Mbokani et Wasyl écopent chacun à leur tour d'un bristol qui pourrait coûter cher dans les prochains matches.

Si les Andalous sont moins dangereux lors des 20 dernières minutes, Anderlecht ne montre lui plus rien du tout. Un tir de Biglia qui termine dans les nuages est à l'image de l'équipe: inoffensif. Un véritable aveu d'impuissance.

Un calvaire qui s'exprime aussi au niveau de stats. En 80 minutes de jeu, Anderlecht a tiré 8 fois au but, touchant la cible à 4 reprises. Soit la moitié que ce qu'ont réalisé leurs opposants. Un chiffre à la fois éloquent et inquiétant avant d'affronter le Zenit Saint-Pétersbourg. Battu à domicile par l'AC Milan (2-3), le club d'Axel Wistel et Hulk n'a pas encore glané le moindre point dans le groupe C. Pas de quoi rassurer les Mauves, même si ces-derniers affichent une unité de plus au compteur. Malaga trône en tête grâce à son 6/6, suivi par Milan et ses 4 points. Bref, si rien n'est encore perdu pour Jova, Gillet, Kanu et les autres, il s'agira de montrer un tout autre visage face aux Russes le 24 octobre prochain. Un visage conquérant, celui que l'on est en droit d'attendre d'un champion.

"Une différence très nette", admet van den Brom

Le coach d'Anderlecht John van den Brom a été contraint de reconnaître à l'issue de la défaite 0-3 face à Malaga en Ligue des champions que l'adversaire espagnol des Bruxellois était bien plus fort.

"Bienvenue au sommet du football européen", a déclaré d'entrée de jeu le coach néerlandais au micro de 2BE. "Nous devons constater que nous sommes encore éloignés du top européen car aujourd'hui nous avons été nettement battus. Quand tu joues devant ton public, tu espères avoir ce petit quelque chose en plus. Mais nous n'en avons pas été capables", a poursuivi van den Brom.

Malaga a impressionné le coach d'Anderlecht. "Le respect que j'avais pour Malaga est encore plus grand. Face à une telle équipe, tu dois espérer être dans un très bon jour et que ton adversaire ne le soit pas. Or c'était juste le contraire ce soir. Malaga était au top, pas nous."

"Malaga était deux fois plus fort", reconnaît Proto

Le gardien d'Anderlecht Silvio Proto a longtemps gardé Anderlecht dans le match face à Malaga, avant de céder sur une frappe imparable d'Eliseu. Les Bruxellois se sont finalement inclinés 0-3 face aux Espagnols, qui étaient une classe
au-dessus d'Anderlecht.

"Cette défaite fait mal, mais nous ne méritions pas mieux", a honnêtement déclaré Proto au micro de 2BE. "Nous n'étions pas dans le match et avons manqué d'agressivité. Il y avait une différence très claire au niveau de la mentalité affichée entre les deux équipes. Malaga était tout simplement deux fois plus fort aujourd'hui. Dommage que nous n'ayons pas pu rivaliser", a conclu le portier bruxellois.