Anderlecht

Le Congolais tient la forme de sa vie. Grâce au 4-4-2 et à ses qualités mentales

BRUXELLES Les défenseurs montois ne sont pas rassurés. Car en ce début de saison, les adversaires directs de Mbokani n’ont rien pu faire d’autre que constater les dégâts. Ce fut encore le cas dimanche dernier au Cercle, où le Congolais a signé le triplé.

“Je n’avais encore jamais vu Mbokani aussi costaud” , s’étonne le Brugeois Bernt Evens. “Il peut être décisif à tout moment et il ne perd pas un seul ballon! C’est un danger constant. Quand il atteint ce niveau-là, la Belgique devient clairement trop petite pour lui.”

Les coéquipiers d’Evens ont également vu 36 chandelles, comme le raconte Gillet. “Pendant le match, les joueurs du Cercle me disaient que ce n’était pas normal d’être aussi fort! Il a une telle facilité.... En plus, il reste toujours très calme, il ne va jamais se vanter.”

Voilà peut-être un élément important lié au renouveau de Mbokani: il fait preuve de qualités mentales insoupçonnées.

“En plus de ses qualités techniques et physiques, Dieu est quelqu’un qui possède une grande intelligence footballistique” , souligne Roland Juhasz. “Sur un terrain, il est toujours plus malin que les autres. Il sent le jeu comme personne. Tous ces atouts font de lui un super attaquant.”

Cheikhou Kouyaté, très proche de Mbokani, est encore plus affirmatif: “Je le dis et je le répète depuis longtemps: Dieu est le meilleur attaquant de Belgique. Je reviens des JO où j’ai affronté de grands joueurs comme Cavani et Suarez. Je peux vous dire que Dieu n’a rien à leur envier. Il a les mêmes qualités. Faut juste qu’il reste bien discipliné” , conclut le Sénégalais en se marrant.

Le travail de fond d’Anderlecht, qui a tout fait pour que Mbokani se sente bien dans le club, a donc payé. Mais la forme éblouissante actuelle du Congolais a aussi une explication tactique: le nouveau schéma en 4-4-2 lui permet d’encore mieux s’exprimer.

“La saison dernière, Mbokani avait toujours deux ou trois joueurs qui le collaient” , remarque Jovanovic. “Maintenant, il est beaucoup plus libre. Il peut laisser exploser son talent et faire très mal aux défenses.”

Ce système a en effet fait des ravages grâce, aussi, au travail de l’ombre de De Sutter dont profite Mbokani, qui lui-même libère des espaces pour les joueurs de couloir. Evens l’a constaté: “Mbokani monopolise jusqu’à... trois ou quatre joueurs, car les arrières d’aile sont obligés de venir couvrir les défenseurs centraux. Cela laisse des espaces, notamment pour Jovanovic, qui sent toujours bien les coups.”

John van den Brom semble avoir eu le nez fin. Mais l’entraîneur néerlandais risque aussi de voir le revers de la médaille, si Mbokani s’en va.

“C’est vrai qu’on se demande parfois ce que Mbokani fait encore en Belgique” , concède Gillet. “À tout moment, un club russe peut faire une offre pour Dieu. Mais j’espère que les recruteurs sont restés aveugles... Dieumerci est épanoui ici et Anderlecht fera tout pour le garder. La Ligue des Champions va peser: à nous, donc, d’éliminer Limassol...”



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