Anderlecht Stefano Okaka a tenu à rassurer les supporters : "Je veux marquer beaucoup".

Les tests médicaux en matinée à Gand, un petit resto (italien, évidemment) à midi puis la conférence de presse en fin d’après-midi : la première journée anderlechtoise de Stefano Okaka s’est déroulée de manière très tranquille. À l’image du garçon de vingt-cinq ans qui s’est présenté face aux journalistes de manière très cool, habillé d’un long t-shirt blanc, d’un jeans baggy et de grosses baskets donnant l’impression que le Sporting venait d’engager une star de NBA. C’est pourtant bel et bien un footballeur qui a signé pour quatre ans chez les Mauves. Et pas n’importe lequel. Après Ivan Obradovic et Imoh Ezekiel, le mercato bruxellois est encore monté d’un cran mardi.

Après neuf ans et demi en Italie et six mois en Angleterre (Fulham en 2010), vous voilà en Belgique. Comment expliquez-vous votre choix ?

"Bonsoir (en français dans le texte) . Je vais apprendre le français mais je vais poursuivre en italien. (sourire) Pour répondre à votre question, après un an et demi à la Sampdoria, j’ai reçu cette opportunité de venir à Anderlecht. J’ai trouvé que c’était une belle opportunité. Je suis vraiment fier de signer ici."

Passer de la Serie A à la Jupiler Pro League, c’est quand même un pas en arrière, non ?

"Je ne suis pas d’accord avec ça. Il n’y a pas de championnats inférieurs, juste des championnats différents. En Coupe d’Europe, les clubs italiens ne se promènent d’ailleurs jamais. Moi, je sais que je signe dans un grand club d’un bon championnat."

Connaissez-vous des joueurs anderlechtois ?

"Oui, Vanden Borre qui a joué dans l’autre club de Gênes (NdlR : Genoa) . Avec mes racines nigérianes, je connais aussi Ezekiel de réputation. Il va très vite et je pense qu’on peut être très complémentaire si on est associé devant."

Vous arrivez dans votre neuvième club en dix ans de carrière pro. Allez-vous enfin trouver la stabilité ici ?

"J’espère. Je ne suis jamais resté plus d’un an et demi dans un club. Une jolie carrière mouvementée, hein? (rires) J’ai vraiment envie de rester longtemps à Anderlecht. Il faut aussi dire que tous mes déménagements m’ont beaucoup appris. Je me suis souvent trompé dans mes choix, mais on apprend de ses erreurs."

Vous devez succéder à Aleksandar Mitrovic, meilleur buteur en titre du championnat. Or, vos statistiques devant le but ne rassurent pas vraiment.

"Mes stats sont ce qu’elles sont. Je suis encore jeune et je veux marquer le plus possible avec Anderlecht."

Dans nos colonnes mardi, Jean-François Gillet, votre ancien équipier à Bari, disait que vous êtes un attaquant qui ne marque pas beaucoup, mais qui fait beaucoup marquer les autres.

"Ah! il est gentil Jean-François ! Je suis un joueur d’équipe et j’essaie toujours de me mettre à la disposition des autres. Le but, c’est de gagner, pas que je marque."

Vous avez quand même choisi le 99, un numéro de buteur.

"Oui, je voulais le 9, mais il est déjà la propriété d’un grand joueur : Suarez. Alors, j’ai pris le double 9. Et c’est aussi un clin d’œil à mon pote Antonio Cassano. On est très proches."

Antonio Cassano a une sacrée réputation…

"Oui, il est un peu fou. (rires ) Moi, je suis très calme, mais ne dit-on pas que les opposés s’attirent ? Antonio, c’est surtout une personne vraie. Il m’a beaucoup aidé à des moments difficiles de ma vie. Je ne peux que le remercier pour tout ça."

Poursuivons avec un autre joueur un peu fou : qu’en est-il de ce surnom de mini Balotelli qui vous colle à la peau ?

"Premièrement, je suis Stefano Okaka et lui, c’est Mario Balotelli. Deuxièmement, on a des modes de vie différents. Bon, on est tous les deux attaquants et tous les deux noirs mais à part ça, nous sommes tous les deux des joueurs différents. Moi, je suis un garçon très calme. Après, je connais bien Mario et c’est un chouette gars. Je serais d’ailleurs ravi de l’inviter à boire un café ici."

Dernière question : quand serez-vous prêt à jouer ?

"Dès dimanche si le coach a besoin de moi. J’ai repris l’entraînement le 1er juillet car la Sampdoria avait des tours préliminaires en Ligue Europa. Je suis bien physiquement, j’ai juste besoin de temps de jeu."


© Photonews

Il a déjà marqué contre Gand…

Ce qu’il faut encore savoir sur Stefano Okaka ?

-> À 15 ans, il était le buteur le plus jeune de l’histoire du tournoi réputé de Viareggio. Il avait marqué contre le Bayern.

-> À 16 ans, il jouait déjà en équipe A de l’AS Rome.

-> À 20 ans, il inscrivait son premier but en Coupe d’Europe, lors du 7-1 de l’AS Rome contre… La Gantoise. "Je m’en souviens, mais j’avais une autre coupe de cheveux", sourit-il.

-> En 2011, il s’est fait attaquer par des fans de son club, l’AS Rome, parce qu’il aurait refusé de donner des autographes.

-> En 2010, il a partagé le vestiaire avec Moussa Dembélé à Fulham. Il y a joué onze matches et a marqué deux buts.

-> Sa sœur jumelle, Stefania, est une joueuse de volley-ball en Italie.


Le 4e transfert de Serie A, LE 2e Italien

Nordahl, Vandereycken et Mazuch avaient été des réussites.

Le transfert de Stefano Okaka est assez unique pour Anderlecht. L’Italie n’est pas un pays où le Sporting fait souvent du shopping. Seulement trois joueurs l’ont précédé, sans compter le retour des trois Anderlechtois Grün, Crasson et Baseggio, ni la location de Marko Marin (il appartenait à Chelsea mais avait joué à la Fiorentina avant de venir au RSCA). Quant aux joueurs à la nationalité italienne, il n’y en a qu’un seul.

4 transferts

1. Tom Nordahl (un Suédois) de la Juventus en 1968 (106 matches joués, 40 buts)

2. René Vandereycken de la Genoa en 1983 (128 matches, 7 buts)

3. Ondrej Mazuch de la Fiorentina en 2009 (89 matches, 5 buts)

4. Stefano Okaka de la Sampdoria à Anderlecht

3 retours

1. Georges Grün de Parme en 1994 (46 matches, 4 buts après son retour)

2. Bertrand Crasson de Naples en 1998 (193 matches, 11 buts)

3. Walter Baseggio de Trévise en janvier 2007 (15 matches, 0 but)

1 seul Italien

Orazio Schena en 1963-1964 (13 matches, 6 buts). Né à Bari, il vivait en Belgique et venait du club de Ressaix. Enzo Scifo et Walter Baseggio sont à moitié italiens mais ont joué pour l’équipe nationale belge.