Anderlecht

Quelques minutes après la rencontre, René Weiler est passé au micro de RTL-TVI pour y analyser le match.

Il a pris la mouche dès la première question du journaliste au sujet de Sven Kums et de son positionnement. “Prochaine question” , a-t-il répété avant de lancer un : “Ça m’énerve” , le regard noir.

Des fans déçus ont également changé la page Wikipédia néerlandophone du coach suisse. On pouvait y lire : “Viré le 12/09/17 après la défaite d’Anderlecht au Bayern Munich en phase de poule de la CL.”


"Kums ne doit pas faire la faute"

René Weiler savait que les questions sur le positionnement de Kums allaient fuser en conférence de presse. Et ça n’a pas raté, à son grand désarroi.

Pourquoi avoir positionné Kums en défense centrale ?

"Sven est un joueur qui joue au milieu. Il a une bonne vision du jeu et une bonne technique. Normalement, il devrait pouvoir jouer aussi en défense avec ces qualités. Je vous rappelle que j’ai joué au football, à la même position que Sven. Et à la fin de ma carrière, je suis devenu défenseur central. Je savais que Sven pouvait le faire aussi mais ça s’est mal terminé."

Le penalty et la carte rouge ne viennent-ils pas de ce positionnement de Kums ?

"Je ne sais pas comment vous voyez le football. Ce n’est pas une question d’expérience à ce poste mais de concentration. Une question de prendre la bonne décision au bon moment. Cette bonne décision n’est pas tombée. Un joueur avec son vécu doit pouvoir régler cette situation autrement. Je sais que vous trouvez mon choix bizarre mais ce n’était pas un choix bizarre. Regardez quels joueurs j’avais à ma disposition. Kara est blessé et Sa n’est pas encore prêt. Je n’avais pas beaucoup d’autres solutions. Mais en Belgique, vous voyez toujours tout autrement."

Comprenez-vous les critiques ?

"Pour vous, c’est bien. Vous pouvez ainsi continuer à critiquer des choses que vous ne comprenez pas. Kums peut jouer en défense et il n’aurait pas dû faire cette faute. C’est aussi simple que ça."

La phase méritait-elle un penalty finalement ?

"La faute est faite en dehors du rectangle et je l’ai dit à l’arbitre. Mais bon, c’est lui qui a le dernier mot. On pourrait encore mettre beaucoup d’énergie à discuter de ça mais ça n’aurait pas de sens. On ne changera plus rien."

N’était-ce pas risqué d’aligner Najar ?

(Il rit et répond ironiquement) "Oui, c’est sûr, j’ai pris un énorme risque… Mais pourquoi ferais-je cela, nom de dieu ? Évidemment que je n’ai pas pris de risque. Je ne ferais jamais ça."

Pensez-vous qu’il était possible de prendre des points à ce Bayern ?

"Oui, certainement. Je ne peux que complimenter mon équipe. On a joué à 10 pendant 80 minutes sur le terrain d’une équipe du top absolu. Les joueurs ont fait du bon boulot et ont tout donné. C’est dommage que ça se termine ainsi. Je ne vois pas beaucoup d’équipes qui viendront prendre des points ici. Cela aurait pu être le cas pour nous mais voilà; c’est ainsi."

Najar: "J’espère éviter une opération"

Andy Najar s’est à nouveau blessé aux ischios. En cas de grosse rechute, une opération aurait été inévitable. Ici, ce n’est qu’une petite douleur qu’il a ressentie. "Moi, j’espère éviter une opération" , déclare Najar. "Dès que j’ai senti cette petite pointe, j’ai quitté le terrain pour ne pas prendre de risques. Je passerai une échographie et puis on décidera."

Si Najar doit quand même se faire opérer, il serait out deux mois et demi et louperait le reste de la campagne de Ligue des Champions. Sur le temps qu’il a joué, Najar a dépanné l’équipe à gauche. "Tout le monde sait que je suis plus à l’aise à droite mais si je peux aider l’équipe, je le fais."

"Déçus… mais fiers !"

Olivier Deschacht : "On n’a pas été bousculé. Même à 10. Ils n’avaient pas une occasion par minute comme c’est parfois le cas au Bayern. Nous sommes déçus mais également fiers. J’ai joué mon 98e match européen avec Anderlecht. Atteindre les 100 matches ? Cela dépendra de l’entraîneur. Moi, je donne tout ce que j’ai."

Sofiane Hanni : "On était bien dans le match au moment de la carte rouge. On appliquait le plan du coach à la lettre. On peut aussi avoir des regrets de ne pas avoir marqué le 1-1. On aurait vu un tout autre match. Mais bon, on sait qu’une erreur en Ligue des Champions se paie cash. On a affiché une excellente mentalité. À 10 contre 11, on n’a pas été ridicules. On savait qu’on devrait se battre pour la 3e place. Le prochain match sera crucial : il faudra qu’on le gagne. Ce mardi soir, on a vu que le football à ce niveau-ci est beaucoup plus agréable à jouer. On sait plus jouer au ballon que dans le championnat belge."

"J’étais déçu avant Lokeren"

Sels, l’homme du match, avait des sentiments mitigés après le 3-0. "Je ne suis pas mécontent de ma prestation mais je me suis quand même pris trois buts", déclare le dernier rempart mauve. "Sur le penalty, j’ai pris le mauvais côté. C’est une loterie. Sur les deuxième et troisième buts, les attaquants du Bayern étaient seuls devant moi. Dommage qu’on n’ait pas concrétisé nos deux occasions. On aurait pu quitter Munich avec un meilleur résultat."

Sels a connu des jours difficiles vu qu’il a perdu son poste de numéro 1 au profit de Boeckx. "J’ai peu de reproches à me faire", signale Sels. "Lors des cinq premiers matches de championnat, j’ai fait mon boulot. Bien sûr que je veux tout jouer mais ce n’est pas moi qui décide. Il va de soi que j’étais déçu avant Lokeren. Non, le coach ne m’a pas vraiment parlé."

Sels pourrait , comme Ruben la saison passée, ne jouer que les matches en Coupe d’Europe. "Personne ne m’a encore dit cela. Je répondrai présent quand on aura besoin de moi. Ce mardi, j’ai montré que j’ai confiance en moi. C’est un rêve de disputer des matches pareils. Oui, j’ai su échanger mon maillot avec celui de Neuer mais on ne s’est pas vraiment parlé. Robben est venu me féliciter parce qu’on parle tous les deux le néerlandais. Mais j’étais trop déçu pour vraiment lui répondre."

Sels a pu se distinguer, surtout en seconde période. "Le plus bel arrêt de tous, je crois que c’est sur le tir de James Rodriguez qui était vraiment très bien placé. Je crois avoir arrêté tout ce que je pouvais."