Anderlecht

Qu’est-ce que les choses peuvent aller vite dans les playoffs. Il y a une semaine, Anderlecht était à nouveau candidat pour le titre. Mais après les défaites au Standard et à Genk, le scénario catastrophe – première saison sans qualification européenne depuis 1963 – est à nouveau possible . “Nous devrons nous battre avec quatre ou cinq équipes pour les 2e, 3e ou 4e places”, explique Hein Vanhaezebrouck.

Autre métamorphose surréaliste en sept jours : celle de Lukasz Teodorczyk. Après ses cinq buts en cinq matches – il était notre homme du match à Charleroi et contre Bruges – Teo a rejoué au Standard et à Genk comme il l’a fait tout au long de l’année 2017. Il n’a pas gardé un ballon, a raté des occasions et était la risée du public adverse. Et on le sait : quand Teo ne tourne pas, Anderlecht coule.

Qui plus est, l’attitude de Teo était indigne de celle d’un joueur d’Anderlecht. Tout a commencé à la 49e. Dans un duel aérien, il a volontairement percuté Nastic du bras. La carte jaune, sa troisième déjà, n’était pas exagérée : il loupera le match contre Charleroi le week-end prochain.

À partir de là, le public a commencé à scander son nom de façon ironique, comme cela avait déjà été le cas à Saint-Trond. Quand Teo s’est emmêlé les pinceaux en voulant donner une simple passe, il est vraiment devenu la cible des fans genkois. Et ses deux ratés en fin de match ont encore augmenté sa frustration.

Au moment du coup de sifflet final de l’arbitre Dierick, il s’est totalement lâché. Il a commencé par enlever son maillot, qu’il a présenté au kop de Genk. Puis, il a fait un geste (clairement pas très gentil) des doigts qu’il doit avoir inventé lui-même, parce que même en Pologne on ne connaît pas ce signe. Ensuite, il a envoyé des bisous et des cœurs vers les fans locaux, qui n’arrêtaient pas de scander son nom. Heureusement que Teo n’a pas vu que Vukovic avait dégagé un ballon dans sa direction, sinon il aurait vraiment explosé…

Pas moyen, évidemment, de lui poser une question lors de son retour vers le car. Il a même ignoré une journaliste ukrainienne qui est pourtant grande fan de lui. “J’ai été à l’entraînement ouvert”, dit-elle. “Les enfants l’adorent.”

Son autre avocat est Josué Sa, un de ses meilleurs amis dans le noyau. Sa : “ Teo était un peu vexé à cause des supporters de Genk. mais nous, joueurs, croyons encore en lui. Comment ça se fait qu’on soit potes ? Dans un groupe, il y a des affinités qui se créent et j’ai directement accroché avec Teo. Est-ce que je peux demander à Teo s’il veut bien parler aux journalistes ? Quoi, il ne vous parle jamais ? Peut-être que vous n’êtes pas gentils avec lui (rires). ”

La bonne nouvelle pour Teo : il ne jouera pas avant le 6 mai à Bruges. Il aura donc 15 jours de repos.