Charleroi Quatre matchs. Quatre victoires. Leader du championnat. Le Sporting vit un rêve éveillé en ce début de saison.

Où s’arrêteront-ils ? En remportant leur quatrième victoire consécutive de la saison, Charleroi vient déjà de marquer l’histoire. Jamais dans les mémoires du Sporting, le club n’était parvenu à remporter ses quatre premiers matchs de championnat. Le tout, en ayant affronté Courtrai, Mouscron, Anderlecht et Genk. "Je n’ai même pas de mots pour expliquer ce qui est en train de nous arriver", expliquait Amara Baby, presque surpris d’avoir gagné, après la rencontre. "Le coach nous avait dit qu’une victoire pourrait être historique. Voilà, c’est fait."

Ce qui impressionne surtout, au-delà du classement, c’est la manière avec laquelle les Zèbres vont chercher leur victoire. Alors que la saison dernière, ils étaient souvent dominés et devaient s’en remettre au Felice Time pour arracher les victoires, les joueurs carolos sont désormais capables de produire, par moments, un football dominant. "Je pense qu’on a montré qu’on était aussi capable de faire le jeu", indiquait Dorian Dessoleil. "La semaine dernière, et je le dis sans prétention, on avait un peu étouffé Anderlecht en deuxième mi-temps. Et ici, on est encore parvenu à se créer des occasions à la suite de belles phases de jeu."

"Depuis que je suis au club, c’est la première fois que je nous vois avoir autant de maîtrise", ajoutait Nicolas Penneteau, qui avait une poche de glace sur le pied ("une petite inflammation au tendon d’Achille mais rien de grave"). "Le contenu développé est intéressant. On sent qu’il y a une évolution. Avant, des équipes comme Genk ou Anderlecht nous dominaient. C’est moins le cas. On doit garder cela."

Ce que Charleroi doit aussi (et surtout) conserver, ce sont ses valeurs, si chères à Felice Mazzù et son staff. "On ne lâche rien. On travaille tous les uns pour les autres et nos victoires sont avant tout collectives", indiquait Baby. "En termes d’organisation collective, c’était sans doute l’un de nos matchs les plus aboutis", notait Dessoleil, qui n’a rien laissé passer en défense. "De la première à la 95e minute, on a été présent. Et cela nous rapporte la victoire."

Dans laquelle le mot d’ordre n’a pas changé : humilité. "On plane un peu, c’est vrai, mais il va falloir vite redescendre les pieds sur terre car cela peut être une arme à double tranchant."

Et ce n’est pas leur place de leader au classement qui va y changer quelque chose. "À mes yeux, ce classement n’a aucune valeur pour le moment", signalait Felice Mazzù. "Bien sûr, je ne peux que féliciter mes joueurs après ce match. Chaque équipe connaît pendant la saison des moments forts et des faibles. Nous sommes actuellement dans une bonne passe."

De quoi envisager la réception de Zulte Waregem et le déplacement au Standard avec sérénité ? "J’ai un peu peur de la sérénité", tempérait Penneteau. "Chaque match sera compliqué et on doit s’y préparer." Mazzù acquiesçait. "On doit continuer à être le Charleroi qui existe depuis trois ans. On doit être conscient qu’un petit grain de sable peut tout enrayer."

Même une machine qui semble très bien lancée…