Charleroi Le gardien français, qui a signé à Charleroi ce lundi, ne regrettera pas son passage à Alanyaspor, où il a fini par rompre son contrat.

Le nouveau gardien de Charleroi s’appelle donc Rémy Riou (31 ans). L’ancien portier de Lyon, Nantes, Toulouse ou Auxerre, arrivé libre au Mambourg, débarque en Belgique avec un sentiment de revanche et une grosse envie d’oublier l’année qu’il vient de passer en Turquie, au club d’Alanyaspor, où il avait signé l’été dernier en provenance de Nantes et avec qui il vient de rompre son contrat. Car son expérience n’a pas été à la hauteur de ses espérances, comme il l’a expliqué, il y a quelques jours, dans les médias français.

"Pourtant, cela avait bien commencé , relatait le gardien. Au début, j’ai joué. Ensuite, j’ai dû m’absenter pour deux semaines pour des raisons personnelles, et là, à mon retour, le gardien local (NdlR : le capitaine Haydar Yilmaz) , l’enfant du club, avait repris la place. J’ai rejoué un peu mais on a changé trois fois de coach, celui qui m’aimait bien n’est resté qu’un mois. À la fin, on m’a complètement sorti de l’équipe. Le dernier coach préférait mettre un gardien turc, afin de disposer de plus de joueurs de champ étrangers. Il y a en effet un quota à respecter pour les matches de championnat (NdlR : 14 sur la feuille de match) . Il a aussi dû faire face à la grande solidarité qui existe entre les autochtones. C’était un choix politique plus que sportif. Les francophones du groupe m’ont expliqué certains fonctionnements."

Et la saison 2018-2019 ne s’annonçait pas sous de meilleurs auspices pour le Lyonnais qui déclarait il y a une dizaine de jours : "C’est simple, ils veulent me dégager. Je n’ai pas accès à l’équipe pro . Je suis soit tout seul, soit avec l’équipe réserve. Mais je m’entraîne deux fois par jour, six fois par semaine avec un entraîneur des gardiens pour le spécifique et les jeunes du club pour le jeu et les sensations. Je suis prêt, affûté et déterminé. Même si j’ai moins joué, je n’ai pas perdu mon football. J’ai emmagasiné un peu plus d’expérience et je sais ce que je peux apporter à un groupe sur et hors du terrain. C’est compliqué, forcément, dur moralement. Parce que quand tu n’es pas sérieux, quand tu ne bosses pas, O.K., tu peux accepter la situation, mais là, je bosse et, objectivement, et j’essaie de l’être le plus possible, j’ai des qualités de gardien supérieures à ceux qui jouent. Parce que c’est l’enfant du club, parce qu’ils ont envie de me dégager, ils ne me font pas jouer."

Malgré ces difficultés, Rémy Riou ne regrette pas son choix.

"Avec Nantes, c’était devenu compliqué. Ils voulaient renouveler l’effectif, entamer un nouveau cycle, j’ai été poussé gentiment vers la sortie. C’était la seule opportunité et comme je m’y retrouvais sportivement et financièrement, j’y suis allé. Après, en Turquie, c’est une culture de travail différente, plus amatrice, je trouve. Je suis quelqu’un de plus à l’aise dans un quotidien de travail plus cadré."

Ce qu’il trouvera à Charleroi. "J’ai 31 ans, c’est jeune pour un gardien, je me sens au top."


“Considéré comme un futur grand, je me suis enflammé"

Le Lyonnais a été champion d’Europe U17 et a joué un rôle important dans le renouveau nantais…

Avant son échec en Turquie, Rémy Riou (31 ans) n’avait jamais quitté la France où il avait fait toute sa carrière. Lancé dans le grand bain de la Ligue 1 à Lorient, c’est avec Nantes qu’il a connu ses plus belles années. Petit coup d’œil dans le rétro…

Sa formation : après avoir tapé dans le ballon dans un petit club de la banlieue de Lyon dès l’âge de six ans, Rémy Riou est vite remarqué par l’OL où il suivra toute sa formation. “Quand j’avais 12-13 ans, c’était quasiment le début des titres de Lyon. Je suis un pur Lyonnais, j’ai baigné dedans. Pour ma génération et celle des un peu plus jeunes, c’est l’équipe qui faisait rêver. Celle qui faisait des 8 es et des quarts de finale de Ligue des Champions. Tu as envie de jouer à l’Olympique lyonnais pour ce que cela représente, surtout quand tu es de la région.” Né en 1987, ses copains les plus connus du centre de formation se nomment Karim Benzema et Hatem Ben Arfa. Avec ses deux équipiers, Rémy Riou évoluera en équipe nationale des jeunes des U16 aux U21 avec comme point d’orgue un titre de champion d’Europe U17 en 2004. Après une année en CFA, il est prêté au FC Lorient, lors de la saison 2006-07 .

FC Lorient (2006-07) : arrivé timidement comme troisième gardien derrière Fabien Audard et Lionel Cappone, Rémy Riou profite de la blessure du premier et de l’exclusion du second lors d’un match contre Valencienne pour fêter, une semaine plus tard, le 4 novembre 2006, sa première titularisation lors d’un déplacement à… Marseille. Ce qui restera un de ses meilleurs souvenirs : “C’est mon premier match en Ligue 1 et nous gagnons 0-1 au Vélodrome. Cela reste forcément un grand souvenir.” De retour sur le banc la semaine suivante, Riou s’imposera finalement entre les perches bretonnes et jouera 23 matches cette saison-là.

Auxerre (2007-11) : “À mon retour de prêt, l’OL ne comptait pas sur moi. J’ai rebondi à Auxerre où j’ai connu des hauts et des bas. Après, tu fais des erreurs de jeunesse, tu ne rencontres pas forcément les bonnes personnes. Je sortais d’une bonne saison à Lorient, je me suis vu beau… Tu te retrouves en équipe de France espoirs et tu es considéré comme le futur grand. Je me suis enflammé…” Ce qui explique, en partie, quatre saisons mi-figue mi-raisin où le Lyonnais ne jouera que 52 matches. Son passage se terminera par une rupture d’un tendon à l’épaule gauche.

Toulouse (2011-12) : désireux de se relancer, Rémy Riou signe un contrat de quatre ans à Toulouse où il ne quittera quasiment jamais le banc des réservistes. Pour retrouver du temps de jeu et ne pas voir sa carrière stagner, le Lyonnais prend la décision de signer à Nantes, en Ligue 2 .

FC Nantes (2012-17) : chez les Canaris , Rémy Riou, grâce à ses performances et son charisme, deviendra un joueur important du club avec lequel il quittera la Ligue 2 dès la fin de sa première saison. Pendant quatre ans, il sera le gardien titulaire des Jaune et Vert mais aussi le capitaine du bateau pendant plus de deux ans. Mis sur le banc des remplaçants par Sergio Conceição en fin de saison 2016-17 et non désiré par Claudio Ranieri, Remy Riou fut poussé vers la sortie par les dirigeants nantais. Ce qui n’a pas empêché le club de faire son éloge sur son site Internet en louant l’exemplarité, le professionnalisme et la joie de vivre du joueur au moment de son départ.