Charleroi Le coach des Zèbres espérait sans doute plus que ce rang de dauphin.

Hautement prévisible, Michel Preud’homme est devenu le sixième lauréat du Trophée Raymond Goethals. Une distinction de plus pour le mentor brugeois dont les excellents états de service 2015-16 (champion et finaliste de la Coupe) ont fatalement fait pencher la balance de son côté au moment du décompte final (42 points pour 24 à Mazzù et Dury).

Quoi de plus normal, un chasseur de trophées sommeille clairement en Felice Mazzù dont la mine laissait filtrer un petit sentiment de trop peu : "Quand on fait partie d’un tel trio, la satisfaction doit être de mise même si on espère toujours recevoir la récompense suprême…"

Laissons donc le temps au temps pour que le Carolo récolte un jour les lauriers de son patient travail.

Sébastien Delferière en est persuadé : "Les trois nominés avaient autant de mérites les uns que les autres. À cet égard, le bilan obtenu ces derniers mois par Felice Mazzù est remarquable mais comme dans toute compétition, il faut un vainqueur et vu que le Club Bruges a d’autres moyens pour revendiquer une position plus prestigieuse dans la hiérarchie, on ne peut pas contester le choix du jury. Au risque de me répéter, ce que réalise Felice Mazzù avec le concours de ses dirigeants avisés est fantastique. Le budget n’est pas celui d’un cador de notre championnat mais il y a derrière un gros travail en profondeur. Je le compare volontiers à Yves Vanderhaeghe. Tout ça pour dire qu’il y a de très bons entraîneurs en Belgique."

Guy Goethals était tout aussi flatteur à l’égard du coach du Mambourg : "Il a d’énormes qualités relationnelles et il sait très bien diriger un groupe sans se mettre à l’avant-plan. Je remarque que ses options sont toujours empreintes de logique et de cohérence."

En fin limier, Marc Degrijse abondait dans le même sens : "À l’instar de Francky Dury, Felice Mazzù ne cesse de confirmer tout le bien que l’on pense de lui, nonobstant le fait qu’il soit régulièrement amené à procéder à un travail d’assemblage en raison du va-et-vient permanent auquel il est confronté."


Preud'homme: "Sur la route qui m'amenait ici, j'ai pensé intensément à Dominique"

MPH ne boudait pas son plaisir sous les crépitements des flashs : "Une belle récompense. J’ai quelque part hérité de son généreux tempérament en bord de touche mais pas seulement. Raimundo m’a appris certains aspects du métier comme le souci de trouver constamment les meilleures solutions pour l’équipe, selon les circonstances et les forces en présence. Quand il dirigeait le Standard, le style de jeu faisait la part belle à l’offensive mais lorsqu’il se trouvait à la tête des Diables, sa réputation d’entraîneur défensif pouvait se justifier car il prenait en considération les qualités de l’adversaire. Pareil pour moi, je n’emmène pas mes joueurs à l’abattoir (sic) quand j’estime l’opposant intrinsèquement plus fort. Si j’ai tout mon effectif à disposition, je lâche la bride évidemment."

Ce qui ne fut que rarement le cas en Ligue des Champions : "Dans une compétition de ce niveau, il faut être à son maximum et pouvoir compter sur toutes ses forces vives. Malgré tout, mes gars ont appris énormément de leurs déplacements européens, tout bénéfice quand on voyage en Belgique. Pour toutes ces raisons, je pense être dans la lignée de Raymond Goethals."

MPH leva aussi respectueusement son chapeau à l’adresse du regretté Dominique D’Onofrio : "Sur la route qui m’emmenait ici, j’ai pensé intensément à lui. Son décès m’a fait réfléchir sur mon futur…"

Parmi les membres du jury, Guy Goethals reconnaissait les mérites du vainqueur 2016 : "Après tant d’années sans titre majeur, il a remis le Club Bruges dans le droit chemin, quand bien même ses relations avec le corps arbitral ne sont pas toujours évidentes (rires)."

Une opinion partagée par Marc Degrijse : "Michel fut tout près de réaliser le doublé."

Le manager du Club, Vincent Mannaert se félicitait bien sûr du choix du jury : "La saison passée, notre coach a très bien préparé le groupe pour qu’il puisse exceller au bon moment. Depuis son arrivée chez nous en septembre 2013, nos performances sont allées crescendo."