Charleroi Cette saison, Zèbres et Rouches n’ont jamais connu leur pic de forme au même moment…

Charleroi qui rit, le Standard qui pleure. Le Standard qui rit, Charleroi qui pleure. Voilà un bref et très court résumé du parcours, cette saison, des deux premiers clubs wallons de Pro League. Quand les Zèbres ont carburé au super en 2017 pour compter 16 points d’avance sur les Rouches au soir de la 21e journée, entre Noël et le Nouvel an, jamais on aurait pensé un seul instant que près de cinq mois plus tard, lors de la dernière journée des playoffs 1, les Liégeois, après un retour en fanfare, compteraient neuf unités de plus que les Hennuyers. Et que le choc wallon de ce dimanche serait décisif pour une place en tour préliminaire de la Ligue des Champions pour le Standard et pour seulement un éventuel barrage contre le vainqueur des playoffs 2 pour Charleroi.

Les deux clubs ont vraiment connu des courbes de forme opposées…

"Le Standard et Charleroi ont fait la même saison mais à l’envers, expliquait, vendredi, Felice Mazzù en prélude à la rencontre de ce dimanche. Au mois de novembre, Charleroi était plus fort que le Standard. Aujourd’hui, le Standard est plus fort que Charleroi. Sur l’ensemble de la saison, à quelques points près, on fait la même saison. Ils ont mal commencé, on a bien débuté. Eux la terminent bien et nous moins bien. Le Standard a pris confiance au fil des matches et des semaines."

Et pour l’entraîneur des Zèbres, un joueur a grandement métamorphosé le Standard : Carcela. "Toute la Belgique le sait. Regardez le dernier match de la phase classique entre Ostende et le Standard. Carcela est sur le banc des réservistes, c’est 2-0 pour les Côtiers. Carcela monte à la mi-temps et le score final est de 2-3."

Et quand le Standard a retrouvé des couleurs, Charleroi a éprouvé toutes les peines du monde à engranger des succès.

"Si on connaissait les causes exactes, il n’y aurait pas eu cette période plus délicate depuis janvier, analysait lucidement le milieu de terrain carolo, Gaëtan Hendrickx. Et quand on commence à entrer dans une spirale négative, c’est plus compliqué de s’en sortir. On a eu un peu moins de réussite. Et pour le reste, il ne faut pas toujours se chercher des excuses. On n’a pas été au niveau auquel on devait être. Parfois cela se tient à un peu de réussite. Quand la chance est de notre côté cela passe et ces derniers temps elle n’est pas de notre côté. Mais, nous aussi, nous ne sommes pas au niveau. En nous qualifiant rapidement pour les playoffs, il y a eu, inconsciemment, un relâchement et on a perdu pas mal de points. Mais après, on aurait dû faire mieux en playoffs 1 tout simplement. On a fait la même saison que le Standard mais à l’envers. Mais quand on voit les positions actuelles, les Liégeois sont deuxièmes et nous sixièmes. Le système des playoffs avec sa division des points n’a pas été favorable à Charleroi."

Et même s’il sait que son noyau est moins profond que celui de ses adversaires en playoffs 1, Felice Mazzù n’avance pas cette excuse pour expliquer la période compliquée de son équipe : "Si on a eu le noyau pour être deuxième toute la saison, je pense qu’on aurait pu, même si cela ne pouvait pas être aussi extraordinaire, faire de meilleurs playoffs. Cela, c’est certain. Cela s’est joué à des détails. Je pense au match aller contre le Standard où on encaisse en fin de match, la rencontre face à Genk où on menait 2-0 avant de voir les Limbourgeois revenir à 2-2. En phase classique aussi on a perdu des points dans les dernières minutes. Sans ces pertes de points on aurait pu être plus sereins dans les playoffs."

Mais toutes ces données seront oubliées ce dimanche car un choc wallon demeure un match spécial où la logique n’est pas toujours respectée…