Charleroi

L’antagonisme entre Charleroi et le Standard est né il y a 40 ans

BRUXELLES Samedi, le stade du pays de Charleroi va vivre un derby wallon particulièrement disputé, entre deux équipes qui n’ont plus guère de joker dans la manche. Mais, sans doute, les supporters des deux camps n’ont-ils pas besoin d’un enjeu particulier pour se détester cordialement. Retour sur une rivalité pas forcément séculaire.

En 1952-53, le Sporting s’était sauvé grâce à une victoire contre le Standard lors de la... 28e journée (2-0). À l’époque, on ne parlait pas encore d’antagonisme. L’année suivante, le Sporting se laissait d’ailleurs battre par le Standard, en lutte pour sa survie, sans guère opposer de résistance, lors de la dernière journée (0-3). Cet antagonisme devait s’exacerber une bonne quinzaine d’années plus tard. En 1968-69 déjà, les deux clubs avaient livré un long duel à distance pour le titre, qui allait finalement revenir aux Rouches . Les Carolos durent se contenter du premier accessit, leur meilleur résultat à ce jour.

Deux saisons plus TARD, le Sporting est, cette fois, mal embarqué. Et, involontairement, le Standard va précipiter sa chute. L’entraîneur liégeois René Hauss avait fait monter au jeu un 4e étranger, Miodrag Petrovic, alors que le règlement n’en autorisait que trois. Battue, l’Antwerp récupéra sur tapis vert deux points précieux qui lui permirent de dribbler sur le fil Diest et Charleroi qui, finalement 15e à une longueur des Anversois, effectua la culbute.

En 1990, le transfert de Régis Genaux vers le Standard, au mépris du gentlemen’s agreement en vigueur, pourrit davantage les relations entre les deux clubs.

En juin 1993, la finale de la Coupe de Belgique, qui opposa les deux hérauts du foot wallon remit de l’huile sur le feu des passions. Battus 2-0 dans un match musclé (Janevski et O. Suray quittèrent la pelouse blessés), les Carolos ne digérèrent jamais l’arbitrage d’un certain Alphonse Costantin qui rejoignit le... Standard un peu plus tard.

Par la suite, le transfert d’Olivier Suray vers Sclessin ou l’agression d’Atty Affo sur Momo Lashaf attisèrent encore les rancœurs. Aussi, quand au début 2003, le Standard prêta plusieurs joueurs à un Malines en lutte avec le Sporting dans le bas du classement, certains, du côté du boulevard Zoé Drion, y virent une manœuvre suspecte. Samedi, alors que le Sporting joue sa tête en D1, cette rivalité va connaître un chapitre de plus.



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