Eupen

Aspire a signé pour 27 ans de plus au Kehrweg. La direction eupenoise jouira de davantage d’autonomie pour son complexe sportif.

Depuis l’arrivée du consortium qatari Aspire au Kehrweg il y a maintenant un peu plus de quatre ans et demi, l’Alliance n’a fait que de se développer tant au niveau de sa structure qu’au niveau des infrastructures.

Une étape supplémentaire vient d’être franchie la semaine dernière avec un nouveau bail emphytéotique signé pour les vingt-sept prochaines années et qui laisse la pleine gestion du complexe du Kehrweg à l’Aspire Football Dreams.

Du côté des dirigeants de l’Alliance, cela laissera une plus grande liberté de manœuvre, comme le précisait le directeur général eupenois, Christophe Henkel, dans un communiqué officiel du club. "La ville d’Eupen nous cède deux charges lourdes et onéreuses : la gestion et les travaux d’entretien du stade du Kehrweg. En contrepartie, le club pourra entamer dès à présent et de manière autonome la modernisation et l’extension des installations du Kehrweg, ce qui se répercutera par une réduction du temps d’attente pour les appels d’offres. Cela nous permettra de suivre au plus près les exigences relatives au confort et à la sécurité du stade en provenance de la Pro League."

Et cette liberté d’action va très rapidement se concrétiser avec des aménagements dans les prochaines semaines, comme l’expliquait Christophe Henkel: "Nous pourrons bientôt déjà installer un nouveau système de caméras de surveillance et mettre en place un système de sonorisation qui correspondra aux nouvelles normes émises par les autorités responsables de la sécurité."

Enclavé dans un quartier d’habitations, le directeur général de l’Alliance n’oubliait pas non plus ses voisins. "Il est évident qu’à l’occasion de nouvelles constructions dans le stade, nous répondrons à toutes les normes en la matière et que nous soignerons toujours l’esprit de dialogue avec nos riverains."

Voilà donc probablement une preuve supplémentaire des ambitions bien réelles du consortium qatari Aspire avec l’Alliance. Les dirigeants eupenois veulent avancer vite et bien, et pas uniquement au niveau sportif, mais sans pour autant brûler les étapes comme l’a déjà précisé à plusieurs reprises le directeur sportif eupenois, Josep Colomer.


Aspire parti pour rester

Petit à petit, les dirigeants posent les fondations pour un futur grand club.

Petit retour en arrière. Nous sommes en janvier 2012 et l’Alliance est au plus mal financièrement après avoir fait confiance au début de saison à l’éphémère mécène allemand Ingo Klein qui est alors en prison pour fraude financière depuis plus d’un mois.

Les dirigeants eupenois sont aux abois et le sauveur n’est autre que l’ancien homme fort du Standard de Liège, Lucien D’Onofrio qui apporte les fonds nécessaires pour que l’Alliance, alors leader de la D2, puisse obtenir sa licence.

Mais en coulisses, Lucien D’Onofrio s’active afin de trouver une solution plus durable et, très vite, se dégage la piste qatarie. Une piste qui ne tardera pas à être confirmée publiquement.

Quelques mois plus tard, à l’aube de la saison suivante, les responsables du consortium Aspire effectuent leur première conférence de presse et annonce la couleur : la D1 endéans les trois ans !

Malheureusement, cet objectif prendra un an de plus mais déjà, au niveau de la structure et des infrastructures, les dirigeants n’attendent pas de rejoindre l’élite pour faire grandir le club. Un club solide financièrement et qui, avec ce nouveau bail comme preuve supplémentaire, entend bien devenir aussi solide sportivement.


Une belle vitrine pour les talents Aspire

Le Kehrweg est devenu un lieu incontournable pour les recruteurs.

Cette preuve de s’engager sur le long terme vis-à-vis de l’Alliance apportée par les Qataris est certainement aussi à interpréter au niveau sportif.

En effet, si les trois premières générations de joueurs venus d’Aspire n’ont que peu percé, même si des Diagne, Kenne, Diallo ou encore quelques autres sont toujours dans le noyau eupenois, il faut reconnaître que les derniers arrivés au cours des deux dernières saisons sont d’un autre calibre.

Les Henry, Ocansey et Lazare après quelques mois pour les premiers cités et quelques semaines pour le dernier, suscitent déjà légitimement les convoitises de plus grands clubs en Belgique et ailleurs...

Cela confirme que le championnat belge est une belle vitrine pour les jeunes talents mais aussi un terrain d’apprentissage approprié. Un constat probablement dressé par les dirigeants et qui les a poussés à poser leurs valises pour un peu plus longtemps que la date initialement prévue de 2022.