Eupen Hendrik Van Crombrugge a (gentiment) vidé son sac

Quand un homme posé et avenant comme l’est généralement Hendrik Van Crombrugge fend la foule des journalistes en tirant la tronche et en refusant de s’arrêter, cela interpelle. Pas le style de la maison, tout cela. Alors, sans doute avec le recul, a-t-il ressenti le besoin ou l’envie d’expliquer le comportement qu’il a eu après la défaite (1-4) face à Charleroi. "On commence une saison avec certaines ambitions", dit-il. "Puis on prend immédiatement un coup de massue en encaissant 9 buts en 2 matches. C’est dur pour le moral." D’autant plus que dans le même temps, il y a toujours une attente. Partira, partira pas ? À l’énoncé de cette question, on le sent énervé. Irrité, non, mais énervé. "Je suis là pour parler du match à Waregem."

Pourtant, il craque assez vite et plonge dans le dossier qui vient de s’ouvrir. "Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que je dispose d’un contrat de deux ans avec l’AS Eupen. J’ai lu dans des journaux que j’aurais dit vouloir partir. Non, non ! Pas du tout ! L’AS Eupen représente quelque chose d’important à mes yeux. Et si une opération devait aboutir, il faudrait qu’elle satisfasse absolument les trois parties. C’est là une question de respect à l’égard de mon employeur."

Le gardien de but des Pandas a le regard franc. Il fait montre d’une réelle sérénité alors qu’au pied de la lettre, il aurait de quoi stresser. Hendrik Van Crombrugge ne se trouve pas assis entre deux chaises. Il est installé sur un tabouret et il attend qu’un fauteuil se libère. Éventualité qui ne se réalisera d’ailleurs peut-être pas. Angoissante, cette situation ?

"Ne vous en faites pas pour moi", rigole-t-il. "J’ai 25 ans et je suis le papa d’un enfant de 3 ans. Je pense être assez mûr pour gérer."

C’est effectivement une chance pour l’AS Eupen de pouvoir disposer des services de quelqu’un qui, comme Van Crombrugge, a la tête sur les épaules. La formation frontalière, ne l’oublions pas, est en quête d’un premier résultat positif. Or le programme reste chargé...

La parole est à la défense

Quand Van Crom se transforme en avocat pour la bonne cause collective

Qui montre-t-on du doigt quand un rideau défensif se déchire et finit par ressembler à un lambeau de tissu torturé par le vent ?

En premier, le gardien. Ensuite, juste dans la foulée, la division arrière. Pourtant, l’analyse n’est pas nécessairement correcte. La parole est à l’avocat : la défense !

"C’est trop facile tout cela. Pour qu’une bonne protection fonctionne, elle doit impliquer tout le monde, plaide Maître Van Crombrugge. Après, il faut, dans la zone de vérité, faire montre d’une grande concentration. Difficile d’interagir à ce niveau. C’est un problème que chacun doit appréhender et résoudre de manière individuelle."

Hendrik Van Crombrugge avance des circonstances atténuantes qui, effectivement, doivent être prises en considération.

"Nous avons enregistré de nombreuses arrivées. Trois joueurs sur quatre, composant la ligne arrière, ont changé. Il est inévitable que ces mutations demandent un peu de temps pour nous permettre de bien grandir ensemble."

Certes. Toutefois, le temps commence à presser. Eupen reste sur deux cartons à son désavantage. Et voici un déplacement à Waregem, qui précède la visite de Gand. Vos conclusions, Maître Van Crombrugge ! "En championnat de Belgique, tout le monde peut battre tour le monde. Tout est possible..."