F.C. Bruges Prudents, les Brugeois n’ont pas amené de magnum de champagne à Sclessin.

En tête d’un bout à l’autre de la compétition, le Club Bruges est en passe de remporter le quinzième titre de son histoire. Quoi de plus exaltant, pour des compétiteurs, qu’une conquête d’un trophée suprême national dans le fief d’un rival de toujours, tout en ayant la certitude de bénéficier d’un ultime recours, à domicile cette fois, en cas d’échec lors de cette avant-dernière journée des PO1 ?

Comme un accident, improbable, mais pas totalement à exclure, est toujours possible, les Brugeois se gardent bien de pavoiser déjà, par prudence autant que par un soupçon de superstition.

Aucune festivité d’avant-match n’a ainsi été programmée. Les supporters brugeois qui n’auront pas effectué le déplacement à Sclessin ne pourront suivre la rencontre que devant leur écran personnel de télévision. Ils ne sont donc pas conviés au stade Breydel, où aucun écran géant n’a été installé. "Si nous gagnons ou si nous partageons l’enjeu à Sclessin, nous savons que de nombreux supporters, réunis au stade, attendront le retour des joueurs pour commencer à les fêter", explique Kirsten Willem, le chef de presse. "Nous aurons le temps, sur le trajet, d’envisager les possibilités de satisfaire les souhaits de ces supporters."

Toujours parce qu’Ivan Leko refuse de vendre la peau du… coq wallon avant de l’avoir étranglé, le superbe bus emmenant les joueurs à Sclessin ne cachera pas dans sa soute à bagages le moindre magnum de champagne. "Ce serait à la fois stupide et présompteux", répète l’entraîneur croate.

Les joueurs n’en ont cure. Ils savent que la direction du Club les récompensera largement en cas de conquête du titre, aujourd’hui ou dimanche prochain : ils se partageront 3,5 millions d’euros, au prorata du nombre de matches disputés par chacun des 32 acteurs en scène cette saison. Il y a deux ans, les joueurs de Michel Preud’homme s’étaient partagé 2,5 millions d’euros, soit un de moins.

1.400 supporters brugeois feront entendre leurs voix à Sclessin. Ils n’auraient pas pu être plus nombreux : leur quota de places est rempli. "À Charleroi, on s’est parfois senti chez nous", disait Hans Vanaken. "Ce soutien vocal nous a galvanisés davantage encore."

Ce soir, à Sclessin, Bruges ne triomphera pas à l’applaudimètre.