Genk Le bracelet Whoop, proposé par le RC Genk à ses joueurs, fait polémique : "Il porte atteinte à notre vie privée."

Conseil aux joueurs de Genk : ne sortez pas en boîte de nuit d’ici dimanche, sinon Albert Stuyvenberg risque de vous mettre sur le banc contre Anderlecht. En effet, depuis cette saison, les joueurs portent une sorte de montre qui "suit la santé des joueurs, 24 heures sur 24."

Whoop, le bracelet en question, qui est fort populaire auprès des vedettes américaines Michael Phelps et LeBron James, ne dispose pas de GPS. Mais il enregistre les battements de cœur, le sommeil et la récupération de son porteur. Sur base de ces données, le staff médical peut calculer le pouvoir de récupération par joueur, et le nombre d’heures de sommeil qu’il lui faut pour être en forme optimale.

Mais en même temps, le club peut parfaitement savoir à quelle heure les joueurs vont dormir. Et si le rythme cardiaque du propriétaire est assez élevé, il y a de grandes chances que le joueur soit en vadrouille. "Ils peuvent même savoir quand on fait l’amour", sourit un joueur de Genk, qui reste anonyme.

Les anciens - comme Thomas Buffel - sont contre ce système révolutionnaire. "Je me sens comme un prisonnier avec un bracelet électronique", dit un autre joueur. "Les criminels les portent à leur cheville, nous au poignet."

Les adversaires de Whoop estiment que le club porte atteinte à leur vie privée.

La Commission de la protection de la vie privée confirme : "Pour que cela soit conforme à la loi, les joueurs doivent donner leur accord par écrit, car les données de santé sont considérées comme sensibles", explique la responsable de la communication, Sarah Boulerhcha. "Le club ne peut pas contraindre ou sanctionner un joueur s’il refuse le port du bracelet."

Entre-temps, le Racing Genk a déjà réagi. "Toute comparaison avec le bracelet électronique d’un criminel ne rime à rien", dit le club. "Whoop est un instrument qui aide les joueurs à mieux connaître leur corps. L’emploi de cet objet n’est pas obligatoire. La moitié des joueurs - surtout les jeunes - l’utilise."


"Ils gagnent assez d’argent"

Chris Goossens, médecin du KV Ostende et porte-parole dans le monde de la médecine sportive, défend le projet de Genk. "Certains jeunes joueurs ont tendance à vouloir sortir au lieu de se soigner", dit-il. "Ils gagnent assez d’argent. Le club a le droit de les suivre de près. Je comprends que les joueurs plus âgés ne soient pas favorables à ce système de contrôle. Mais la vie des footballeurs est tellement irrégulière - parfois, après un match, on rentre à Ostende à 2 h 30 le matin - qu’il faut absolument qu’ils aient assez de repos. Un joueur mal reposé sera plus facilement blessé; cela porte atteinte à tout le club."