La Gantoise

Son opération au cœur ne l’a pas stoppé : Thomas Foket sera bientôt de retour sur les terrains

Thomas Foket a voulu attendre le bon moment avant de parler. Les derniers mois n’ont pas été simples à vivre pour le latéral droit. Opéré au cœur, suite à la découverte au moment de ses tests physique à l’Atalanta d’une ischémie (un manque d’oxygénation) dans deux petites zones du muscle cardiaque, il a cru devoir mettre un terme à sa carrière.

Les médecins lui ont finalement prévu six mois d’absence. Il ne lui en a fallu que la moitié. Fokie est presque de retour et il a voulu l’expliquer.

Thomas, comment avez-vous vécu ces derniers mois ?

"Oh… Comme des montagnes russes en termes d’émotions. J’étais presque transféré à l’Atalanta et je me suis retrouvé sur la table d’opération… La semaine qui a suivi l’opération a été vraiment difficile. Je ne dormais pas ou presque. Après, tout a été plus vite et la vie est redevenue plus positive."

Vous sentez-vous comme avant ?

"Oui, vraiment. Je ne peux vraiment pas me plaindre. C’est bête à dire mais une déchirure des ligaments croisés est presque plus grave que mon opération."

À quel moment avez-vous compris qu’il y avait un problème ?

"J’étais à Bergame et je passais le dernier test physique. Je voyais le gars qui me faisait passer le test agir bizarrement, froncer les sourcils. Je me suis dit ‘ j’ai une si mauvaise condition ? ’ Je n’y croyais pas. J’ai dû rester un jour en plus pour passer deux nouveaux tests. Après mon retour, j’ai attendu les résultats. À Gand, on me rassurait car j’avais déjà passé ce test et il était bon. Finalement, l’Atalanta m’a dit non après avoir analysé les résultats."

On ne parlait pas alors de gros problème…

"Je me disais que je pouvais continuer à Gand, que ma carrière n’était pas en danger. J’ai refait des tests ici en Belgique. Le médecin m’a rappelé et m’a dit que je ne pouvais plus être sportif de haut niveau. Je n’avais jamais connu un moment aussi difficile. Le transfert et le reste, ça importait peu car je ne pouvais peut-être plus jamais jouer au football. Je me suis que j’allais reprendre mes études de droit."

Heureusement, la délivrance est arrivée rapidement…

"Le docteur Brugada m’a appelé pour me dire qu’une opération me permettrait de prouver que je suis apte à jouer. Ça m’a soulagé. Une semaine plus tard, j’étais opéré."

Vous souvenez-vous de la soirée qui a suivi l’annonce du premier résultat ?

"Je n’ai pas dormi. (sourire) J’étais déjà un peu stressé avant. Je ne dormais pas bien. La journée a été difficile. Beaucoup de choses me sont passées par la tête. Je ne suis pas quelqu’un qui pense qu’il n’aura plus rien dans la vie. Malgré le fait que j’ai mes études, je me suis dit que tout était fini. Je ne m’imaginais pas sans football. C’était dur."

Vous ne vous êtes jamais dit qu’en fait quelque chose de bien plus grave aurait pu se passer plus tôt dans votre vie ?

"Je n’ai pas trop réfléchi à ça. Et je préfère ne pas le faire. Ce n’est pas arrivé. Mais j’avoue avoir demandé au chirurgien si son opération allait juste m’aider sur papier ou si elle m’aiderait vraiment. Je n’ai jamais eu la moindre gêne au cœur."

Comment expliquez-vous ce retour précoce ?

"J’ai pris cette blessure comme une autre. Six mois, ce n’est rien dans une vie. Après un mois, je courrais déjà un peu. Ma première course dans les bois reste un bon souvenir. Dès ce moment, je n’ai jamais pensé que ma condition n’allait pas revenir. Les médecins m’ont même dit que j’allais mieux qu’avant. (rires) Maintenant, je ne dois pas précipiter mon retour. J’ai rejoué avec les espoirs mais je ne suis pas encore à 100 %."

Comment cela se fait-il que Gand n’ait rien vu par le passé ?

"Je n’ai pas eu de détails. On me disait qu’il y avait quelque chose au niveau des muscles du cœur. Mais on ne m’a pas parlé de risque. Logiquement, s’il n’y a aucune douleur, il n’y a aucun risque et il ne faut pas opérer."

À l’avenir, vous aurez toujours l’étiquette du joueur qui a un problème cardiaque…

"Les clubs peuvent me faire 100 tests, ils ne trouveront rien. J’espère montrer sur le terrain que je peux tout donner. Qui sait, peut-être vais-je encore plus courir avec mon nouveau cœur." (rires)

Voyez-vous la vie différemment ?

"Peut-être un peu, oui. Je suis conscient de devoir adapter certains buts et d’avoir la chance de pouvoir jouer au foot."

La Gantoise a prolongé votre contrat d’un an. Un beau geste mais cela signifie un retour à la table des négociations sous peu…

"On n’en a pas encore discuté. Ça dépendra de beaucoup de choses. Mais donnez-moi un contrat de 10 ans ici et je penserai sérieusement à le signer."