Ostende Silvio Proto est revenu sur ses longues années anderlechtoises et sur sa nouvelle vie ostendaise.

Ce mercredi, Silvio Proto a joué au gardien… de moutons. "Nous avions une activité de team building où nous devions imiter un chien de berger et savoir conduire un troupeau de moutons en groupe", raconte Silvio Proto.

Rien à dire, l’ancien gardien s’amuse bien avec Ostende depuis son arrivée. Cela n’a pas changé durant le stage en cours à Hoenderloo.

Silvio, si vous deviez résumer vos premières semaines à Ostende…

"Top. Vraiment top. L’ambiance est bonne. Je ne vais pas la comparer à celle d’Anderlecht mais ici, il n’y a moins de pression. Vais-je en profiter ? Je l’espère." (rires)

Y a-t-il une chose qui vous a surpris ici ?

"La simplicité du président. Vous avez vu sa carrière. Pourtant, il reste simple. J’ai également découvert un groupe qui veut apprendre. La qualité est là et le coach donne des séances très ciblées durant lesquelles on ne s’ennuie jamais."

À Anderlecht, vous étiez le capitaine, le patron. Comment gérez-vous la transition vers le statut de nouveau joueur ?

"Je reste moi-même et je coache ma défense comme avant. Je n’ai, par contre, plus le même rôle dans le vestiaire car je n’ai plus le brassard. Ce n’est pas un souci pour moi. Je n’ai pas besoin de cela pour apporter mon expérience."

Sentez-vous vraiment une différence au niveau de la pression mise sur vos épaules ?

"À Anderlecht, quand cela n’allait pas, c’était la faute des vieux. On en attendait plus d’ Oli (Deschacht) et de moi car nous étions les gars d’expérience. Je suis désormais dans un club plus familial. Le président dit toujours ‘alles kan, alles mag’ (sic) même si nous avons de vrais objectifs. Je veux jouer les playoffs 1 dans notre nouveau stade. Après, on verra ce qu’il se passera. Certains pensent que j’ai eu peur de ne plus goûter aux playoffs 1 en partant au KVO mais moi non. J’ai affronté quatre fois les Ostendais l’an passé; ce ne fut jamais facile pour Anderlecht. Nous serons plus attendus que la saison dernière car Ostende a prouvé qu’il méritait le Top 6 ."

Anderlecht est en pleine reconstruction et aurait bien besoin de votre expérience…

"Oui, mais j’ai débuté une nouvelle aventure. J’ai remercié les personnes que je devais remercier. J’ai reçu des tas de messages d’équipiers, de supporters, d’anciens, de membres de la direction. Certains m’ont dit que j’étais le meilleur gardien du RSCA des 15 ou 20 dernières années. Cela fait chaud au cœur."

Vous avez déclaré être parti en pouvant regarder tout le monde dans les yeux…

"Et c’est une fierté. J’ai toujours dit les choses en face et il n’y a pas grand-chose à me reprocher. J’ai toujours donné mon maximum et j’ai toujours tout fait pour tirer le groupe vers le haut. Je me souviens avoir participé à un team building alors qu’un de mes fils était à l’hôpital. Je devais le faire pour l’équipe. Cela a payé car nous avons battu Bruges après ça. Je n’aurais pas pu donner plus que ce que j’ai donné au RSCA."

Certains vous ont pourtant sifflé depuis les tribunes il y a deux ans…

(Il réfléchit) "Tout le monde a le droit de dire ce qu’il veut. J’avais fait trois grosses saisons de suite qui ont rapporté trois titres dont j’étais l’un des artisans. Puis, je vis une moins bonne année durant laquelle je n’ai pas fait de préparation. Je devais aussi m’habituer à une plaque en métal dans mon bras suite à ma fracture. J’ai répondu en jouant, en 2015-2016, l’une de mes meilleures saisons. Mais être gardien d’Anderlecht, c’est ça : se remettre en question à chaque match. Les supporters ne viennent jamais pour voir un match nul."

Les anecdotes de Silvio

Son style explosif "C’est quand je me suis relâché que j’ai disputé ma moins bonne saison"

Le fait d’avoir moins de pression ne changera pas le style explosif de Silvio Proto. "Je ne vais pas modifier ma manière de jouer. Je dois rester alerte. L’année où je me suis un peu relâché, j’ai moins bien joué." Malgré l’âge qui avance, la passion reste. "Tant que je ne suis pas trop vieux, je continue comme ça. J’espère prendre du plaisir le plus longtemps possible. Le football est un jeu. Et je m’amuse bien."

Les copains de D1 "El Ghanassy était mon ramasseur de balle à La Louvière"

Nouveau club, nouvelles têtes. Pas vraiment pour Silvio Proto car après des années en D1, il connaît tout le monde. "Je suis un dinosaure", résume-t-il avant de nous confier manger avec Berrier, Vandendriessche, les anciens Mauves et El Ghanassy. "Vous saviez que Yassine était ramasseur de balle à La Louvière quand j’y jouais ? Il me l’a dit une fois quand nous jouions contre Gand à l’époque et je me suis souvenu de lui. Il jonglait toujours au lieu de directement donner le ballon et nous a parfois fait perdre un temps dingue alors que nous courions après le score."

Les supporters "Tu as quitté Anderlecht, tu as gagné notre respect"

En passant dans les rangs d’Ostende, Silvio Proto suppose qu’il sera moins chambré par les fans adverses. "J’ai reçu des messages de supporters d’autres clubs me disant ‘tu as quitté Anderlecht, tu as gagné notre respect. Avant, tu étais bon mais on ne te respectait pas’", sourit-il. "Je ne m’attends pas à les voir scander mon nom non plus. Je n’ai jamais été l’ennemi de certains. Ils me chambraient, mais cela fait partie du truc. J’ai croisé beaucoup de fans de Bruges et je leur ai dit que le titre était mérité. Ils étaient surpris et me répondaient : ‘en fait, t’es pas si mauvais’." (rires)