Division 1A Jérémy Perbet craint que Charleroi soit un fameux adversaire pour les playoffs I.

"Nous avons une seule bête noire : Charleroi."

Hein Vanhazebrouck ne pouvait être plus clair, le match de ce vendredi sera chaud. Lors de leur dernière confrontation, c’est d’ailleurs Jérémy Perbet qui avait crucifié les Gantois sur leur pelouse.

"Ce ne sera pas le seul match à gagner… il y en a encore huit derrière", tempère toutefois Jérémy Perbet.

Mais en battant Charleroi, Gand aura son destin en main pour la suite. "Si nous gagnons nous pouvons lancer une série et aller chercher les PO1 ."

Après un mois de décembre catastrophique, les Buffalos ont fait le point et ont remis les choses à plat en stage. "Nous avons pu nous sortir la tête du football (NdlR : il s’est d’ailleurs marié le 31 décembre) avant de reprendre les bases car nous venons d’enchaîner cinq mois à un rythme de trois matches par semaine."

L’objectif pour la suite est clair : atteindre des playoffs dans lesquels ils sont attendus. "Tout le monde nous dit qu’on fera partie du top 6, que ce n’est qu’une formalité pour nous. Aux dernières nouvelles, nous sommes septièmes et il faudra accrocher ce top 6, prouver qu’on mérite notre place parmi les meilleurs."

Vous qui avez martyrisé La Gantoise avec Charleroi lors du dernier déplacement des Zèbres à Gand, pouvez-vous nous expliquer quel est le secret de Felice Mazzù face à Hein Vanhaezebrouck ?

"En fait, vu que nous évoluons dans un système avec un seul joueur de couloir et que Charleroi est très fort en reconversion et sur les flancs, il nous pose des problèmes dans ce secteur. L’an passé, mes deux buts sont venus de centres. Cela veut tout dire. Puis, à force de battre Gand, Charleroi a pris un ascendant mental. Qu’on le veuille ou non, cela joue dans les têtes…"

Vous parlez de la bonne utilisation des flancs carolos . C’est ce qui explique que vous aviez si facile à marquer l’an passé ?

"Les ailiers carolos ne commençaient pas à dribbler, ils savaient que j’étais dans le rectangle et me mettaient la balle où je la voulais. C’était plus simple pour moi et je leur rendais bien en marquant beaucoup de buts."

Mais La Gantoise est un grand club…

"Et les gars jouent plus pour eux. C’est normal. Cela signifie que l’ailier va tenter un crochet et que je vais me retrouver à l’arrêt ou au mauvais endroit. De là, les automatismes sont plus difficiles à créer."

Vous ne retrouvez pas cette facilité à Gand ?

"Non, mais c’est logique. Un joueur a le style de ceux que j’ai connus au Mambourg : Danijel Milicevic. Tu sens qu’il est passé par Charleroi car il fait moins de crochets superflus."

En fait, on jouait beaucoup plus pour vous l’an passé…

"Voilà. Mais je ne me plains pas de la situation à Gand car c’est le propre des grands clubs. Je dois m’y adapter."

Que pensez-vous du recrutement hivernal des Carolos ?

"La base défensive était déjà solide et l’équipe était costaude en contre. Là, avec Hamdi Harbaoui et Jordan Remacle, ils ont doublé toutes les places. Les deux sont arrivés tôt et correspondent parfaitement à ce dont l’équipe avait besoin. Charleroi a un groupe complet. Cela ne m’étonne pas de Mehdi Bayat que je respecte énormément pour la gestion de son club."

Avec Harbaoui, ils vous remplacent enfin…

"Nous ne sommes pas exactement les mêmes attaquants."

Mais vous avez le sens du but en commun !

"Oui mais je trouve Hamdi plus complet que moi. Il est plus fort dans les duels, plus costaud, meilleur de la tête. Sa technique s’est bien développée. Il a toute la panoplie de l’attaquant moderne. Il est parfaitement taillé pour faire le boulot à Charleroi. Je dirais même qu’il est ce qu’il manquait à Charleroi pour viser plus haut que juste les playoffs I."

Vous voulez dire l’ Europe ?

"Oui, par exemple. L’équipe se connaît et est vraiment solide."

Il y a quand même un domaine où vous surpassez Harbaoui…

"Je pense être meilleur dans la finition. Quoique, ce n’est pas très joyeux cette saison." (rires)

N’est-ce pas étrange d’avoir l’an passé pris part au développement de Charleroi et de se dire que cette année vous êtes l’un de ses concurrents pour les playoffs ?

"C’est comme ça. Mais je suis très content de voir Charleroi lutter dans le haut du tableau. Cela prouve qu’il existe une vraie continuité dans le club. Mais bon, la pression est là et on doit gagner pour réintégrer le top 6 et pousser Charleroi hors de celui-ci."


"Jouer sur le flanc n’est pas bizarre"

Jérémy Perbet n’a pas connu un début de saison linéaire. Il a dû se contenter de montées au jeu, de titularisations sporadiques, de positions qui ne sont pas les siennes.

"Honnêtement, ce n’est pas bizarre de jouer sur le flanc. Je m’y adapte. C’est juste qu’on me demande des choses différentes à Gand. Je dois mettre la pression, bouger plus qu’avant. Je peux le faire à certains moments, pas à d’autres. Ce n’est pas toujours évident."

Il est devenu un joueur au service du groupe. À Charleroi, c’était l’inverse. "J’en étais conscient et j’ai ma part de responsabilité dans le fait que je n’ai pas toujours été sur la pelouse. J’ai loupé des occasions, j’ai mal géré certaines situations. C’était aussi le cas à Charleroi mais j’étais assuré d’être sur le terrain la semaine suivante. Je dois arriver à être présent quand on fait appel à moi. On verra ce qui se passera par la suite mais j’espère rester ici le plus longtemps possible."