Standard

Le nom de Jean Wauters, qui s'est éteint vendredi à l'âge de 91 ans, restera associé au Standard de Liège qu'il dirigea de 1988 à 1998 ainsi qu'au Village n°1 Reine Fabiola qu'il créa au profit des personnes handicapées. Son image fut passablement et définitivement écornée après la mise au jour de détournements, estimés à 20 millions d'euros, au détriment du Village, qui lui valurent une simple déclaration de culpabilité eu égard à son âge et à l'ancienneté des faits. C'est après une carrière essentiellement passée dans la grande distribution et dans la presse (La Meuse) que Jean Wauters arrive en 1988 à la présidence du Standard, club qu'il contribue à relever après des années de déchéance consécutives à une affaire de corruption survenue six ans auparavant. Le club est alors moribond depuis l'affaire Waterschei (1982) et le scandale du titre acheté. Sous la présidence de Jean Wauters, le Standard remporte la Coupe en 1993 et devient vice-champion de Belgique en 1993 et 1995. Jean Wauters quitte le Standard en 1998, le club étant alors repris par Robert Louis-Dreyfus et Luciano D'Onofrio.

Le Liégeois, natif d'Herstal - résistant, il travaille à la FN pendant la guerre et est déporté à Buchenwald - continue ensuite d'apparaître comme l'homme des causes économiques, sociales et sportives. Ce parcours, il l'entame dès les années soixante. S'inquiétant de l'avenir de l'un de ses fils, il crée en 1963 un centre pour handicapés mentaux adultes, une première en Belgique. L'initiative finira par bénéficier du soutien de la Reine Fabiola.

Homme de pouvoir et de réseaux - politiques, économiques, le Palais -, Jean Wauters est régulièrement décrit comme un être charismatique, volubile, parfois tyrannique. Autour de ses projets, l'argent coule à flots.

Dans les années nonante, la justice finit par s'intéresser à sa comptabilité alors que d'aucuns s'interrogent sur l'origine des sommes d'argent investies, sans cesse plus abondantes. Au Village n°1, il met en place un système de tombolas qui intrigue. Au terme d'une très longue procédure judiciaire épinglée par la Cour européenne des droits de l'Homme, Jean Wauters est finalement reconnu coupable de détournements et blanchiment par la Cour d'appel de Liège, en 2011. Faisant l'objet, avec son épouse et un ancien directeur du Village, d'une simple déclaration de culpabilité, il ne sera jamais condamné.