Standard Ses joueurs, anciens ou actuels, sont visiblement sous le charme de sa méthode.

Cela ne fait que quatre mois que Sergio Conceição a posé ses valises à Nantes mais cela lui a suffi pour convaincre le groupe de le suivre aveuglément. "Il nous a bougés", dit le défenseur, Oswaldo Vizcarrondo.

Cette capacité à réveiller les joueurs se retrouve dans chaque interview, chaque explication de sa méthode. "Il a envie que nous passions un maximum de temps ensemble. Peut-être a-t-il perçu que nous manquions de cohésion", pointe Guillaume Gillet. "Sergio accorde beaucoup d’importance aux séances tactiques. Il regarde de nombreuses vidéos pour essayer de corriger nos petites erreurs. Les séances d’entraînement durent également plus longtemps et demandent une grande concentration."

Ce n’est pas Vincent Sasso, qui l’a connu à Braga, qui osera prétendre le contraire.

"Si quelqu’un n’est pas suffisamment concentré durant une séance, il arrête tout et on est obligés de courir. C’est un vrai meneur d’hommes et j’ai directement compris qu’il irait à la guerre pour que le club réalise de grands résultats."

Sur le terrain, déjà, le Portugais était capable de s’enflammer à tout moment. Un trait de caractère qui ne l’a pas quitté depuis qu’il a endossé le costume d’entraîneur. "Il vit énormément ses matchs. Pendant une partie, c’est un coach complètement fou", rigole Amine Harit, un médian de Nantes. "La remontée opérée au classement, personne ne pensait que nous serions capables de l’accomplir. Sauf l’entraîneur, qui nous a transmis cette ambition."

Tous les témoignages vont dans le même sens : "C’est l’un des meilleurs entraîneurs de ma carrière". Sergio Conceição demande un maximum d’investissement à son groupe. "Il accorde également beaucoup d’importance au poids des joueurs. Dès notre arrivée au centre d’entraînement, nous devions nous peser avant de prendre le petit-déjeuner", raconte Vincent Sasso.

Une méthode qui porte ses fruits. "Je me suis aussi laissé dire que ses entraînements étaient pertinents, avec beaucoup de contenu intéressant", termine Mickaël Landreau, légende nantaise.


"Rendre au club ce qu’il m’a donné"

Il y a dix-sept mois, Sergio Conceição nous recevait chez lui, au Portugal.

Cet été, Bruno Venanzi va nommer le 4e T1 de son mandat (en comptant l’intérim assuré par José Jeunechamps); il n’aura plus le droit à l’erreur.

S’il a assuré que les finances du Matricule 16 se portaient bien (il a récemment décidé d’injecter 10 millions d’euros dans le club), Bruno Venanzi va devoir prouver qu’il a les moyens de ses ambitions. Supporter avant d’être président, le Liégeois sait ce que ses fans attendent. "La mentalité Standard se perd depuis quelques saisons", a-t-il déclaré à Sport/Foot Magazine.

En parlant du problème de mentalité qui touche son vestiaire depuis plusieurs années, le président a notamment cité en exemple la grinta de Sergio Conceição. "Avec lui ou Dragutinovic dans le vestiaire, c’était différent. Leur aura s’est prolongée dans le vestiaire durant des années après leur départ. C’est ce genre de joueur que nous devons retrouver."

Il y a quinze mois, lorsque nous l’avions rencontré au Portugal, Sergio Conceição avait déjà évoqué les soucis du Standard. "Je ne reconnais plus mon club", avait-il lancé. "Il y a peu, le Standard était l’équipe phare du pays. Le club a un peu perdu de son âme. Ça me fait mal."

Lorsqu’on lui évoquait la possibilité d’un retour après l’éviction de Slavo Muslin, le Portugais rétorquait, non sans une pointe de déception : "Il n’y a pas eu de contact. Mais le Standard est et restera toujours important pour moi et il est gravé dans mon cœur. Est-ce que j’y reviendrai un jour ? Cela peut arriver. Ce que le Standard m’a donné, j’aurais envie de lui rendre. Si cela n’arrive pas, tant pis."


Les fans se mobilisent

Le hashtag #Conceição austandard a la cote sur Twitter.

Depuis l’annonce du licenciement d’Aleksandar Jankovic, la mobilisation des supporters rouches est assez impressionnante pour un retour de Sergio Conceição.

Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Conceiçãoaustandard fait des ravages. La cote de l’actuel entraîneur de Nantes est à son paroxysme du côté des fans liégeois. Ils l’ont d’ailleurs plébiscité lors d’un sondage sur Dh.be avec 47 % des voix, loin devant Frankie Vercauteren. "Si tu reviens, je saute dans la Meuse", peut-on lire sur Twitter ou encore : "Conceição coûte cher mais rater les PO1 deux fois et virer des coachs, ça coûte cher aussi."

En décembre 2015, Conceição adressait un message aux supporters tandis que le club traversait, déjà, une passe délicate : "Vous êtes l’âme du club. Vous devez toujours répondre présents avec votre ferveur et votre passion."