Standard Olivier Renard avait décidé de quitter le KaVé à l’issue du mercato hivernal.

Huit ans après l’avoir quitté en tant que joueur, Olivier Renard a retrouvé Sclessin ce lundi en tant que directeur sportif. L’ancien gardien de Malines et du Standard s’est livré sur les raisons de son retour à Sclessin.

Olivier, pouvez-vous expliquer comment vous avez été contacté par le Standard ?

"Les premiers contacts remontent à plusieurs semaines. Daniel Van Buyten m’avait sondé pour savoir si cela m’intéressait de revenir au Standard. Je n’ai pas pu lui donner de réponse."

Pourquoi ?

"Car je ne me voyais pas quitter Malines. Durant toute ma carrière, ce n’est pas l’ambition ou le rêve d’atterrir dans un grand club qui m’a animé mais bien la passion et le goût du travail de tous les jours. Faire progresser le club et lui apporter les joueurs dont il a besoin, c’était ce à quoi j’aspirais pour Malines et ce sera la même chose au Standard."

Qu’est-ce qui vous a finalement décidé ?

"Tout d’abord, je tiens à dire que, contrairement à ce que certains pensent et disent, le Standard n’a pas débauché Olivier Renard à Malines. C’est moi qui ai rappelé Daniel Van Buyten pour savoir si l’intérêt qu’il me portait était toujours d’actualité car je me considérais comme libre. Ce qui m’a décidé, ce sont des problèmes rencontrés durant le dernier mercato à Malines."

C’est-à-dire ?

"Si vous êtes boulanger, que vous faites votre propre pain et que, dans votre dos, votre vendeur va acheter des baguettes surgelées et qu’il les vend, à quoi bon faire encore votre pain vous-même ?"

Johan Timmermans n’a pourtant pas été tendre avec vous.

"Je le regrette. J’ai passé six superbes années à Malines comme joueur et j’ai connu de bons et mauvais moments en deux ans en tant que directeur sportif. Mais lundi dernier, j’ai exposé les raisons, et non les excuses, de mon départ aux dirigeants de Malines qui ont compris. On avait un accord afin de ne pas s’épancher dans la presse. Je regrette donc ces déclarations d’autant que même sans l’intérêt du Standard, j’aurais quitté Malines."

Le malaise était-il donc profond ?

"Il y avait déjà eu des problèmes au cours du mercato estival. J’attendais de voir si cela allait se répéter en hiver; cela a été le cas. Ma décision, je sais quand je l’ai prise, juste après une conversation téléphonique avec un dirigeant de Malines. Par respect pour le club qui vivait des moments difficiles avec l’affaire Van Damme (NdlR : contrôlé positif à la cocaïne) , les résultats sportifs n’étaient pas bons, j’ai décidé d’attendre la fin du mercato pour annoncer mon départ qui était acté dans ma tête. Même si le Standard n’avait plus voulu de moi, je ne serais plus à Malines à l’heure actuelle."

Le secret du Standard était bien gardé.

"Même mon frère n’était pas au courant. Seuls mes parents et ma femme le savaient. Mes amis et mes proches me connaissent et savent que je n’ai pas dit oui au premier appel du Standard. Si j’ai quitté Malines, c’est qu’il y avait de bonnes raisons. Quand je quitte un club, soit on me vire, soit on me vend, soit j’ai rencontré un problème et j’ai décidé de partir. J’ai toujours voulu prendre du plaisir. Si je me lève le matin et que je vais au club avec des pieds de plomb, alors je pars."

Si vous êtes là, c’est surtout suite à l’insistance de Daniel Van Buyten, non ?

"Daniel, c’est une référence. Travailler avec lui, c’est un énorme plus. Je le remercie lui et le Standard d’avoir pensé à moi.’

Votre approche du boulot sera-t-elle différente au Standard qu’à Malines ?

"Non. Je ferai tout pour essayer de faire progresser le club sportivement en lui apportant ce dont il a besoin. Je sais où je veux aller et comment je veux travailler."

"Pas de reproches à Axel"

Présent pour introduire Olivier Renard, le directeur général du club, Bob Claes, en a profité pour expliquer les raisons du changement de directeur sportif et les nouvelles attributions d’Axel Lawarée.

"Tout d’abord, nous n’avions aucun reproche à formuler à l’égard d’Axel Lawarée. Nous avons discuté, en interne, de l’organisation du club mais aussi de l’Académie. Le projet des stagiaires pros ayant été mis sur pied par Axel, nous pensions qu’il lui revenait le droit de le chapeauter car c’est un peu son bébé."

Axel Lawarée sera donc amené à gérer les joueurs en passe de faire la transition entre le bloc jeune et les pros. "La passerelle est importante, surtout au Standard qui a déjà sorti pas mal de jeunes joueurs du cru. Ce sera donc désormais à Axel d’accompagner au mieux ces jeunes."

Selon le directeur général , le directeur sportif sortant n’a pas été mis devant le fait accompli. "Pas du tout. On en a discuté et comme je l’ai déjà dit, il était attaché au projet des stagiaires pros. Je comprends que pour vous, cela ne soit pas totalement clair. Mais il n’y a aucun problème relationnel entre les différentes personnes. D’ailleurs, face à Charleroi, Axel était à sa place, en tribune d’honneur."

Bob Claes ne se risquait pas, ensuite, à comparer Lawarée et Renard. "Chacun a ses qualités et l’important est que nous profitions des savoirs de chacun pour faire progresser le club."

"Transférer de bons joueurs"

À peine arrivé, déjà au travail. Voilà comment on pourrait résumer les premières heures d’Olivier Renard en tant que directeur sportif du Standard. "C’est logique, il faut bien avancer", lance l’ancien gardien.

Ayant réalisé de l’excellent travail à Malines durant deux ans, Olivier Renard entend bien mettre son expertise sportive au service de son nouvel employeur, le plus rapidement possible.

"On n’a pas encore eu de réunion sportive, mais il est certain qu’il nous faut une ligne de conduite. La direction, le staff sportif et les joueurs doivent s’y tenir. Le football, c’est un sport collectif; seul, tu n’avances pas. Je compte donc énormément sur Daniel Van Buyten mais aussi sur Thierry Verjans au niveau des jeunes car l’Académie du Standard est primordiale à mes yeux. La transition doit être existante entre les jeunes et l’équipe pro. Avec moi, la porte sera toujours ouverte !"

Après ses deux ans et demi passés en Rouche entre 2005 et janvier 2008, Olivier Renard est revenu une bonne dizaine de fois à Sclessin, au cœur des supporters. Il sait donc parfaitement bien ce que ces derniers veulent voir sur le terrain.

"J’essaierai de transférer de bons joueurs. Dans le football, c’est le rendement qui prime. Le but sera donc de recruter des joueurs qui savent faire progresser le club. Concernant les supporters, je connais leurs attentes. Ils aiment des joueurs engagés, fougueux qui mouillent le maillot et qui ne se prennent pas pour des stars. Si tu arrives au Standard et que tu te la racontes, tu es mort. Les qualités techniques sont importantes, mais le caractère et le mental d’un joueur le sont encore plus."

À Malines, avec un budget limité, Olivier Renard est parvenu à dénicher d’excellents joueurs comme Obradovic, Kosanovic ou encore Hanni. Un sens du recrutement qui sera bénéfique au Standard.

"Je n’ai pas de problème à ce qu’on me dise que l’enveloppe budgétaire n’est pas importante. Dénicher des joueurs libres, se rendre compte qu’ils peuvent apporter un plus au club et, dans le futur, faire une plus-value sur le transfert, c’est intéressant. Le Standard l’a fait avec Vainqueur et Trebel. Si on peut le refaire, on ne s’en privera pas. D’ailleurs, je voulais Trebel à Malines pour former un trio Trebel-Hanni-Cissé. J’étais le premier à lui proposer un contrat avant l’arrivée du Standard."

L’organigramme enfin complet

Après le départ de Christophe Dessy, le Standard devait encore compléter son organigramme, notamment au niveau de l’Académie des jeunes. C’est désormais chose faite.

"Avec l’arrivée d’Olivier Renard, l’organigramme est complet", lance Bob Claes. "Pour ce qui est des jeunes, Ingrid Vanherle reprend le poste de Christophe Dessy. Elle était déjà directrice administrative du centre de formation. Elle travaillera en collaboration avec Thierry Verjans qui sera responsable sportif jusqu’au U19 tandis qu’Axel Lawarée prendra en charge les stagiaires pros."