Division 1A

Une D2 chamboulée, la fin des playoffs 3 et une finale pour monter en D1 : la Pro League veut accélérer sa réforme. Éclairage...

La réforme a passé la seconde vitesse ! Alors qu’on s’attendait à voir la D1 et la D2 reliftées dès la saison 2016-2017, tout s’est accéléré. Le projet initié par le club de… Roulers pourrait, effectivement, très vite être mis en application.

1. En quoi consiste ce nouveau projet de réforme ?

La D1 resterait à peu près la même (voir infographie) : elle comprendrait 16 équipes. Les playoffs 1 seraient inchangés et regrouperaient le Top 6. Les playoffs 2, eux, accueilleraient les équipes classées de la 7e à la 15e place ainsi que les trois meilleures équipes de l’ensemble de la saison en D2. Les playoffs 3 seraient supprimés : seul le dernier de D1 descend.

Mais c’est en D2 que se situeraient les plus grands changements. Les huit clubs joueraient quatre fois l’un contre l’autre. Le championnat serait divisé en deux tranches. Chaque vainqueur de tranche s’affronte dans une finale (en un ou deux matches) pour monter, à l’image de ce qui se fait dans les divisions inférieures anglaises.

2. Pourquoi seulement huit clubs en D2 ?

Le règlement fédéral prévoit, pour la saison 2015-2016, une nouveauté qui va faire des dégâts : les conditions pour obtenir les licences sont beaucoup plus strictes. Voilà pourquoi tant de clubs ont aujourd’hui des problèmes pour l’obtenir. Résultat des courses : on risque fort de se retrouver avec huit clubs la saison prochaine.

Pour anticiper, la Pro League veut donc s’adapter à ce nouveau contexte et mettre en place sa réforme dès 2015-2016.

Les pensionnaires survivants de la D2 recevraient alors 500.000 euros par an de droits télé, destinés non pas à acheter des joueurs mais à perdurer dans le professionnalisme.

Le but est d’arriver à 24 clubs professionnels viables et sains en Belgique, comme l’ont préconisé plusieurs audits. Pour accéder à la D2, un club de D3 devrait impérativement remplir des conditions très strictes, avec notamment un budget de 2,5 millions d’euros.

3. Ce projet fait-il déjà l’unanimité ?

Pour que cette réforme soit actée, elle doit recueillir 13 votes sur 16 parmi les clubs de Pro League et 10 votes sur 18 parmi les clubs de D2. Les grands de D1 sont pour. Les petits aussi : ce projet les arrange beaucoup mieux qu’une D1 réduite. Même Herman Wijnants, l’homme fort de Westerlo, qui avait lancé l’idée de deux séries de 12, n’est pas contre ce nouveau plan.

Ce projet étant lui-même l’idée de Roulers, il sera plus facilement soutenu par les autres clubs de D2.

4. Quand le vote doit-il avoir lieu ?

La Pro League se réunit ce vendredi et la réforme sera le principal sujet de discussion. Le lendemain, ce sera au tour des clubs de division 2 d’en débattre. Y aura-t-il déjà un vote d’un côté comme de l’autre ? C’est possible, car il ne faut plus traîner si la réforme doit être mise en place dès 2015-2016. Et la saison prochaine, c’est déjà demain.

© DH


Un club de D2 peut être européen !

Le projet de réforme comprend une vraie bizarrerie : un club de D2 pourrait se qualifier pour l’Europa League via le championnat !

Imaginons qu’un club comme Eupen, bien classé en D2, participe alors aux playoffs 2. S’il les remporte et qu’il gagne ensuite son match de barrage face au quatrième ou au cinquième de D1, il se retrouve européen !

Mais rappelons tout de même qu’à l’heure actuelle, le 14e du championnat (aujourd’hui) le Cercle a également la possibilité d’atteindre l’Europe…


Si c’était d’application cette saison, le RMP serait sauvé

Si la nouvelle formule était d’application cette saison, de quoi auraient l’air les playoffs de ce printemps ?

En D1, la situation changerait peu, sur base du classement actuel.

Seraient qualifiés en playoffs 1 : le Club Bruges, Anderlecht, Gand, Standard, Courtrai et Charleroi.

En finale pour la montée en D1, la projection est compliquée, car la formule serait complètement différente. Mais on pourrait avoir une finale entre Saint-Trond (la meilleure équipe du premier tour) et Lommel (la meilleure équipe du second tour). Le vainqueur serait promu.

En playoffs 2, nous aurions douze équipes, dont Genk, Lokeren, Malines, Westerlo, Ostende, Zulte Waregem, Waasland-Beveren, le Cercle et Mouscron-Péruwelz. Le RMP serait donc sauvé. Viendraient s’ajouter à ces équipes Eupen, Virton et Lommel ou Saint-Trond.

Dernier de D1, le Lierse descendrait directement en D2.


Duchâtelet, président du Standard de Liège: "Mieux que la situation actuelle"

Début janvier, Roland Duchâtelet avait avancé sa propre idée de réforme du championnat. Quel est son avis sur celle de Roulers ? Le président du Standard ne se positionne pas officiellement, mais la tendance est plutôt favorable. "C’est, en tout cas, mieux que la situation actuelle", s’est-il contenté de dire, rappelant au passage que "aujourd’hui, les playoffs 2, playoffs 3 et la D2 sont toutes des compétitions catastrophiques." Ce qui est clair, c’est que RD veut du changement…


Pierre-Yves Hendrickx, Directeur administratif du Sportinf de Charleroi: "Pour le maintien d’une D1 à 16 clubs"

"J’ai toujours été un grand défenseur du système de licence car même s’il faut se battre pour l’obtenir, elle apporte des garanties. Après, c’est certain que s’il n’y a pas assez de clubs capables de respecter les engagements demandés, c’est probablement parce que le marché belge ne permet pas d’avoir autant de clubs professionnels. Alors oui, une réforme est nécessaire. Charleroi est favorable au maintien d’une première division à 16 clubs, avec des droits télé inchangés… Même si des retouches doivent être apportées aux playoffs 2 et 3, la formule actuelle nous semble appropriée."


David Steegen, porte-parole du RSC Anderlecht: "Il faut changer quelque chose"

"Anderlecht conserve la même position depuis des années : nous voulons une première division avec un nombre limité de clubs compétitifs (seize ou idéalement quatorze) et une deuxième division forte. On ne se prononce pas sur le nombre de clubs que doit compter cette D2, mais il nous semble clair qu’il faut changer quelque chose à la formule actuelle vu les difficultés rencontrées chaque année par plusieurs formations de cette série. À partir de là, Anderlecht est prêt à discuter d’une réforme ou d’une refonte de la compétition professionnelle en Belgique."


Une série provisoire entre la D2 et la D3 ?

Vu les nombreux clubs qui seront éjectés de D2 à cause de la licence et devront redémarrer en D3, il y aura bien évidemment un sérieux problème à régler, puisqu’il y aura beaucoup trop de clubs en D3.

L’une des solutions, c’est de créer la saison prochaine une série transitoire, à cheval entre la D2 et la D3. Une sorte de D2 bis, le temps de fixer avec plus de précision le déroulement des championnats amateurs. On pourrait avoir ensuite l’équivalent d’une D3 wallonne et la même chose en Flandre, mais il y a beaucoup plus d’avis partagés sur ce sujet-là.


L’Argentine refait simple

2015 restera d’ores et déjà une année à part pour le football argentin. La 87e saison qui s’est ouverte le 13 février marque un retour à la normalité : l’élite argentine compte désormais 30 clubs qui s’affronteront en match aller-retour pour déterminer le champion. Dix formations de D2 ont été promues en Primera Division. En décembre, deux équipes seront reléguées et deux autres accéderont à un championnat qui, à partir de 2016, va doucement se réduire. À terme, 22 équipes seront en D1. Cette révolution, qui traduit la volonté de mettre fin à l’instabilité latente dans le football argentin mais aussi de se caler sur un rythme à l’européenne, a mis aussi un terme aux fameux tournois d’ouverture et de clôture dont les vainqueurs se disputaient jusqu’à alors le titre de champion. Oublié, également, le système rocambolesque de relégation. Jusqu’à l’année passée, la relégation se calculait sur un classement spécifique qui se basait sur la moyenne de points récoltée sur les trois dernières années. Vous avez dit compliqué ?